Karimou Chabi Sika sur ‘‘Moi Président’’ : Nous sommes en devoir de...

Karimou Chabi Sika sur ‘‘Moi Président’’ : Nous sommes en devoir de rebâtir notre nation

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Moi Président, vous le savez déjà, c’est l’intitulé de l’émission que la Haute autorité de l’audio-visuel et de la communication(Haac) a mis à la disposition des  candidats à la présidentielle de 2016, pour faire connaître leur projet de société à leurs électeurs. Celui que nous accueillons aujourd’hui est l’un de ces candidats. Il est bien connudes Béninois, bien connu enparticulier  dans les travées de l’Assemblée nationale, pour son activité.Certains parleront même  d’activisme. Nous accueillons en effet monsieur Karimou Chab Sika, et il est venu nous dire lui aussice qu’il compte faire pour assurer la prospérité de notre pays. La rédaction de votre journal se propose de revenir sur les propos du candidat Karimou Chabi Sika sur la télévision national en vous livrant l’intégralité de l’entretien sans rien y ajouter ou retirer.

Présentation

Karimou Chabi Sika est né le 12 février 1955, à Tchaourou, l’homme est connu pour être l’un des députés les plus prolifiques des deux dernières législatures à la manœuvre pour sa majorité présidentielle à l’époque. Trois fois élu député à l’Assemblé nationale, il est en politique, on peut se permettre de le dire, comme un poisson dans l’eau. L’enseignant à  l’Université d’Abomey-Calavi est aussi un militant de vieille date en froid avec sa famille politique originelle, les Forces cauris pour un Bénin émergent (Fcbe). Karimou Chabi Sika vient défendre à  la présidentielle de 2016, ses idées qu’il résume en une seule phrase : «Soyons nous-mêmes».

Voilà donc monsieur Chabi Sika le portrait que nous avons choisi de faire de vous, je ne sais pas s’il  vous convient ?

Je pense que l’essentiel est dit, c’est plus profond. Je n’ai peut-être pas entendu et c’est quand même important. Je suis un militant, c’est-à-dire celui-là qui ne fait pas la politique pour s’enrichir. C’est ceux-là qui croient que faire la politique, c’est se mettre au service de la cité, c’est se donner les moyens de se mettre au service de sa société, de son pays et de tous ceux qui, à un moment ou à un autre, ont donné à l’éducation les moyens de l’Etat donc pour faire de vous ce que vous êtes. Voilà ce qui peut-être a manqué. Parce qu’il ya beaucoup de politiciens, mais je suis un militant et un militant je le répète, c’est celui-là qui ne va pas en politique pour s’enrichir mais qui va en politique pour un idéal.

Se sacrifier pour sa nation

Absolument

Monsieur Chabi Sika, comment se fait-il que vous soyiez candidat alors que votre famille d’origine, celle pour laquelle vous avez milité ces dernières années, porte un autre candidat ?

Je crois que là aussi je ne pourrai pas aller dans les détails; mais puisqu’on n’a pas beaucoup de temps, je dirai l’essentiel. Vous devez constater  que, à partir de 2012,  il y a des grincements de dent. Notamment, tous les acteurs les plus visibles de la majorité  présidentielle, il ya le président Nago, notre grande sœur Aholou Kèkè, il y a Débourou, il ya Sacca  Lafia, il y a Laourou. Vous devez constater que tous ceux-là sont partis. Egalement tous ceux qui étaient au palais : les Hountondji et autres…Et quand vous regardez même sur la liste des candidatsvous verrez combien d’anciens ministres? Une bonne douzaine…Donc,au fait, pour ce qui concerne la plupart, il y a eu séparation de corps comme on ledit souvent, mais il n’y a pas eu divorce. C’est-à-dire que, à partir de 2012, les choses se faisaient sans nous. En d’autres termes, il y avait une nouvelle orientation à laquelle on n’a pas été associé et qui évoluait. Donc,au fur et à mesure que ça évoluait, chacun comprenait à sa façon en son temps et prenait sa direction. Donc, je suis presque le dernier parce déjà aux législatives, j’ai publiquement dit ma position, qu’il fallait voter Fcbe, les autres étaient déjà  partis et ont rejoint d’autres alliances ou ont créé de nouvelles alliances etc. Mais, je suis resté dans le cadre d’un groupe.Puisque,il n’était pas possible d’aller sur le terrain pour faire de l’animation politique, le Chef de l’Etat estimait que, en repartant sur le terrain, nous allons réveiller les vieilles contradictions et qu’il fallait attendre un mois. On attend un an, ça ne vient pas.On relance, on dit attendez dans deux semaines. On attend un mois,ça ne vient pas. On attend 10 mois, cela ne vient  pas etc. Donc, à un moment donné, nous avons compris. Parce qu’en politique, tout ne se dit pas.C’est à vous de savoir qu’à un momentdonné, que ce  que vous constatez là, si ça dure et si des faits viennent confirmer,c’est bien cela mais on ne peut pas vous le dire. Ce sont des signes.

Des signes qui concernent quoi pour vous ?

Je préfère qu’un jour, les acteurs qui ont travaillé pour que nous partîmes le disent. Parce que nous ce qu’ons‘imagine, c’est qu’on n’est plus dans les sphères de prise de décision ou de consultation.

Vous n’étiez plus en odeur de sainteté ?

Oui, mais sans qu’il y ait trop d’achoppement. Les choses se faisaient et on nous rapportait que telle chose qu’on faisait ensemble se font sans nous.

C’est une candidature de revanche alors !

Non je vais vous expliquer. J’étais là, vous regardez au Cos-Lépi par exemple, on était au départ 4 ou 6, à la fin j’étais seul. Je vous ai dit qu’aux législatives, j’étais toujours en place. Mais, à un moment donné, les camarades ont dit mais Chabi Sika, nous avons pensé qu’il faut qu’on se mette dans un groupe d’analyse et de réflexion politique, parce tel que cela  évolue nous allons perdre le fil des choses, on sera totalement délaissé surtout que nous avons beaucoup de jeunes qui croient en nous, qui nous suivent. Donc, on était dans ce cadre-là quand l’affaire Azannaï  est intervenue et nous-nous sommes retirés pour un peu échanger sur ce qui s’était passé à Cotonou. On n’a pas bloqué le pont de Cotonou, les trois ponts de Cotonou n’ont pas été bloqués, le pont de Porto-Novo n’a pas été bloqué, pourtant Cotonou a été paralysé. Donc c’est un signe annonciateur d’une crise qui pourrait être plus grave. Donc, c’est dans ces réflexions-là…, quand on a fini toutes les analyses, on s’est demandé mais au fait notre slogan, c’est après nous, c’est nous,tel que les choses se passent est-ce que après nous, c’est vraiment nous ? Donc en fouillant, on s’est aperçu que de toutes  les façons ce n’est pas réaliste et deuxièmement, nous sommes hors du système. On a commencé nous-même à nous dire en 2016, on sera où, on sera quoi? Puisque déjà en place, nous ne sommes plus dedans, nous ne sommes plus dans le système. Que le camp là gagne ou ne gagne pas, nous sommes déjà à la touche. Qu’est-ce qu’on va faire?  On n’a pas pu trouver de solutions. Ce jour, c’était un samedi, et on a poursuivi, et c’est le dimanche, quand l’un de nos camardes nous dit : «écoutez, moi je n’ai pas dormi de toute la nuit. Ce que j’ai comme idée, j’échange avec vous. Si nous voulons compter en 2016, trouvons un candidat». C’est comme ça que bon, il est allé loin, il dit bon on met un comité en place et il y a 4 missions : 1- on définit les critères, 2- on met un plan d’actions, 3- un chronogramme, 4-un budget. Tout ça a été adopté. C’est dans ce processus que j’ai été désigné et j’ai compris que nous sommes partis pour que les jeunes qui croient en nous, qui nous suivent, nous nous battions pour être au rendez-vous de 2016, que nous puissions continuer à être leur porte-parole. On se serait attendu à ce que l’ensemble de ces personnes mises à la touche se fédèrent, soit disant porteuses des mêmes idées.

Comment se fait-il qu’il y ait autant de candidatures justement sorties du même moule ?

Nous avons fait le tour, ça nous a pris beaucoup de temps, nous avons échangé avec beaucoup. Ce qu’on nous a dit, par exemple me concernant,c’est : « Chabi Sika, de façon intrinsèque, tu es un bon candidat, mais tu as un défaut majeur, tu n’as pas l’argent. Et au Bénin aujourd’hui, pour être président de la République, il faut pas être un militant, il faut  pas être un patriote. Il faut pas être quelqu’un qui aime le Bénin, il faut pas avoir des idées originales, il faut d’abord avoir de l’argent, parce que l’électorat est totalement fichu ».

Vous êtes candidat aujourd’hui,est-ce à dire que vous avez de l’argent ?

Moi je leur ai dit non, une élection présidentielle ce n’est pas ça. Il y aura certainement des distributions de gadgets, il y aura de distributions d’argent. Mais il y a aussi des gens qui croient en vos idées !Moi je pense qu’on ne construit le pays que par des idées.

Parlons de votre vision, est-ce que c’est celle que symbolise votre logo (une colombe blanche ndlr) ? Je vous prierais  d’ailleurs de le montrer à la caméra, pour que les électeurs le connaissent bien. Est-ce qu’il symbolise réellement votre vision, ce logo-là ?

La vision, oui parce que ce que vous voyez là tout le monde le sait, c’est le symbole de la paix. Il s’agit d’une colombe blanche qui symbolise la paix. Je veux appeler tous mes compatriotes, tous ceux qui pour une raison ou pour une autre, à tort ou à raison, se sentent frustrés par telle ou telle autre situation de comprendre que nous sommes en devoir de rebâtir notre nation. On ne fera rien s’il n’y a pas la paix. Certains disent, tel que c’est arrivé, on ne va plus tolérer, il y aura règlement de compte, il y aura chasse à la sorcière,On ne construit pas un pays sur la base de la revanche. Moi par exemple, quand vous regardez mon parcours, je suis allé en prison, je suis allé en exil, mais cela fait partie de la vie. Evidemment, je crains beaucoup pour les autres parce que militant, on doit pourpouvoir vivre tout cela comme un peu normal. Je ne suis pas revanchard, je n’ai aucun problème, je suis moi-même. Je souhaite que tous mes compatriotes qui pour une raison pour une autre ont quelque chose, qu’ils oublient, qu’on pardonne,  qu’on récrée l’élan qui nous permette de reconstruire notre pays. Donc c’est ça le symbole.

Chabi Sika, votre projet de société, quand on le parcourt, évolueun peu entre continuité et rupture. Examinons tout d’abord les éléments sur lesquels vous souhaitez poursuivre ce qui a été entamé, d’abord les acquis sociaux.

Vous devez constater quand-même que,au cours des 10 ansqui se sont…,qui s’achèvent, il y a eu beaucoup d’acquis sociaux. C’est vrai que les travailleurs se sont beaucoup battus, mais le gouvernement a suivi les revendications et a essayé autant qu’il le pouvait, de les satisfaire. C’est vrai, il y a encore beaucoup encore à faire, mais pour ce qui a été fait sur les 10 ans, je crois que c’est important de souligner, qu’on a eu des acquis et qu’il faut non seulement les préserver, mais les approfondir.

Citez-en quelques-uns par exemple qui sont marquants pour vous.

Moi par exemple, je suis enseignant. Je pense que mes collègues à l’université ont remarqué qu’on a amélioré nos conditions de travail, surtout nos salaires. Il ya plein d’autres choses sur lesquelles on peut revenir; mais sur cet aspect et vous devez le savoir, au niveau de la santé,il y a eu des efforts; au niveau de la gratuité de l’enseignement, la gratuité de la césarienne. Il faut approfondir tout cela parce que les décisions, souvent, ont été prises peut-être sous pression, on n’a pas eu le temps de regarder beaucoup plus en profondeur. Mais ce n’est pas mauvais, parce que, favoriser par exemple la scolarisationdes jeunes filles est une excellente chose. Quand on n’aura pas réglé le problème des femmes on ne s’en sortira pas. Cela part déjà de  l’instruction, de l’éducation, de l’encadrement. C’est pour cela que je pense que ces choses-là, ne serait-ce que la manière déjà de les énoncer, c’est déjà un pas important. Je ne dis pas que les régimes qui ont précédé n’ont pas fait, c’est aussi une autre continuité, mais il m’a semblé que quand on regarde le nombre d’initiatives prises, c’est remarquable.

Au titre de ces  initiatives vous citez par exemple l’autonomie des femmes que vous regardez comme un acquis majeur.

Oui. Dans…Vous avez d’entrée dit que je suis l’un des parlementaires les plus visibles. J’ai porté à l’Assemblé nationale une initiative en réalité gouvernementale sur la parité. Malheureusement, la majorité de nos collègues n’ont pas compris et n’ont pas suivi. Nous n’avons certainement pas pu faire le lobbying qu’il fallait faire. Il  y a eu aussi des perturbations parce que, il ya quelques ministres qui voulaient à tout prix s’ériger la paternité, montrer que c’est le Chef de l’Etat qui portait. Tout cela a contribué à certainement ne pas faire aboutir. Mais moi je crois  que la microfinance est par exemple objet de critiques, objet de polémique. Mais le fait d’avoir pris le risque de faire comme cela a été fait c’est  un pas et il y a énormément de choses à faire pour améliorer cette initiative. Donc nous, nous sommes dans la logique de dire que tout ce qui a été fait, il y a des forces, il y a des faiblesses, mais globalement il faut saluer le mérite d’avoir pris l’initiative. Et à partir de là, de mieux accumuler ce que nous avons de positif, ne serait-ce que par le pensée. Je suis d’accord que quand vous financez par exemple les femmes, elles étaient 3 qui dans un espace vendent la bouillie, quand on met l’argent, elles peuvent même vendre la bouillie à dix, on sature donc le marché et on n’aide plus quant au fond, donc on peut revoir. C’est dire qu’on peut peut-être faire des études dans ce sens.

Donc vous appréciez l’initiative mais vous dites qu’on peut améliorer.

Oui on peut améliorer.

Vous parlez aussi des infrastructures et vous notez que c’est un point important, un acquis majeur du régime précédent, mais beaucoup de Béninois gardent cette critique là que la route Calavi-Bohicon est restée longtemps dans un mauvais état alorsque nous parlions d’un corridor vers l’hinterland.

Oui, vous savez, quand les gens souffrent d’une situation, ils s’en plaignent, mais dès que la situation change, on n’en parle plus. Aujourd’hui, quand vous quittez Calavi et vous allez à Bohicon, je pense que les choses se sont améliorées, c’est revenu à la normale, donc on a oublié. Mais constatons quand même que dans ce sens, il y a eu beaucoup d’initiatives qu’il faut aussi reconnaître et il faut aller dans ce sens parce que c’est structurant. Quand vous réglez le problème de la route vous voyez que l’environnement change.

Que comptez-vous faire dans ce sens ?

Moi j’ai toujours proposé à tous les ministres des travaux publics qu’en dehors de tout ce qui se fait de façon classique, il est urgent qu’il y ait un fonds national pour la construction des ponts et des ponceaux. Parce que quand vous allez dans le Bénin profond, vous quittez Calavi par exemple et vous allez à Zè, c’est tout un calvaire. C’est vrai qu’un jour on va bitumer, mais ce n’est pas que ça. Si vous allez chez moi par exemple à Tchaourou,le territoire de cette commune fait le territoire du Mono, du Couffo, de l’Atlantique, et du Littoral réuni. Sur ce territoire, les gens ont besoin juste de leur mettre des ponceaux, même si on ne peut pas faire la route, si on ne peut pas faire la piste rurale, au moins qu’on leur permette, en temps de pluie de passer et il y a énormément  de choses à faire dans ce sens-là. Cela se fait ailleurs. Surtout dans les pays asiatiques, ils font déjà ces ponts là au gabarit qui permet en attendant, que les population se débrouillent et circulent comme elles le peuvent. Je vous rappelle un événement qui m’a le plus marqué. Dans ma commune, pour aller  au Nigéria, vous traversez la frontière; il y a l’Okpara. Nous avons de l’autre côté de la frontière,  nos parents qui y vivent, mais qui n’ont pas d’école oubien ils ont une école en Anglais mais qui peuvent faire venir leur enfants de l’autre côté de la rive pour fréquenter l’école béninoise, mais on a perdu 11 enfants parce qu’il manquaitsimplement le pont pour faire la traversée. Et pour cela, les ministres n’ont même pas besoin des instructions du Chef de l’Etat. Il suffit de créer et de défendre; on aura les ressources. J’aurais mis cela comme priorité, parce que c’est le rural qui crée aujourd’hui notre grande richesse. Cela permettra aussi de faire passer facilement le coton. Si, on exploite le palmier à huile, on va se débrouiller pour faire passer le reste. Les bitumes vont venir graduellement. Puisque la politique a démarré, elle va se poursuivre. Mais malheureusement, je n’ai jamais été entendu. Le deuxième exemple, ce qu’on remarque aussidans notre pays, c’est trop cher. Quand vous comparez par rapport aux autres pays, le kilomètre de bitume, il y a comme un problème. Et à ce niveau-là il faut qu’onrationnalise.

Est-ce que vous avez le sentiment  qu’on surfacture ? Est-ce que vous avez le sentiment qu’il y a quelque chose-là qui n’est pas très légal?

Non. Ce que je veux dire, c’est que nous sommes dans un environnement l’Uemoa et quand vous regardezles coûts, vous-vous rendez compte que…on se pose des questions. Je n’ai pas d’éléments à vous fournir, mais je crois qu’à ce niveau, on  a d’énormes économies à faire puisque cela coûte très cher. Ne serait-ce même que sur  un kilomètre, si on peut faire des économies, compte tenu des grandes ambitions qui s’affichent, nous voulons pendant 5 ans faire deux fois ce qui se fait aujourd’hui. On devrait donc pouvoir trouver là où on doit faire encore plus d’économie et avec les mêmes ressources, aller de façon plus efficace. C’est pareil aussi, quand vous voyez on a fini les routes, quelques temps après, ça se dégrade. Il y a certainement beaucoup de raisons. Et les raisons…on a demandé aux…de s’adapter et les transporteurs arrivent toujours à contourner. Est-ce qu’il ne faut pas que nous, en concevant les routes, on s’adapte à ces réalités-là? Ça nous ferait aussi des économies. Il y a donc nécessité d’accélérer la construction du chemin de fer. En effet, les rails, c’est capital pour notre pays !

Si nous allons résumer ce que vous avez dit jusque-là, c’est qu’il y a des acquis qu’il faut améliorer et puis, il y a ce que vous appelez dans votre projet de société des ruptures et qui pour vous sont essentielles. Vous commencez en disant d’abord que c’est notre façon d’être elle-même qu’il faut changer. Qu’est-ce que vous entendez changer à ce niveau-là ?

Vous voyez, dans notre pays, on se plaint de trop de choses, de laxisme, de l’impunité, de cette façon-là de chercher à tout prix à contourner la loi, de la tricherie. Nous devons donc nous interroger et nous regarder en face.

Et aussi se demander à qui la faute finalement ?

Oui, se demander à qui la faute. Il y a des fautes qui incombent aux politiques, au premier chef. J’ai posé la question une fois vous m’en excusez que je cite son nom, au président Amoussou Bruno, je lui ai dit, mais comment expliquez-vous que vous ayez fait la Feanf, vous ayez fait la Gemo, et c’est le président Yayi Boni qui vient au pouvoir? Il m’a dit que nos populations ne nous font certainement  pas confiance. Je lui ai dit mais pourquoi on ne nous fait pas confiance ? Il répond, Ah on va chercher. Donc nous politiques, nous avons des problèmes avec nos populations. La manière certainement de nous comporter, la manière certainement de gérer les choses, font qu’aujourd’hui, quand vous regardez parmi la kyrielle des candidatures, je suis encore le seul peut-être qui y croit. Tout le reste a désarmé.

Qui croit en quoi ?

Qui croit en la vertu du militantisme. On ne peut pas construire un pays si  on n’a pas la capacité de se sacrifier, on ne peut pas construire un pays quand on pense que ce n’est que l’argent, c’est l’argent et rien que l’argent.

Vous le disiez Karimou Chabi Sika, il faut un changement de comportement, qu’est-ce qu’il faut changer finalement ?

Moi je pense que tous ces comportements, nous devons utiliser tous les moyens en notre possession et ces moyens, beaucoup pensent qu’il faut reformer la justice. Les juges sont aussi membres de la même société. Je crois plutôt que nous avons des valeurs dans notre culture. Notre culture n’a jamais accepté qu’on perçoive le vol comme une bonne chose. Et je reviens à vous (les journalistes ndlr) vous avez un rôle capital à jouer, tout simplement  parce que si on pense qu’il y a quelque  chose qui n’est pas normal, il faut donner la plus grande liberté à la presse, il faut accompagner les hommes des médias pour nous sensibiliser, qu’on se parle dans nos langues, que celui qui a mal fait, qu’il y ait un tribunal pas pour juger,  comme on le fait, mais il y a un tribunal du comportement, s’il est Dendi qu’on lui parle en Dendi, ce que tu es en train de faire là, voici les conséquences. Ces ressources-là, on aurait pu construire des écoles, on aurait  pu mieux lotir les universités. Nos hôpitaux, vous regardez aujourd’hui le plateau technique,  mais c’est ridicule. Donc toutes ces ressources que nous gaspillons, parce qu’on veut paraître. Si la société elle-même on commence par lui expliquer que, il faut qu’elle arrête elle-même de magnifier la fortune qui vient de sources qu’on ne peut pas justifier. Parce que si elle magnifie tout ça, si on condamne ceux qui sont vertueux dans la société, si on ne les met pas en exergue pour dire voilà les gens qui travaillent, voilà les gens qui se sacrifient dans notre société, on ne va pas s’en sortir.

L’apprentissage par l’exemple alors ?

Voilà, par l’exemple.Mais l’exemple aussi doit être magnifié. Parce que ce qui se passe aujourd’hui, c’est ceux qui amassent le plus, par des voies les plus détournées, c’est ceux-là qu’on porte.

Monsieur Karimou Chabi Sika, tout cela appelle une forme de gouvernance, de gestion de l’Etat, qu’est-ce que vous proposez à ce niveau-là.

Au niveau de la gestion de notre Etat, vous devez constater que les choses se dégradent. Notre Etat aujourd’hui est partisan. Or, un Etat, c’est ce qui est à la portée de nous tous. L’Etat, c’est ce qui dans la société permet de protéger les plus faibles, c’est ça la définition de l’Etat. Mais aujourd’hui malheureusement, notre Etat est aujourd’hui systématiquement à la disposition de  ceux qui ont les positions politiques, ou ceux qui ont le pourvoir économique.

Qu’est-ce qui va changer avec vous ?

Avec moi ce qui va changer, c’est d’abord que nous allons faire une gouvernance concertée. Si j’étais élu, et je le serai Inch Allah, parce que les Béninois ont fini par comprendre désormais que je suis l’homme qu’il faut, je ferais en sorte qu’on aille vers un genre de conférence nationale, pour dire, voici la situation du pays dans tel secteur ou telsecteur. Parce que la préoccupation de la première conférence nationale, c’était de finir avec l’ancien régime, le reste a été escamoté. On n’est pas allé en profondeur d’un certain nombre de problèmes et par la suite, on a très vite oublié et on est revenu là-dessus. Donc, à cette conférence, je vais proposer une gouvernance dans tous les secteurs. Je vais faire une série de réformes au niveau de la décentralisation, au niveau de la gestion des finances publiques, au niveau de l’assemblée Nationale…Je vous donne un exemple banal. Moi, j’ai été député pendant trois mandats, je suis élu dans les communes de Tchaourou, Parakou,Pèrèrè, et N’Dali. Cela fait donc quatre maires, quatre conseils communaux. Mais au point de l’organisation de l’Etat, je n’ai aucune relation, je ne sais même pas comment les choses se passent pourtant je suis supposé être le représentant de ces populations à l’Assemblé nationale. Il y a des conseils qui sont élus et je n’ai aucune relation avec eux, il ya des maires qui exercent au jour le jour, je n’ai aucune relation avec eux. Donc, quand je vais-je tourne comme je le peux.

Mais comment solutionner concrètement ce genre de difficulté que vous déplorez ?

Dans ce cas-là, je propose dans mon projet de société qu’on mette en place des conseils régionaux et on va essayer de reformater conseils communaux, de façon que ces conseils soient viables, c’est-à-dire économiquement. Ce conseil fera en sorte que pour que les élections ne nous coûtent pas cher, ça va être de nouveaux organes. Nous avons déjà la Chambre de commerce, nous avons la Chambre de l’agriculture, nous avons même le Ces, les associations des parents d’élèves, de toutes ces forces, on va identifier maintenant des cadres et nous ferons en sorte que l’Etat mette en place aussi des organes techniques d’accompagnement, pour des études par exemple sur l’agriculture, sur l’élevage, sur la pêche, sur les routes, sur les pistes, sur la santé, sur l’éducation de cette région. Il y aura donc des pôles de réflexion et tous ceux qui tournent à Cotonou et qui n’ont rien à faire seront affectés dans les régions. Parce que c’est en faisant ceci qu’on va pouvoir attirer des investisseurs, qu’on va pouvoir créer de l’emploi, qu’on va pouvoir mieux mieux regarder comment les ressources se gèrent, puisque tout est trop centralisé sur Cotonou.

Oui mais ces pôles de réflexion dont vous parlez, ne devraient-ils pas se retrouver plutôt au niveau des partis politiques, au niveau des militants que êtes, pour faire réfléchir les populations à la base, pour proposer des idées? N’y a-t-il pas là aussi une faillite notable ?

Oui. Le système partisan dans notre pays, c’est un autre drame et quand on cherche finalement, on retrouve qu’il y a des problèmes de financement, il y a des problèmes de manque de suivi, il y  a même qu’on crée des partis sans être militant, on crée des partis sans savoir ce que sait. La constitution dit que les partis politiques concourent à l’expression du suffrage. Mais je suis d’accord avec l’un des professeurs qui estime que, il nous faut, en plus de notre constitution, beaucoup de, de lois organiques. La constitution ne peut pas tout dire. Sur les  des partis politiques, il y a des problèmes. C’est là-bas qu’on fait l’apprentissage de la gestion de la cité; c’est là-bas qu‘on devait normalement cultiver l’amour de notre pays. Puisque lorsque vous dirigez, vous décidez à la place des autres. Mais si vous n’êtes pas capables de privilégier d’abord leurs intérêts…

Comment comptez-vous régler tout cela si vous arrivez au pouvoir ?

Nous allons tout simplement essayer d’abord d’établir des critères de qualité. Nous allons mettre en place un financement conséquent. Ne pourraient avoir accès à ce financement que les partis qui pourraient remplir  des critères de qualité fixés. Et ces critères vont nécessairement amener à une réduction des partis. C’est inconcevable pour un petit pays comme le nôtre, qu’on n’ait pas 5 partis. Donc, on ferait en sorte que ce financement qui sera fort, qui sera puissant, soit encadré par l’Etat. Il y a aura des choses à vérifier, de manière que les responsables sachent que c’est une haute responsabilité qui leur est confiée. On fera en sorte qu’au sein des partis, il y ait une véritable vie militante, mais démocratique et que ce ne soit pas celui qui met l’argent qui décide de tout. Ce n’est pas bien pour un pays qu’on devienne tous, des spectateurs, des prestataires pour une seule personne. A partir de ce moment, il y aura des centres de formation pour l’action publique. Et ce centre va aussi s’occuper même des fonctionnaires. Si vous devez être nommé Dg, vous devez nécessairement passer par ce  centre.

Un centre de qualité !

Oui de qualité.Si vous devez être  acteurs politiques,vous devez passer par ce centre-là. Comme ça, vous savez, si vous allez en politique, qu’est-ce que les lois prévoient, quelles sont les normes, les comportements à adopter, à quoi vous devez vous attendre. Si vous voulez être riche, allez vous créer une société.

Monsieur Karimou Chabi Sika, si vous êtes élu, quelles seront les grandes réformes économiques que vous engagerez ?

Je crois que nous avons des idées que nous soumettrons à un grand rassemblement. Mais je peux déjà les exposer. Nous n’avons pas toutes les solutions. Mais nous en avons une qui me paraît capitale. C’est en  fait le modèle économique même que nous suivons dans le pays et qui ne marche pas. Il est de façon profonde, le modèle hérité de la colonisation. C’est-à-dire, nous produisons ce que nous pouvons produire et de façon brute, nous exportons. Nous vivons donc un genre d’économie de traite. Les Asiatiques ne sont plus dans ce schéma. Or pourtant, en 1960, nous étions dans les mêmes niveaux de développement. Aujourd’hui, les Asiatiques ne sont pas dans ce schéma.

Et quel schéma allez-vous explorer ?

Quand vous observez les réalités de notre économie, quand vous observez aux niveaux primaire, secondaire, et tertiaire, vous vous rendrez compte que nous avons d’abord continué à faire notre agriculture, à faire notre élevage, à faire la pêche, la foresterie de façon archaïque. On ne peut pas, dans un marché modernisé, penser qu’on va sortir de la pauvreté si ça continue comme ça continue.

Il faut donc réformer !

L’ensemble du système de production a besoin d’être reformaté. En d’autres termes, l’essentiel de ce que nous produisons, la matière première est en milieu rural. Quand vous regardez aussi de près,  tout ce qui est susceptible d’être transformé, les méthodes de transformation, les  facilités pour faire la transformation sont dans les villes. Le modèle que nous préconisons, c’est de faire un maillage économique, entre nos villes et le  monde rural. Il faut faire en sorte qu’il y ait une complémentarité; que ce qui est produit en milieu rural revienne en ville pour être transformé ou totalement ou partiellement avant d’être vendu à l’extérieur et avant d’alimenter aussi le marché intérieur qui doit être totalement boosté. Au niveau rural, la ville  aura toutes ces facilités à renvoyer vers le rural. Vous avez les banques, vous avez les finances, vous avez la technologie, vous avez la capacité  d’aller chercher des technologies et de les introduire dans le monde rural.

Créer aussi des pôles d’affaires dans le monde rural ?

Les pôles d’affaires, les connaissances c’est dans nos villes, c’est dans nos universités qui sont en ville. Donc, il faut maintenant organiser la complémentarité entre le milieu rural et le milieu urbain.

Sur quelle base cette  connexion s’opère ?

Elle s’opère en se basant fondamentalement sur le secteur privé. C’est-à-dire, l’Etat définit clairement les orientations.Dit au secteur privé : voici la nouvelle orientation, voici les mesures d’accompagnement, voici les facilités en terme de fiscalité, en terme même d’accompagnement ou d’accès aux ressources pour aller vers cette nouvelle orientation. Evidemment, en compensation, l’Etat va exiger que vous soyez en devoir d’aller dans tel ou  tel autre secteur et si vous y allez, voici ce qu’on met pour vous accompagner. Si vous continuez d’aller dans le sens que nous ne souhaitons plus, voici les sanctions qui vous seront appliquées. Ça, c’est le politique qui décide. Le secteur privé lui-même comprendra donc que ce  n’est pas la pratique de 1958, de 1962, de 1964 ou de 2003 ou 2016, qu’on va continuer. C’est donc une nouvelle dynamique et eux-mêmes, ils constatent qu’il y a intérêt. De toute façon, le privé dès qu’il constate donc qu’il y a intérêt il va suivre, et si on les convainc, ils vont nous aider à faire les transferts de technologie, ils vont nous aider à faire rassurer l’environnement, ils vont faire constater de l’extérieur qu’il y a de l’argent à gagner au Bénin, qu’on peut placer de l’argent au Bénin. Donc, ça va recréer une nouvelle dynamique, ça va booster le marché intérieur et si le marché intérieur est boosté, vous verrez que contrairement, et c’est aussi que les gens n’aiment pas de moi, il paraît que je ne promeus pas beaucoup d’emplois.
 Si on ne change pas le système économique… C’est vrai qu’à la fonction publique, ce qui se passe est révoltant, mais j’attire l’attention de la jeunesse, même si nous réglons à 100% les problèmes d’accès à la fonction publique, c’est 10%...Certains me disent même que c’est 8%. Parmi ceux qui ont besoin de l’emploi, même si on règle les problèmes de la fonction publique, il y aura 82 % qui seront en rade. C’est la réforme du système économique, le redémarrage, la reconversion de notre secteur privé qui est le fondement, mais pas comme ça se fait aujourd’hui…Nous dirons à notre secteur privé, ce que nous voulons. Je vous donne un exemple, je donne ça souvent, je suis un électricien…

Vous parlez beaucoup d’accompagnement, mais l’une des choses que déplore le plus le secteur privé aujourd’hui dans notre pays tout domaine confondu, c’est l’absence par exemple d’une énergie fiable !

La question de l’énergie électrique est une question récurrente. J’avoue que je suis souvent interpelé, mais vous savez un jour, il paraît que quand on mettait une commission en place pour regarder la question de l’énergie, quelqu’un aurait lâché mon nom.Les gens n’ont pas souhaité qu’on me consulte…je préfère m’en arrêter là. C’est dire que je n’ai pas été associé et les conclusions de cette commission font que nous sommes là où nous sommes aujourd’hui. Le problème de l’énergie électrique, demande que le Bénin, si j’étais élu, je prendrais un leadership. Je vous donne quelques exemples terre à terre et on pourrait s’en convaincre. C’est une erreur quand certains disent qu’il faut être indépendant. L’électricité, c’est une marchandise comme toute autre et cela se vend. Il faut donc l’acheter. Par conséquent, le problème des pays africains en général et du Bénin en particulier, et surtout de l’Afrique de l’Ouest, regardez les transformateurs, c’est l’une des plus vielles technologies en matière d’électrotechnique, votre salle-là est suffisante large pour mettre en place  une unité de fabrication de transformateur, par exemple. Le Maroc a près de trois unités de fabrication de transformateurs. Mais nos transformateurs viennent de Belfort et l’Afrique de l’Ouest, le Nigéria compris, on n’est pas capable de disposer d’une seule unité de montage de transformateur.  Cela permettra déjà de casser énormément les prix. C’est pareil pour l’hydroélectricité, on a plusieurs endroits au Bénin où on peut mettre des barrages.

Vous allez donc vous y atteler si vous êtes élu ?

Moi, je crois que tel que ça se passe, il y a un peu comme si…Je veux d’abord rappeler qu’on peut avoir des solutions autonomes, mais il y a des solutions de mutualisation. C’est-à-dire, quand vous construisez un système électrique, vous allez chercher les sources les plus économiques à moment T donné. Vous les mettez en œuvre, vous mettez les lignes de transport et vous les transportez. Or, malheureusement, en Afrique de l’ouest en particulier, tel que ça se passe, on est au bricolage. Le problème de l’énergie électrique, si, on ne le règle pas de façon concertée, de façon éclairée…et le régler ce n’est pas impossible. Au plan international, il y a des financements. Nous n’avons pas la bonne réflexion sur le sujet. Nous n’avons pas la bonne prise de conscience. Nous n’avons pas associé nos ressources aussibien à l’interne qu’au sein de la diaspora. Les Vietnamiens par exemple, quand ils ont voulu régler le problème de l’électrification de leur pays, ils ont utilisé toutes les ressources humaines dont dispose le pays à travers le monde entier, parce qu’ils estiment que pour une nation, c’est une question majeure. Rendez-vous qu’on recense toutes les ressources humaines que nous avons à l’intérieur de l’Afrique de l’Ouest à travers le monde, que ceux-là nous suggèrent d’autres potentialités, on aura du point de vue de la pensée, la manière la plus économique, la plus porteuse, parce que quand vous réglez ces genres de questions, vous les réglez au moins pour 50 ans. Et à partir de là, quand vous-vous lancez, il vous y allez beaucoup plus loin. Or, ce qui se passe aujourd’hui, on bricole d’années en années. J’ai fait une publication et le Pnud m’avait invité entre temps, puisque les gens l’ont lue aux Nations unies, tout ce qui a été préconisé, rien n’a suivi. Donc, quand je serai élu, je  mettrai tout en pratique tout ce qui y est.

Mais il faudra également bien noter que tout ce que vous avez dit là, fait appel à des expertises plus ou moins extérieures. Mais vous mettez également l’accent quand on lit votre projet de société sur l’éducation et l’éducation liée aux technologies !

Le problème de l’éducation… Ne posez plus les problèmes, proposez des solutions Si vous considérez l’état de notre système éducatif, vous comprenez que cela ne sert qu’à fabriquer des chômeurs. Nous ne pouvons plus continuer avec ce système. Mais je vous préviens, quand vous commencez une réforme, ce n’est pas en 5 ans que vous avez les retombées. Et c’est pour cela que la priorité des priorités c’est de réformer d’abord le système économique, de mettre tout l’accent qu’il faut pour réformer même le secteur privé. Et c’est quand tous ceux-là démarrent, que la réforme elle-même au niveau de l’éducation s’accélère et la réorientation devient incontournable et se met dans une certaine pérennité parce que, il y a une adéquation qui donc, qui graduellement se remettra en place entre la réforme du système économique et la réforme de l’éducation. Mais, si on réforme l’éducation, qu’on laisse l’économie en place, c’est normal qu’il y ait des critiques. C’est totalement normal et moi je l’ai dit, que ceux qui critiquent ont raison. Mais le fait, ils ne vont pas au fond des problèmes, on ne peut pas déconnecter l’éducation de l’économie.

Que proposez-vous ?

Ce que je propose, c’est qu’on fasse de l’économie, la priorité des priorités et on la lance sur deux ans. En ce moment, on affine toute la réforme, et on l’enclenche aussi et ça doit aller de pair.Donc ça va se suivre. Et au fur et à  mesure que l’économie va évoluer, c’est lui d’ailleurs qui dira, j’ai des problèmes parce que cette éducation me pose des problèmes. Cette réforme qu’on a démarré, il faut l’accélérer dans tel secteur, et graduellement, on va remettra le système en place. Pour faire un cycle complet de réforme sur l’éducation, il faut au moins 15 ans; mais on mettra les priorités sur les priorités. Même ceux qui travaillent aujourd’hui ont besoin d’être recyclés. Donc, il faudra des structures particulières pour régler les urgences d’abord de l’économie et le reste va suivre.Notamment, la culture, les arts, les plaisirs, les sols. Et justement par rapport à la culture, pour le technicien que je suis, les Africains s’efforcent pour adapter leur culture à la technologie. Or, dans les pays développés, c’est la technologie qui s’adapte à la culture. Parce que nous avons des complexes vis-à-vis de la technologie et beaucoup devaient avoir constaté que j’ai milité, certains disent même dans le parti communiste. Je n’ai jamais été communiste, je suis un fervent de la connaissance technologique et je me suis rendu compte parce que mon enfance, je l’ai fait dans une forge. Le jour où je suis allé voir dans une usine comment on fabrique une voiture, comment on fait les moules, comment on fait la frondaison,  je me suis rendu compte que c’est la même chose à la forge que dans les usines. Finalement, je me suis donc dit que c’est ceux qui nous dirigent qui sont mauvais et je me suis englué dans des choses.

Je vais vous demander, une nouvelle fois, de remontrer aux téléspectateurs votre logo pour qu’ils puissent l’identifier !

Source : Ortb

Transcription: Matin Libre


Matin Libre

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