Le rapport national 2015 sur le développement humain pointe les problèmes alimentaires...

Le rapport national 2015 sur le développement humain pointe les problèmes alimentaires du Bénin

0
PARTAGER

Officiellement publié ce mardi 7 juin 2016, le rapport national 2014-2015 sur le développement humain du Bénin porte sur l’agriculture et la sécurité alimentaire. L’étude réalisée par le Programme des Nations Unies pour le Développement (Pnud) en collaboration avec le gouvernement béninois salue les progrès du Bénin en matière de sécurité alimentaire mais insiste aussi sur les insuffisances du secteur agricole. La représentante résidente du Pnud, le ministre du Plan et son homologue en charge de l’Agriculture qui ont présidé la cérémonie de lancement du document à Cotonou se sont tous accordés sur ces questions.

Selon les données de l’Institut national de la statistique et de l’analyse économique (Insae) datant de 2014, une proportion de 11,2% de la population béninoise souffre de la faim. Le rapport du Pnud salue ce résultat obtenu en 25 ans car la prévalence de la faim était de 22,5 en 1990. En outre, le pays a une autosuffisance alimentaire satisfaisante mais tributaire de l’évolution de la production du riz.

Cependant, nuance-t-on, la performance du Bénin ne l’a pas sorti de la catégorie de des pays à niveau de la faim jugé « grave », le score étant compris entre 10 et 19,9. Tous les besoins alimentaires du pays ne sont pas entièrement satisfaits par la production agricole nationale. Entre autres raisons, la faible productivité et l’accès limité aux marchés locaux et internationaux. Conséquence, une grande partie de la population, notamment rurale reste pauvre et en insécurité alimentaire.

Pour inverser la tendance, « le rapport soutient que si l’agriculture est bien pensée, elle ne manquera pas d’impacter positivement la lutte contre la faim et l’insécurité alimentaire, mais aussi l’accès des populations aux moyens économiques et sociaux contribuant ainsi au développement humain », a indiqué Odile Sorgho-Moulinier, représentante résidente du Pnud au Bénin. « (…) nous devons concentrer nos efforts sur des stratégies qui mettent l’homme au centre de l’action, qui mettent l’être humain à l’abri du besoin, qui le libèrent de la peur, qui lui offrent, enfin, la possibilité et l’opportunité de vivre dignement et aussi longtemps que possible », a-t-elle ajouté.

Quatre recommandations sont adressées aux autorités béninoises :

augmenter la productivité agricole pour améliorer la disponibilité et l’accessibilité aux aliments ;
inscrire la nutrition au cœur des politiques publiques et mettre en œuvre une politique nutritionnelle de qualité ;
renforcer la résilience des populations afin de préserver l’accès à la nourriture ;
favoriser l’autonomisation des populations rurales pauvres.

« Plan d’investissement massif » pour l’agriculture

Le ministre d’Etat chargé du Plan et du Développement, qui a reçu le rapport du Pnud, a dévoilé le programme du gouvernement pour « relever définitivement le défi de la sécurité alimentaire tout en favorisant le développement humain. » L’agriculture « bénéficiera d’un plan d’investissement massif faisant du secteur le principal levier de développement économique de création de richesse et d’emplois », a indiqué Abdoulaye Bio Tchané. Une « agence de développement agricole » sera créée « pour la définition et la mise en oeuvre rapide de programmes ambitieux spécifiques par filière et par région ». Entre autres mesures d’accompagnement, le gouvernement entend défiscaliser les exploitations agricoles en exonérant notamment les produits alimentaires de la Taxe sur la valeur ajoutée.

Vincent Agué (@afoukin)

aCotonou

Commentaires

commentaires

Commentaires

commentaires

LAISSER UN COMMENTAIRE