Le Bénin, pionnier de la démocratie en Afrique francophone

Le Bénin, pionnier de la démocratie en Afrique francophone

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Cotonou, Le Bénin, qui élit dimanche son prochain président, a été le premier État d’Afrique francophone à avoir entamé une transition démocratique au début des années 1990.

POLITIQUE: UNE CONFÉRENCE HISTORIQUE

A la fin des années 1980, le président Mathieu Kérékou, confronté à une contestation sociale et pressé par les bailleurs de fonds de libéraliser son régime pour obtenir de l’aide, propose une « conférence nationale », la toute première en Afrique.

En dix jours, en février 1990, la conférence nationale, à laquelle participent environ 500 délégués venus de tous les horizons, balise le terrain pour l’instauration de la démocratie.
Elle adopte une loi constitutionnelle, institue une période de transition avec un Premier ministre et un Haut Conseil de la République comme Parlement de transition, et dépouille le président de l’essentiel de ses pouvoirs.

En mars 1991, Kérékou, au pouvoir depuis 1972, est battu par le Premier ministre de la transition Nicéphore Soglo lors d’une présidentielle couronnant le processus de démocratisation. Mais il revient par les urnes à la tête de l’État en 1996.

En 2006, Thomas Boni Yayi remporte le second tour de la présidentielle (plus de 74%), avant d’être réélu en 2011, cette fois dès le premier tour, après deux reports du scrutin. Mais sa victoire est contestée par ses principaux adversaires.

ÉCONOMIE: UN PAYS AGRICOLE

Peu diversifiée, l’économie du Bénin, petit pays d’Afrique de l’Ouest de 10,6 millions d’habitants (Banque mondiale, 2014), s’appuie essentiellement sur l’agriculture et le commerce de transit et de réexportation vers son voisin et principal partenaire, le Nigeria.

L’agriculture occupe près de 60% de la population active du pays. Elle se concentre sur les cultures vivrières (manioc, haricot, igname, sorgho, maïs,
mil, riz) et surtout du coton, qui constitue une importante source de devises et fait vivre plus de 2 millions de personnes.
En 2014, le RNB (Revenu national brut) par habitant s’élevait à 890 dollars, selon la Banque mondiale.

Le Bénin est classé par la Banque mondiale dans la catégorie des pays à faible revenu, avec des indicateurs bas sur la santé et l’éducation.

CULTE VAUDOU

Le pays, qui s’étire du nord au sud sur 700 km pour 200 km de large avec une étroite façade sur l’océan Atlantique, est un important foyer du culte vaudou, mélange de cultes traditionnels et chrétien.
Le vaudou s’est répandu depuis le Bénin et le port de Ouidah, son berceau originel, vers l’Amérique et les Caraïbes avec le trafic des esclaves à partir du 17e siècle.
Interdit sous le régime marxiste de Mathieu Kérékou (1972-1991), qui associait le vaudou à de la sorcellerie, ce culte est désormais considéré comme une religion à part entière et représente une grande fierté nationale.

Il a été réintroduit par l’ancien président Nicéphore Soglo dans les années 1990 qui a décidé d’y consacrer un jour férié, chaque 10 janvier.

D’après le dernier recensement, qui date de 2002, il y aurait 17% de vaudouisants, 27% de catholiques et 24% de musulmans. Mais de nombreux Béninois, qui vont à l’église ou à la mosquée, ont aussi un petit temple vaudou chez eux.

acm/cdc/de/jhd

aCotonou

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