Les populations en insécurité, les forces de sécurité exténuées

Les populations en insécurité, les forces de sécurité exténuées

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Tout le monde le sait. Le Bénin est sous les ordres des malfrats et autres malfaiteurs qui frappent sans retenue. Les forces de sécurité n’arrivent pas à les maîtriser.

La tragédie est là. On la connaît. Les malfrats ont occupé le terrain et on a le sentiment que les forces de sécurité et le gouvernement ont abandonné les populations à leur propre sort. A Cotonou, Abomey-Calavi, Zogbodomey, Parakou, Tanguiéta et ailleurs, ces filous ont dicté leur loi en laissant sur le carreau du sang et des corps sans vie. Sur leur chemin, ils ne trouvent aucune résistance, même pas de simples barrages de contrôle de routine de la police ni de la gendarmerie, le gouvernement de la Rupture les ayant supprimés en voulant régler un problème de racket sur les voies. La mise en vigueur de cette mesure coïncide avec la période de recrudescence des braquages, où chassées des artères routiers, les forces de sécurité doivent davantage affronter des gangs. A en croire certaines sources, ces fonctionnaires chargés d’assurer la sécurité sont démunis. Ni moral, ni moyens. Et surtout, il leur a été retiré plusieurs décrets leur accordant des avantages. Pour cette raison, les flics sont démotivés. Ils sont mécontents des traitements dont ils font l’objet. Ils n’hésitent pas à dire que les gouvernements qui se succèdent en font trop peu pour eux et qu’ils vivent très mal comparativement aux autres corps de la Nation. La réalité est bien cela. Les primes mensuelles de risque sont dérisoires. 7000 Fcfa pour les gardiens de paix, 9000f aux brigadiers, 12000f aux inspecteurs et officiers, 20000f aux commissaires. Ce tableau comparé à celui des autres fonctionnaires ne fait pas sourire. Dans l’exercice de sa mission, un policier atteint d’une balle n’a pas de chance de survivre et peut succomber sur le champ, tandis qu’un médecin contaminé par son patient peut vivre encore longtemps s’il est bien encadré. Il s’agit ici d’évaluer le degré de risque de chaque corps et au regard des conclusions qui en découleront, il faudra en tenir compte pour fixer ces primes. Ce n’est pas un problème de diplôme, mais du risque. Et puis, combien sont-elles ces familles de policiers tombés sur le champ de combat, qui sont prises en charge par l’Etat ? Très peu ou peut-être pas. Le dossier de l’agent tombe souvent dans un trou noir, laissant femme et enfants dans le désarroi et l’abîme. Et surtout, les policiers en ont assez de l’injustice, des coups bas et des abus de pouvoir qui règnent dans la corporation qui se doit de balayer devant sa porte d’abord.

Une image affectée à corriger

Les policiers ont-ils perdu leur moral d’acier au point d’être tétanisés par la peur d’affronter les malfrats ? Préfèrent-ils réellement prendre leurs jambes au cou, selon des témoins, face aux impitoyables braqueurs dans de récents braquages à Cotonou ? Les exactions commises ces temps-ci sur les paisibles populations par des hommes drogués et armés jusqu’aux dents sans qu’ils ne soient identifiés puis arrêtés, affectent l’image de la Police, considérée depuis peu comme une force démissionnaire, incapable de garantir la sécurité aux populations. Chaque jour avec son cortège de victimes de ces exactions qui ne s’arrêtent plus. Et chaque fois, on se demande où sont passées les forces de sécurité publique. Etrangement, ceux qui s’interrogent de cette façon ne s’intéressent pas à leurs conditions de vie et de travail. Le candidat Patrice Talon avait promis plus de moyens aux forces de sécurité publique. Elu président, il a compris que l’étendue des problèmes dépasse ce qu’il croyait. Il a aussitôt suspendu les décrets dont celui d’application des statuts des personnels des forces de sécurité et assimilés. Le gouvernement de la Rupture préfère une solution responsable et adéquate. Il vient de mettre en place une commission pour revisiter tous les textes régissant les forces de sécurité publique. On souhaite qu’à la suite de ce travail, des résultats tangibles soient au rendez-vous. Pour qu’on ne continue pas à vivre la même tragédie, il faut vraiment changer de politique, de priorités et de mécanismes de fixation des avantages. Les policiers peuvent mieux et plus si l’Etat leur donne plus de moyens. Sous la Rupture, une nouvelle ère s’annonce avec la nomination d’un nouveau Directeur général, Idrissou Moukaïla, dont l’expérience onusienne sera un atout pour trouver les remèdes aux maux dont souffre l’institution policière. Il a pris service hier sous de bons auspices, la pluie ayant béni son entrée en fonction.

Fidèle Nanga

Actu Bénin

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