Lettre ouverte aux Candidats à propos des faux frais qui tuent le...

Lettre ouverte aux Candidats à propos des faux frais qui tuent le transport aérien

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Cotonou, le 16 février 2016

ADJAHO Josué
Tél : 0022904034565
07BP78 Cotonou

Lettre ouverte aux Candidats à propos des faux frais qui tuent le transport aérien

Chers Candidats à la Présidentielle,

Depuis le vendredi 19 février qui reste par ailleurs une date mémorable dans l’histoire politique de notre patrie commune le Bénin-jour du démarrage de la Conférence des forces vives de la nation- la campagne pour le scrutin présidentiel de mars 2016 a été officiellement lancée. Somme toute, deux semaines d’explication pour les postulants au douillet fauteuil de la Marina. Ne nous trompons pas, il n’est point à espérer que la question du transport aérien s’inviterait dans ce débat. Loin de là ! La preuve, depuis plusieurs semaines, sous le couvert d’une précampagne qui donné déjà toutes les couleurs de la campagne, aucun des postulants n’a osé s’aventurer sur ce terrain. Si le Bénin n’est pas encore concerné par le débat sur l’aéronautique au vrai sens du mot, il ne peut néanmoins pas échapper aux faux frais, notamment dans l’espace UEMOA (Union économique et monétaire ouest africaine) qui inhibent le boom du transport aérien.

A défaut de rentrer en contact avec tous les prétendants à la succession de Boni Yayi, je voudrais, en toute humilité, passer par ce canal pour d’abord, attirer l’attention du prochain président de la République sur la question, mais aussi, convier tous les candidats à débattre sur cette épineuse question. Je pense que le développement ne sera pas dans notre pays, et plus généralement sous les Tropiques tant que les dirigeants ne travailleront pas main dans la main pour nous faciliter l’accès d’un pays à un autre, d’un continent à un autre. L’état des lieux est bien désolant.

Tenez, sur le continent africain, et plus particulièrement dans l’espace Uemoa, les dirigeants et surtout les responsables de l’Asecna pensent qu’ils peuvent régler tous les problèmes qui se posent à eux via le transport aérien. Du coup, ils ont créé des taxes à gogo qui finalement, compliquent l’existence aux voyageurs. Aussi, comme si l’Afrique doit occuper le dernier rang partout, elle accueille moins de 3% du trafic aérien mondial.

Selon la saison, il coûtera moins cher d’effectuer un aller-retour Paris – Cotonou – Paris que de se rendre de Cotonou à Lomé en avion. Écœurant ! Et pourtant c’est la réalité. Il faut aller sous les tropiques pour observer ces genres de choses. Finalement, ne voudrait-il pas mieux de louer un véhicule pour se rendre à destination de Lomé lorsqu’on quitte Cotonou ? Dans ces conditions, c’est le transport aérien qui en souffre. L’espoir que l’aéroport de Tourou à Parakou à 400 km de Cotonou fonctionne s’effrite. Car, le coup du voyage aérien sera incompréhension des voyageurs. Un peu comme les voyages domestiques à l’intérieur du Burkina Faso.

Au nombre des maux qui minent le transport aérien en Afrique de l’Ouest, on peut citer les taxes et autres faux frais qui gonflent les prix des billets d’avion, rendant ce mode de transport difficilement accessible au voyageur moyen. Qu’on se le dise ; sur le continent Africain, le transport aérien est 20 à 30% plus cher qu’ailleurs dans le monde, ce qui est incompréhensible quand on connait le pouvoir d’achat des populations.

Que ce soit pour les vols nationaux ou continentaux ; les taxes dues à divers organismes vont de 30 à 60% en fonction des pays et/ou des destinations. Sur le prix d’un billet reliant Bobo-Dioulasso à Ouagadougou par exemple, le passager devra s’acquitter de plus de 40% de taxes qui ne reviennent pas à la compagnie opérant le vol.

Chers Candidats à la Présidentielle,

Savez-vous qu’en réalité, dans notre espace économique, la taxation demeure un domaine obscur où la transparence est aléatoire. Chaque pays, chaque compagnie est libre de fixer ses propres règles, aucune règlementation internationale n’existe. Les dirigeants de l’Agence pour la sécurité et la navigation aérienne (Asecna) créent aussi des taxes à tout vent.
Allez-vous continuer avec cela une fois au pouvoir en avril 2016 ?

Il faut préciser que chaque jour, 80 000 vols commerciaux décollent de l’un des 14 000 aéroports que compte la planète. A l’heure où les déplacements sont devenus routiniers, où on peut faire le tour du monde en quelques heures et où certains aéroports comme celui d’Atlanta accueillent plus de 90 millions de passagers par an, l’Afrique de subsaharienne a encore du mal à tenir sa place dans l’univers de l’aérien. Pendant que l’Amérique du nord accueille près de 30% des vols, la région Afrique ne peut même pas se vanter d’en faire le 10e (3%).

Je me permets de vous la longue liste des taxes et autres frais dans l’UEMOA : les taxes d’aéroport continuent à être appliquées malgré les demandes répétées des compagnies aériennes de les abolir. Dans chaque aéroport, il faut payer la douane, la gendarmerie, la police, autant de fonctionnaires qui reçoivent par ailleurs un salaire ; l’ASECNA en charge de la sécurité de la navigation aérienne en Afrique en Afrique touche elle aussi sa part au passage (taxes d’atterrissage et de décollage, taxes de balisage, taxes de survol entre autres…) ; la taxe de sûreté sécurité et environnement perçue par l’Etat
Par ailleurs, connaissez-vous la taxe relative à la protection contre les incendies reversée aux gestionnaires d’aéroport ; celle baptisée la surcharge carburant que les compagnies prélèvent pour compenser l’augmentation des prix du carburant et toutes autres taxes floues artistiquement camouflées sous le code XT…

Enfin, je voudrais croire que mon cri de cœur sera entendu, car le développement ne sera pas sans le transport aérien. C’est ce que je crois !

Josué ADJAHO

Matin Libre

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