Les Fameux Faiseurs de Roi

Les Fameux Faiseurs de Roi

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Plus d’une semaine déjà que la Commission Electorale Nationale Autonome (CENA) a officiellement lancé la campagne électorale pour le premier tour de l’élection présidentielle du 06 mars 2016 au Bénin. L’objectif principal de ladite campagne est l’opportunité donnée aux trente-trois (33) candidats en compétition de célébrer une fois encore la démocratie Béninoise à travers : affiche, meeting géant, de proximité, caravane, etc pour convaincre et faire adhérer les Béninoises et les Béninois à la pertinence et la justesse de leur vision de développement du Bénin déclinée en projet de société.

Il s’agit, ni plus ni moins, d’échanger, de communiquer pour établir les termes du Contrat social, cher à Jean Jacques ROUSSEAU, appelé à régir la légitimité et les rapports sociaux entre le prochain Président de la République et le Peuple Béninois.

Pendant les deux (02) semaines de campagne, les Béninoises et les Béninois sont légalement invités à prendre connaissance, analyser et opérer un choix dans trente-trois (33) projets de société.

Des acteurs de la société civile en général et le clergé en particulier, pour faciliter la tâche du peuple, ont suggéré des critères infaillibles pour déterminer l’heureux élu. Au-delà de ces critères, un débat entre les trente-trois (33) candidats, c’est-à-dire une confrontation des programmes et actions des trente-trois (33) projets de société serait plus indiqué pour éclairer la religion des uns et des autres.

Eclair de génie, que l’idée de confronter les trente- trois (33) programmes et actions des projets de société mais à l’évidence, on se demande comment organiser un tel débat ? La lumière peut-elle jaillir d’une telle caverne d’Ali BABA ? L’électeur pourra-t-il en définitive se retrouver dans ce méli-mélo monstrueux et inextricable ? Trop de projet de société risque certainement d’installer une confusion totale.

En résumé, trente-trois (33) candidats pour le Bénin, pays de 112622 km2 ayant une population estimée à dix (10) millions pour un corps électoral d’environ 4786923, c’est un comble !

Aucun pays qui se veut sérieux au monde n’a assurément battu ce record. Plusieurs raisons justifieraient ce fameux « exploit » de prétendants à la Magistrature Suprême de notre pays. Je voudrais pour ma part humblement en mettre en exergue trois (03).

En premier lieu l’incapacité notoire des béninois à se mettre ensemble, à constituer un groupe dans tous les domaines : social, économique et surtout politique.

L’illustration de cette incapacité à fondre nos individualités dans un groupe et se mettre au service de ce groupe expliquerait d’une part le nombre non négligeable de candidats en rupture avec leur groupe politique parce qu’ils estiment que le choix du groupe devrait porter sur leur personne. Cette incapacité se manifeste d’autre part avec « les candidats pèlerins » aux élections présidentielles qui visent à battre le record en la matière. Heureusement, la limite d’âge de l’article 44 de la Constitution béninoise du 11décembre 1990 finira par les décourager dans cette aventure qui consiste à accumuler indéfiniment des contre-performances.

Ensuite, l’autre de raison de cette pléthore de candidats, inacceptable est l’échec des partis politiques.

L’unique solution pour pallier cette pléthore malsaine est la mise en place de deux (02) blocs de partis politiques à travers un financement public de ces derniers. Le nouveau financement public des partis politiques permettra donc de réduire considérablement le nombre actuel de 200 seulement à deux (02) comme au Nigéria voisin. L’objectif aussi est de garantie l’autonomie financière de ces partis en vue d’assurer leur fonction essentielle, l’animation de la vie politique. En plus du financement des partis politiques les candidats à l’élection présidentielle devront payer une forte caution et ce faire parrainer par un certain nombre de députés pour éviter définitivement les candidats plaisantins.

Enfin, cette pléthore de candidats est justifiée, semble-t-il par l’option stratégique de certains candidats de se désister dès la proclamation des résultats du premier tour de l’élection présidentielle au profit du candidat arrivé en tête du scrutin, en vue de négocier un poste ministériel : ce sont les fameux faiseurs du Roi.

Si cette hypothèse se vérifie, le vainqueur de l’élection présidentielle de mars 2016 n’aura aucun souci pour former son gouvernement. Il n’aura qu’à positionner les trente- un (31) autres candidats non qualifiés pour le deuxième tour comme membres de son gouvernement.

Tout observateur averti, sait que près de vingt- huit (28) candidats sur les trente- trois (33) auront au soir du scrutin du 06 mars 2016 chacun moins d’un pour cent. Avec un taux de moins d’un pour cent, il est clair que le Peuple n’a pas adhéré aux projets de société de ces candidats.

Que ces candidats se repositionnent, après leur retentissant échec dans le monde politique en qualité de Ministre constitue, à ne point douter, de la félonie, d’une haute trahison du Peuple souverain.

Ces candidats rendraient service à la communauté en consacrant la somme d’argent de la caution à la construction de module de salles de classe.

Le refus systématique de tel accord politique découragerait les candidats à un pour cent et encouragerait, à contrario, des regroupements politiques.

Pour conclure, il faut espérer enfin l’organisation d’un débat contradictoire entre les deux (02) premiers candidats du premier tour. Il est honteux que plus de vingt- cinq (25) après la Conférence des forces vives de la Nation que ce débat n’ai jamais été une réalité et surtout que d’autres pays africains aient devancé le Bénin.

Franck Arnaud KEKE

aCotonou

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