Levée des mesures de suspension des manifestations dans le Borgou/Alibori:Salamatou Kora Kponou...

Levée des mesures de suspension des manifestations dans le Borgou/Alibori:Salamatou Kora Kponou cède à la pression

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Le préfet des départements du Borgou et de l’Alibori vient de retirer sa décision interdisant des meetings dans sa juridiction. Il ne pouvait en être autrement à quelques jours de l’ouverture de la campagne électorale comptant pour la présidentielle du 06 mars 2016.

Prétextant de risques que contiendraient ce qu’elle qualifie de campagnes électorales précoces, Salamatou Kora Kponou, préfète des départements du Borgou/Alibori avait pris un arrêté préfectoral pour interdire l’organisation des meetings sur son territoire de compétence. Elle vient de lever ces mesures en autorisant le déroulement des mêmes activités. L’autorité n’avait pas autre choix que d’en arriver là. A la veille de l’ouverture de la campagne électorale, une telle décision s’imposait à son auteur sinon les mesures prises tomberaient d’elles-mêmes. On parlera d’un camouflet pour la préfète. Si elle maintenait sa décision jusqu’au lancement de la campagne, elle risquait d’être prise à contre-pied par les candidats qui, en vertu des dispositions légales, se réserveront le droit de battre campagne partout sur l’étendu du territoire national. Aux ordres du régime d’imposture, Salamatou Kora Kponou est revenue sur sa décision parce qu’elle sait qu’elle n’aura plus force d’autorité à compter de vendredi prochain. Dans l’arrêté abrogeant le premier, la préfète a indiqué qu’elle a levé les mesures suite à des concertations avec les sages, notables et têtes couronnées de certaines communes sur les campagnes électorales précoces à risques et après avoir reçu leur engagement à sensibiliser les populations à œuvrer pour la paix afin de prévenir des risques de troubles à l’ordre public. C’est une vieille méthode du régime dont elle se réclame, et au profit duquel elle agit. En réalité, les arguments qu’elle a exposés pour interdire les manifestations sont dénués de tout fondement, car aucun indice sur le terrain n’a révélé de tels risques. En réalité, c’est le régime qui est à la manœuvre en se fondant sur ce qui n’existe pas et n’est que de l’imagination. C’est l’une des nombreuses méthodes employées par le Pouvoir en place depuis 10 ans pour détourner l’attention du peuple de l’objectif visé, qui est de confisquer les libertés démocratiques et fondamentales prescrites par la Constitution du 11 décembre 1990. C’est au regard de tout ceci que la thèse d’un nouveau complot contre la démocratie a été accréditée par les observateurs, les acteurs politiques et de la société civile, qui ont manifesté leur indignation face à la décision liberticide de la préfète. Et il y a lieu de souligner qu’il s’agit d’un camouflage des incohérences au sommet, quand Salamatou Kora Kponou cherche à justifier la levée des mesures de suspension par une prétendue concertation avec les sages et notables. Certes, la préfète, comme d’autres actuellement sous pression, prend les instructions au sommet et se situe dans le sillage des barons du régime qui trompent le peuple et le désinforme. Mais aujourd’hui, le peuple n’est pas dupe.

Abdourhamane Touré

Actu Bénin

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