Kolawolé Idji parle de la présidentielle de Mars 2016 et de la...

Kolawolé Idji parle de la présidentielle de Mars 2016 et de la victoire de Patrice Talon : «Les analyses de l’Union fait la Nation étaient justes et ont permis de battre le candidat de la continuité »

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Dans un entretien exclusif qu’il a accordé à un de nos confrères, Kolawolé Idji un des ténors de l’opposition, nous parle des stratégies de l’Union fait la Nation au cours de cette présidentielle, de la défection d’Eric Houndété, du rôle que l’union fait la nation compte jouer auprès du nouveau Président, des rumeurs de brouille entre lui et le Président Séfou Fagbohoun etc. Lisez plutôt.
Aujourd’hui peut-on dire que les stratèges de l’Union fait la Nation ont vu juste en décidant de ne pas présenter un candidat ?
Les stratèges de l’union fait la nation ont décidé de ne pas présenter un candidat à l’interne. Ce qui était important pour eux, c’est de balayer le règne du système Yayi Boni. Ils ont donc recherché à l’externe les candidats pouvant les aider à atteindre cet objectif. Ils ont sélectionné deux : Sébastien Ajavon et Patrice Talon. On a donc donné la consigne de suivre le terrain pour déterminer à chaque niveau, dans chaque région celui qui permettait d’enlever le maximum de voix au camp de la continuité, le camp du candidat Lionel Zinsou. C’est cette stratégie qui a payé. Je crois donc pouvoir dire que les analyses faites par l’Union fait la Nation étaient justes et ont permis de battre le candidat de Boni Yayi, le candidat de la continuité dans la descente aux enfers de notre pays.
Vous avez au lendemain du ralliement du Président Eric Houndété à l’Alliance Républicaine, exprimé votre étonnement, voire votre incrédulité. Cette défection a-t-elle été une déception pour vous ?
Cette défection qui me surprend toujours aujourd’hui a été pour moi plus qu’une déception. La défection d’Eric Houndété est une blessure profonde. C’est quelque chose que je ne comprends pas. J’ai même parlé comme le disent les Béninois quand ils ne comprennent pas, d’envoûtement. Eric Houndété est l’un de mes camarades depuis plus de quinze ans. C’était une des figures de prou de cette jeunesse combattante et militante. Vous avez vu tout ce que Eric Houndété a fait à l’Assemblée Nationale, à l’Union fait la Nation. Une telle personnalité décide brutalement de rejoindre le camp que nous avons ensemble combattu. C’est quelque chose qui m’a profondément blessé, qui m’a profondément meurtri. Je ne peux pas vous dire jusqu’aujourd’hui ce qui a poussé mon camarade Eric Houndété à faire cela. Et cela est une blessure profonde au cœur de la jeunesse béninoise. Je suis allé jusqu’à Dékanmé une zone acquise au candidat Eric Houndété lors des élections législatives et communales. Les citoyens de Dékanmé et de cette région du pays, m’ont fait part de leur humiliation, de leur indignation par rapport à l’acte posé par Eric Houndété. Franchement, ce n’est pas une simple déception, c’est une blessure profonde. Parce que la jeunesse militante et combattante du Bénin est la clé de notre avenir. Si cette clé n’ouvre plus les portes du progrès, de la fidélité et de la loyauté, il y a de quoi s’inquiéter et avoir peur. Mais je n’ai pas peur. J’espère que les jeunes de ce pays continueront par se battre avec loyauté, avec fidélité comme ils savent le faire.
On n’a pas vu les ténors de l’Union fait la Nation en première ligne mais on s’est rendu compte que dans vos fiefs respectifs, vous avez ratissé large pour la victoire du candidat de la rupture ?
Si vous dites que vous ne nous avez pas vus c’est que vous avez porté des lunettes qui ont vu autre chose. En réalité, nous étions en première ligne. Je sais ce que le Président Amoussou a fait dans le Mono-Couffo et à Cotonou. Je sais ce que Lazare Sèhouéto a fait dans le Zou, vous avez vu probablement ce que moi-même j’ai fait dans l’Ouémé, dans le Plateau et à Cotonou tout comme les autres camarades. Nous étions des combattants sans trop de bruits. Parce que la médiatisation n’était pas absolument indispensable. Mais chacun à son poste à travailler depuis des mois. Dans la continuité des actions de l’Union fait la Nation, nous avons travaillé pour que le camp de la rupture triomphe. Je suis très heureux de constater que c’est ce qui s’est passé.
Vous aviez dès le début opté pour le candidat Patrice Talon, l’avez-vous fait par conviction ou par amitié pour l’homme. Car on raconte que vous êtes un de ses grands amis ?
L’Union fait la Nation comme je vous l’ai indiqué tout à l’heure, avait désigné à l’externe deux candidats : Sébastien Ajavon et Patrice Talon. L’Union fait la Nation a recommandé que chaque responsable interroge son terrain. J’ai interrogé mon terrain. Les militants de l’Union fait la Nation en particulier de la Commune de Kétou ont été favorables à celui qui à leurs yeux représentaient la rupture. Ils m’ont recommandé de travailler dès le premier tour pour Patrice Talon. Patrice Talon que je connais depuis longtemps, qui est un ami et qui pour moi était solidement arrimé à la rupture. J’ai été donc très heureux de travailler pour un ami, mais en même temps pour quelqu’un qui représentait les idéaux pour lesquels l’Union fait la Nation s’est battu depuis plusieurs années.
Vous particulièrement M. le Président au vu des résultats, vous êtes resté imperturbable dans votre citadelle quasiment imprenable de Kétou. Dites nous votre secret ?
Oui chez moi dans la Commune de Kétou, je n’ai pas des clients. J’ai des militants de vieille date qui se battent pied à pied pour que les idéaux que je défends soient une réalité. Vous le savez, je ne suis pas un homme riche. Je n’ai pas d’argent. Ce sont ces militants qui financent mes campagnes. Je puis vous dire que pour cette campagne présidentielle, ils ont non seulement mouillé le maillot, mais ils ont financé beaucoup de choses par eux-mêmes. Ce sont des militants sur qui on peut compter. Et je leur rends hommage.
Monsieur le Président, on raconte que vous êtes en froid avec le Président Séfou Fagbohoun à propos des choix du Madep en ce qui concerne cette présidentielle, est-ce que vous confirmez ces rumeurs ?
Je ne sais pas où vous avez appris cela. C’est une rumeur absolument fausse. Nos relations n’ont jamais été aussi bonnes. Le Président Séfou Fagbohoun et moi-même nous avons suivi point par point les consignes de l’Union fait la Nation. Si vous avez bien remarqué les couleurs qui ont été défendues dans toutes les Communes du Plateau ce sont les couleurs des candidats de la rupture. Ce sont les consignes que l’Union fait la Nation avait donné. Nous avons expliqué à nos militants le Président Fagbohoun et moi-même que c’était cela qu’il fallait faire. Nous en avons constamment discuté. Les rumeurs que vous rapportez sont des rumeurs absolument sans fondement. Vous avez dû entendre que telle personne ou telle autre quittait le camp de la rupture pour l’Alliance Républicaine. C’était des coups montés. Il n’en était absolument rien. Le Président Séfou Fagbohoun et moi nous nous entendons bien. Et nous nous entendrons pour la suite pour construire un Bénin nouveau, un Bénin qui fera la fierté de nos enfants et des générations futures.
Quel rôle comptez-vous jouer dans ce nouveau départ de la démocratie béninoise ?
Je compte jouer le même rôle qu’aujourd’hui. Celui d’être un soldat à l’avant-garde du rayonnement de notre démocratie. Ceci en militant fidèle engagé, dévoué à la cause d’une Afrique unie, indépendante, prospère, juste et équitable. Je me suis engagé en politique pas pour l’argent, pas pour les honneurs, mais pour défendre la cause de ceux-là qui peinent dans les garages, dans les ateliers, dans les champs, dans les usines. C’est ce rôle là que je veux jouer et que je continuerai par jouer dans les années à venir.
Avez-vous un appel pour conclure cet entretien ?
L’appel que je voudrais lancer, c’est que nous entamons effectivement avec le Président Patrice Talon un nouveau départ. Les attentes des populations sont immenses parce que le Président Boni Yayi a grandement perturbé, dévasté notre pays. Nous ne pouvons pas comme par un tour de baguette magique donner satisfaction à toutes les demandes. Mais ce que nous souhaitons c’est qu’autour de Patrice Talon nous nous mettons tous ensemble pour refaire notre pays, avec conviction, avec passion et dévouement. Et de façon déterminée reconstruire l’édifice national avec l’égalité des chances dans notre pays. Faire en sorte que chaque Béninois dans ce pays puisse manger à sa faim et regarder l’avenir avec confiance. C’est cela le nouveau départ. Et le nouveau départ concerne nous tous. Je prendrai ma part dans cet effort de reconstruction. Je souhaite que chaque responsable du camp de la rupture fasse le maximum d’effort qui lui est demandé. Que les appétits et les impatiences soient les plus modérés possibles. C’est comme ça que nous ferons progresser notre pays. C’est comme ça que le nouveau départ nous amènera à un bon port.

Propos recueillis par Christ Ange Oladimédji

aCotonou

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