Joël Atai Guèdègbé, politologue : « C’est bien maladroit qu’un pardon se quémande sur...

Joël Atai Guèdègbé, politologue : « C’est bien maladroit qu’un pardon se quémande sur la place publique »

2
PARTAGER

« On doutait qu’une telle rencontre aurait lieu tôt ou tard. Si elle n’avait pas eu lieu secrètement avant l’investiture, ils ont donc choisi de rendre public ce conciliabule. C’est à leur honneur. On peut s’interroger sur l’opportunité d’organiser une telle rencontre, deux semaines après l’investiture du président Talon, surtout après les comportements répréhensibles du président sortant Yayi Boni dans la partie septentrionale du pays. Faut-il se fier à ce que les uns et les autres ont dit ?

Malgré sa demande de paix, nous observons une réprobation de l’opinion publique au regard de la manière dont les choses ont été présentées. Quand le président Yayi Boni prétend être allé donner un coup de main au président Talon pour la réussite de son mandat au plan économique, on se demande le bien-fondé d’une telle motivation. A l’inverse, quand le président Talon dit avoir fait le serment de bien se comporter comme président de la République, on se demande à quoi sert le serment qu’il a prêté, le 6 avril devant la nation béninoise, devant les institutions républicaines à telle enseigne que fondamentalement, cette rencontre est nulle et non avenue au regard de ce qu’est la constitution de notre pays, de notre farouche volonté d’indépendance au Bénin.

D’aucuns interprètent cette rencontre comme une réponse à un pardon quémandé par Yayi ?

C’est bien maladroit qu’un pardon se quémande sur la place publique de la sorte. Si le président Boni Yayi a envie de s’amender, c’est au peuple béninois qu’il doit s’adresser. Il doit trouver la forme de s’excuser pour les outrances dont il a été auteur pendant la campagne électorale au-delà de toute convenance. Ne pas transporter le débat sur la scène internationale et obliger le président Patrice Talon à quelque compromission que ce soit. Le président Talon est de toute évidence prévenu par la réprobation de l’opinion publique. Il n’est pas interdit qu’on se rencontre, qu’on discute autour des compromis et qu’on échange, qu’on apprenne de l’expérience de son prédécesseur. Mais, si c’est pour une amnistie, l’histoire politique de notre pays a définitivement démontré qu’il ne pourrait en être question et au plan juridique, il ne peut être question d’amnistie que si on a fait l’objet d’une condamnation juridique. Et l’amnistie est une loi qui se prend au Parlement. Il est prématuré pour le président Yayi Boni d’aller demander une amnistie sur la place internationale. Je n’ose pas le croire. Je déplore la forme que nos deux chefs d’Etat ont donnée de leurs divergences. Même si c’est une réconciliation, elle pourrait se faire sur le territoire béninois. »


 

Actu Bénin

Commentaires

commentaires

Commentaires

commentaires

2 COMMENTAIRES

LAISSER UN COMMENTAIRE