Le réveil à la Renaissance du Bénin

Le réveil à la Renaissance du Bénin

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On craignait qu’un certain désordre s’installe à la Rb après le choix controversé opéré par son président Léhady Soglo lors de la présidentielle de mars 2016. Les évènements qui se succèdent semblent donner raison à ceux qui avaient prévu des tempêtes sur la maison « houézèhouè ». Les signes annonciateurs étaient venus d’Abomey.

Au lendemain des grandes tendances du 2nd tour publiées par la Céna, le maire de cette ville, vice-président de la Rb qui, défiant tout scrupule et toute éthique politique, s’est empressé de faire une déclaration de soutien à Patrice Talon. Alors que la ville qu’il dirige a massivement voté pour le candidat de la Rupture et sanctionné son joker Lionel Zinsou, il a cru devoir utiliser la victoire de ses administrés en embouchant sa trompette devant caméras et micros pour crier haut et fort que Abomey soutient Patrice Talon. En réalité, Blaise Ahanhanzo Glèlè veut surfer sur un soutien gagné à travers les urnes pour sauter les deux pieds joints dans la Rupture. Et en bon opportuniste, il s’est présenté comme maire d’Abomey, crachant sur son appartenance politique, la Renaissance du Bénin. L’image de cet homme qui est apparu à la Céna derrière le candidat Lionel Zinsou lors du dépôt des dossiers de candidature dans la nuit du mardi 12 janvier 2016, n’est pas encore effacée des têtes. Il représentait son parti. Au nom du bon sens, et pour la loyauté, il devrait enfiler le même costume pour déclarer publiquement son soutien à Patrice Talon. Tel n’est pas le cas. Habilement et sous le couvert de son manteau de maire, il a marché sur les principes de discipline d’une formation politique qui recommandent qu’une déclaration de soutien venu d’un responsable de son rang soit portée par son parti. Il semble avoir inspiré son collègue de Bohicon. Il n’y a pas de différence entre ce que vient de faire Luc Atrokpo et l’acte qu’avait posé Blaise Ahanhanzo Glèlè. A une exception près, le jeune et dynamique maire de Bohicon n’a pas ajouté que sa ville soutient Patrice Talon. L’autre détail très important réside dans la teneur de la déclaration de Luc Atrokpo. On y retrouve les raisons de son soutien à Lionel Zinsou. Il explique que c’est par loyauté et fidélité à son parti qui en a fait son choix. « Loyauté et fidélité », deux mots forts qui continuent de gouverner l’appartenance de Luc Atrokpo à la Rb. Il y est solidement attaché. Cependant, l’homme n’a pas été vraiment actif sur le terrain pour rallier ses nombreux sympathisants à la cause de Lionel Zinsou. Il n’est pas descendu sur le terrain qui est son point fort tant dans le cadre de ses activités, tant en période de campagnes électorales. On pourrait l’interpréter par son désaccord avec Léhady Soglo sur le choix que ce dernier a fait et qui n’est de l’avis du couple Soglo et de bien d’autres, comme le cas des députés du parti. Ils ont récemment rejeté une invitation de leur président à un déjeuner au siège du parti. Il faut souligner qu’aux temps forts de la campagne, les lieux étaient interdits d’accès par l’ex-présidente du parti Rosine Soglo qui, choquée par le passage de Lionel Zinsou dans ses murs, a tapé du poing sur la table et affirmé clairement qu’elle ne voulait plus en entendre parler. Léhady Soglo a dû louer un immeuble pour tenir ses réunions. L’élection est terminée, mais il a toujours dans le vent de la révolte. Sinon, comment comprendre, les sorties des maires de Bohicon et d’Abomey ? Comment ne pas croire que le refus des députés à l’invitation de leur président est un acte inquiétant pour la cohésion, la discipline et l’avenir de la Rb ? C’est le réveil qui a sonné et Léhady Soglo doit être à l’écoute pour recentrer les débats. D’un autre côté, il doit se réconcilier avec ses parents géniteurs.

Les conséquences d’un choix controversé

Depuis le début des débats, beaucoup avaient projeté que le choix opéré par la Renaissance du Bénin de soutenir Lionel Zinsou lors de la présidentielle de mars 2016 sera lourd de conséquences, tant ce ralliement était jugé contre nature et rejeté par le couple Soglo, considéré à tort ou raison comme les vrais leaders du parti. Nicéphore et Rosine Soglo s’y sont opposés catégoriquement, et même au-delà de leur position de propriétaires de la Rb, ils étaient devenus des activistes dans la campagne contre la candidature de Lionel Zinsou. Leurs consignes de vote à l’endroit des populations et plus particulièrement celles du Zou, bastion presque imprenable de la Rb, où ils ont installé leur quartier général, étaient claires : tout sauf Zinsou. Au sein de l’opinion publique, les citoyens soutenaient la position du couple Soglo, sauf quelques sbires du régime qui lui faisaient un faux procès. Léhady Soglo dont l’influence sur le parti n’est que pure illusion, comptait sur les structures et ses élus (députés, maires et conseillers) pour réussir sa campagne électorale. Mais la tendance était préjudiciable à l’élection du candidat Lionel Zinsou. Malgré ces indices, Léhady Soglo croyait à la victoire de son candidat. Les Béninois en ont décidé autrement. Un cinglant désaveu au maire de Cotonou qui a du mal à exister quand son papa Nicéphore est dans le jeu.

FN


 

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