Les têtes couronnées égrènent leurs doléances

Les têtes couronnées égrènent leurs doléances

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Ils veulent que le projet de réforme politique et institutionnelle intègre leurs préoccupations. Les intellectuels traditionnels, sous la houlette de l’Institut international de recherche et de formation (Inref), comptent peser dans le débat en cours sur la révision de la Constitution. Ils l’ont fait savoir hier au cours d’une sortie au Centre de promotion et de l’artisanat.

7 points focalisent leurs attentions. En effet, ces gardiens de la tradition veulent que le projet en cours intègre la charte des représentants intellectuels traditionnels. Ce point essentiel pour lequel ils tiennent n’est pas le principal. Les têtes couronnées veulent également que le système judiciaire actuel prenne en compte le droit traditionnel. De même, ils espèrent voir la prise en compte de la médecine traditionnelle dans le système sanitaire béninois et l’intégration des langues nationales dans la constitution. La nécessité d’associer les intellectuels traditionnels aux questions de sécurité et d’administration sont également des attentes fortes de ces garants de la tradition. De telles attentes, selon eux, devront être intégrées dans la Constitution. Pour le Président de l’Inref, Christophe Capo Hounkpati, la tradition est un important vivier qui ne devra pas être ignoré. Son apport à l’œuvre de construction nationale est, à l’en croire, impérieux pour un développement soutenu. La culture et la tradition constituent, selon l’avis général, l’essentiel de l’identité d’un Etat.

Hospice Alladayè

Propositions de l’Inref

Nous portons à l’attention de la Commission technique chargée des réformes politiques et institutionnelles que soient insérées dans la Constitution :
1°- La création au sein du Parlement de la Chambre des nationalités composée de Représentants des autorités traditionnelles et qui aura pour mission de contrôler la conformité des lois votées par les députés de l’Assemblée nationale avec les coutumes positives de notre pays.
2°- La création d’une juridiction de droit traditionnel depuis le village jusqu’au sommet ;
3°- La reconnaissance par l’Etat des Rois, Chefs de terre, chefs de couvents, devins comme administrateurs et juges locaux et dûment rémunérés par les soins et fonds de l’Etat ;
4°- La reconnaissance par l’Etat des groupes de chasseurs de diverses contrées du pays ainsi que les brigades de jeunes (Donkpè dans certaines contrées) comme structures légales contribuant à la sécurité publique et leur rémunération subséquente ; dans le corps de la sécurité publique et de défense du territoire ;
5°- La reconnaissance par l’Etat des cabinets et cliniques des tradithérapeutes et guérisseurs comme établissements de soins de santé légaux et partie intégrante de la médecine officielle au Bénin ainsi que le paiement par l’Etat des activités de guérisons des guérisseurs traditionnels ; .
6°- La Reconnaissance de toutes les langues nationales comme langues officielles avec pour conséquences :
- Leur usage obligatoire à tous les niveaux de l’Administration de notre pays dans leurs terroirs respectifs ;
- L’instruction des enfants dans leurs langues maternelles, l’alphabétisation des adultes sur leurs territoires respectifs ;
- Le déploiement immédiat de précepteurs pour alphabétiser les Rois, Reines, Dignitaires, Intellectuels traditionnels dans leurs langues maternelles sur leurs territoires respectifs.
7°- La protection et la promotion du patrimoine national (économique, culturel, historique).

Nous nous engageons à intensifier nos prières pour que les mânes de nos Ancêtres et les divinités bienfaisantes diverses assistent le Chef de l’Etat et vous-mêmes et vous éclairent sur la voie la meilleure pour une bonne écoute de toutes les couches sociales du pays dans un cadre le plus approprié possible de débat national.

Actu Bénin

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