Issa Badarou sur « Moi Président » : « Je veux faire...

Issa Badarou sur « Moi Président » : « Je veux faire du Bénin, un pays grand, fort et puissant »

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L’on ne peut prétendre gouverner les Béninois sans leur dire comment. Selon quelle vision, avec quels instruments, suivant quelles méthodes et quelles techniques cette gouvernance est-elle possible? Entre tous les  moyens qui s’offrent aux candidats de la Présidentielle de 2016 pour exposer et défendre leur projet de société, la Haute autorité de l’audiovisuel et de la communication a choisi l’Entretien. La durée, 52 minutes.

Mr Issa Badarou Soule, ce soir, nous vous entendrons en trois grands domaines stratégiques. La politique d’abord, ensuite l’économie et enfin les questions sociales qui englobent beaucoup d’autres questions sur lesquelles nous reviendrons.
Matin Libre vous propose l’intégralité de l’entretien

Présentation du candidat

Né le 24 décembre 1953 à Cotonou, Issa Badarou Soule est marié et père de trois enfants. Il a fait ses études primaires à l’école urbaine centre de Cotonou. Après son succès au Certificat d’études primaires élémentaires (Cepe), il est admis au Lycée Béhanzin de Porto-Novo d’où il sort nanti d’un Baccalauréat série C. Issa Badarou Soule s’inscrit à l’Université de Dahomey à la fois à la Faculté de mathématiques-physiques et à la Faculté de physique-chimie où il obtint ses diplômes universitaires. Il passe ensuite le concours d’entrée au Centre européen de formation des statisticiens-économistes des pays en voie de développement (Ceds, Paris) et de l’Ecole nationale de la statistique et de l’administration économique (Ensae) en France. Il en sort avec le diplôme d’Ingénieur staticien-économiste en juin 1981. Issa Badarou Soule a poursuivi ses études universitaires pour l’obtention d’un doctorat en économétrie. Entré au Port autonome de Cotonou en 1981, Issa Badarou Souleest Directeur commercial en 1988 puis Directeur général d’octobre 1991 à mai 1997. En 2006, Issa Badarou Soule occupe le poste de Conseiller technique à l’équipement et aux transports sous Boni Yayi avant d’être sollicité pour assurer la charge du tout nouveau Ministère de l’économie maritime et des infrastructures portuaires. Issa Badarou Soule, candidat à la présidentielle promet un Bénin grand, puissant et fort.

M. ISSA Badarou Soule, est-ce que au regard de la présentation qui vient d’être faite de vous, est-ce que vous avez de compléments à faire?

Naturellement j’en suis réjoui et merci pour la présentation qui a été faite. Je voudrais dire que quand je suis revenu de la France après mes études, c’est vrai j’ai travaillé au Port autonome de Cotonou où j’ai gravi tous les échelons pour devenir Directeur général pendant 7 ans. C’est un record qui a été battu et avant cela j’ai enseigné à l’Université nationale du Bénin pendant une quinzaine d’années. J’ai enseigné les recherches opérationnelles, la statistique, la macroéconomie et la microéconomie. Mais entre autres, j’ai été aussi Président du conseil d’administration de la Sobemap pendant 4ans, j’ai été vice-président de la Chambre de commerce et d’industrie du Bénin pendant 4 ans, j’ai été administrateur d’Ecobank Bénin pendant 4ans. J’ai été aussi Président du Conseil d’administration du Mca-Bénin pendant 3 ans. Donc pour compléter un peu mes références voilà ce que je vous dirai. Je suis aussi promoteur d’une radio, la radio Wèkè puis j’ai été le premier président des patrons de presse dans ce pays.

Quelle est votre vision globale du Bénin pour que vous ayez décidé de vous porter à la candidature à la magistrature suprême de notre pays?

D’abord, je dirai la vision, ça vient. Ça vient après un certain nombre de constats. Il faut dire que ce peuple est en train de souffrir. Et ce que je sais aussi est que quand un peuple souffre et que l’heure de Dieu sonne pour sauver ce peuple, il désigne l’un d’entre eux, il lui donne la vision et lui demande de conduire les autres par ce chemin. La vision, concrètement c’est quoi? D’abord c’est quelque chose qui doit être d’origine disons un peu de Dieu, je dirai. Je suis un grand croyant. On est croyant, ça veut dire que toutes les religions peuvent se côtoyer. Quand je parle de croyance, je fais la différence entre la croyance et la religion. Parce que pour moi la religion, c’est quoi? C’est juste les voies et moyens pour atteindre Dieu, Dieu de sa religion. Par contre la croyance, c’est l’acceptation de l’existence de Dieu, être suprême, équilibre parfait. Il a créé la terre et sur terre il a mis tout ce qu’il faut pour que l’homme qu’il enverra par la suite se sente à l’aise. Alors c’est pour ça que je dis à priori, l’homme ne devrait pas se sentir malheureux sur cette terre. La vision, c’est faire en sorte que tout le monde puisse connaître un bien-être. Et c’est ça le développement d’une manière générale. Le développement c’est quoi, c’est l’homme qui est au cœur de tout. Si l’homme où qu’il se trouve connaît un bien-être, il dira alors que la localité est développée. Raison pour laquelle ma vision est très simple, je dis je veux le développement de ce pays et il faudrait que ce soit un développement point par point parce que nous avons plusieurs localités au niveau de ce pays. Si Cotonou est développé et que par exemple Ouidah n’était pas développé, alors le Bénin n’est pas développé. Puisque ceux qui sont à Ouidah, c’est des Béninois, on les reconnaît que c’est des Béninois. Alors, ce qu’il faudrait pour que Ouidah soit développé se trouve dans Ouidah et non dans Cotonou de manière générale. Je prône cette idée de développement point par point. En tant que mathématicien, lorsque je dis point par point, c’est développement localité par localité. Ça veut dire que toutes les localités du Bénin doivent être développées pour que nous puissions dire que le Bénin est développé.

Pour revenir à votre développement, vous venez de dire tout à l’heure que ce peuple souffre. De quelle souffrance parlez-vous?

De tout. C’est pour ça quand on me parle de priorités, je dis tout est prioritaire. Vous êtes dans le pays, vous constatez un tout petit peu ce qui se passe que ce soit au niveau moral, au niveau économique, au niveau financier, que ce soit en tout. Alors nous avons beaucoup de choses à faire, c’est la raison pour laquelle je vous dis cette vision doit être d’abord globale. On a fait un constat, ce peuple est en train de souffrir de beaucoup de choses. Et tout est prioritaire. Quand on veut égayer ce peuple-là, il faudrait alors passer au peigne fin tout ce qu’il y a. Raison pour laquelle, pendant tout ce temps, je vous dis, on s’improvise pas candidat. Nous avons passé un bon moment pour étudier ce pays, aller de village en village, connaître les problèmes de ce peuple-là zone par zone et proposer des solutions. C’est la raison pour laquelle je disais tantôt, le développement que nous voulons c’est un développement localité par localité parce que ce qui est valable pour Cotonou n’est pas forcément valable pour Porto-Novo et autres.

Mais Issa Badarou, nous en sommes au niveau de la vision globale. Vous le saviez vous-même en tant que personnalité de ce pays qu’il y a eu un document tout à fait stratégique élaboré depuis des années, AlafiaBénin 2025. Est-ce que votre vision globale du Bénin se démarque absolument de ce document stratégique globale qu’est Alafia Bénin 2025 ou il est un complément ou il est une sorte de sommation de tout ce qu’il y a dans Alafia Bénin 2025.

C’est une base qui a été traitée à un moment donné. Il faudra au fur et à mesure qu’on avance, actualiser les choses. Et là, ça ne peut pas se démarquer de cette vision Alafia 2025 parce que c’est là, la base. A partir de là, il faudrait tous les ans voir un peu ce qui se passe et corriger le tir, améliorer, prendre en compte les nouvelles dispositions que nous devons pouvoir prendrepour améliorer le quotidien du Béninois.

Issa Badarou, puisque vous parlez d’améliorer le quotidien des Béninois, faire en sorte que les choses marchent, alors de quels moyens disposez-vous ?

Nous disposons de beaucoup de moyens et c’est la raison pour laquelle je vous disais tantôt que le développement pour nous est un développement qui doit se faire localité par localité. Je prends un exemple très simple : nous avons beaucoup de ressources ici au Bénin. Les ressources du sous-sol déjà que nous n’exploitons pas. Généralement, c’est qu’il y a beaucoup de méconnaissance dans ces genres de choses. Je donne un exemple, le ciment que nous produisons ici à Cotonou. Pendant longtemps, on a construit des usines de ciment à Cotonou et vous constatez le ciment coûte aujourd’hui à peu près 80 000FCfa la tonne. Je suis allé en Chine qui est à 14 000 Km du Bénin, acheter du ciment là-bas à Gangzhou, je l’ai amené ici à Cotonou. J’ai payé le transport maritime, la douane, les frais portuaires, ce ciment me revient à 63 280FCfa.

Quelle est la qualité de ce ciment?

Le ciment de là-bas est encore plus mieux que ce que nous avons ici.

Issa Badarou Soule, je ne vous marche pas sur la langue, cela voudra dire quoi? Vous allez promouvoir quand vous serez Président de la République si les béninois en décidaient ainsi les produits extérieurs par rapport aux produits made in Bénin…

C’est tout à fait le contraire, laissez-moi développer. Je dis, nous avons des ressources ici que nous n’exploitons pas. Nous avons construit des usines de ciment ici à Cotonou et qu’est-ce que nous faisons, nous importons le clinker d’Espagne pour pouvoir faire le ciment. Vous savez pour pouvoir faire le ciment, il faut au moins 95% de clinker et 5% au plus de Gips. Or, le clinker que nous allons acheter en Espagne, savez-vous que ce même clinker existe là à Koudo à côté de Lokossa au niveau du Mono. Il existe à Ahlan au niveau du Zou à côté de Covè, il existe à Adja-Ouèrè. Au lieu de construire les usines de ciment à Cotonou là où Dieu n’a pas mis ce sable là qu’on appelle clinker, on aurait construit çà directement sur les gisements de clinker que Dieu nous a donnés. Ainsi, nous pourrions profiter des 95% de ce ciment. Vous voyez un tout petit peu ce que ça va faire et c’est ce qui a été fait en Chine et dans beaucoup d’autres pays pour que ce ciment revient nettement moins cher.

Qu’est-ce que vous allez faire?

Nous avons même pris des dispositions parce que quand je finirai par développer les choses, je vous dirai qu’on a pris des dispositions, on a pris des contacts avec des investisseurs naturellement qui viendront nous aider à exploiter ce que nous avons comme ressources.

Les investisseurs, ce sont des chinois, des américains? Quelle est leur nationalité?

Je vais vous dire une chose. Première chose, ce qui m’intéresse, je voudrais lorsque j’arriverai là, créer beaucoup de riches au Bénin, beaucoup de riches béninois parce que là, quand vous créez beaucoup de riches ici, ils investissent encore dans le pays. Alors que si c’était des étrangers d’une manière générale, vous savez comment ça se passe. Nous allons commencer d’abord par les nationaux. Nous ferons beaucoup de riches qui créeront encore beaucoup d’emplois ici au niveau du Bénin au lieu d’aller faire ça à l’extérieur. Dans tous les cas, je reviendrai dans les détails après. Parce que nous avons essayé de recenser tous les projets dans toutes les localités que nous voulons mettre au point ici et à partir de là, nous avons fait les études de faisabilité. J’ai fait les études de faisabilité de tous ces projets de manière générale parce que gouverner c’est prévoir. Et nous sommes déjà en train de prendre contact avec des investisseurs qui pourront alors exploiter ces choses-là ici.

Issa Badarou Soule, vous avez bien fait puisque c’est votre domaine de prédilection. Parlons de l’économie, vous voulez faire des riches béninois ce sera sur la base de quoi? De l’informel qui existe et qui est très dominant dans l’économie béninoise ou vous allez créer par la corruption, le népotisme et par tout ce que l’on sait dans l’administration publique, vous allez créer les riches sur cette base. Qu’allez-vous faire très clairement?

Vous savez j’ai été Directeur général du Port autonome de Cotonou. Celui qui a le plus combattu la corruption c’est moi. J’ai mis au point un système d’informatisation des opérations portuaires et ça a fait que, dès que j’ai mis au point l’informatisation, les recettes ont été triplées. C’est ça qui m’a permis de doubler les salaires au niveau du Port autonome de Cotonou dans le temps. Sachez que le système existe encore que nous l’avons mis au point pour le Bénin. Donc, ce ne sera pas sur la base de la corruption. Nous devons combattre cette corruption-là, car tout le monde le dit mais au niveau de la pratique qu’est ce qui se fait concrètement?Moi je vous développerai cela parce que j’ai mis au point un logiciel. Je voudrais qu’il y ait moins de contact direct avec les gens. Avec la machine, je crois qu’il y aurait pas cette situation de corruption. Nous allons régler la question de la corruption. Donc, ce n’est pas sur cette base. L’informel ne mène nulle part mais nous devons adapter les bonnes pratiques à ce que nous, nous avons ici au Bénin. Donc, nous allons faire en sorte, parce que les textes existent mais les textes n’ont pas toujours été adaptés à nos réalités. Nous ferons en sorte que tous ceux qui sont dans l’informel se sentent à l’aise en déclarant ce qu’ils sont en train de faire comme affaires. Je donne un exemple, vous allez à la fin de l’année, vous avez des inspecteurs des impôts qui vont au marché de Dantokpa pour leur dire vous devez payer telle somme, tel montant d’impôts. La bonne femme est surprise. Elle sort de sa poche par exemple, 100F. Combien vont vraiment dans les caisses de l’Etat. Si on informatisait les choses, je vous assure tout, cette bonne femme, elle paierait moins et l’Etat aurait plus. Je ne veux pas aller dans les détails mais nous avions pris des dispositions par rapport à ça parce que nous avons vu ce qui se passait dans le port. J’avais eu à dire qu’il y avait des navires qui rentraient et qui sortaient comme des aiguilles. Vous imaginez la taille d’un navire qui rentre et qui sort. Dès qu’on a tout informatisé, aucun navire ne pouvait rentrer et sortir sans payer.

De  façon concrète, les Béninois qui vivent aux frontières de notre pays et qui ont des activités économiques qui sont telles qu’elles ne se déroulent qu’à la marge de l’Etat. Comment vous pouvez mettre en place un système informatique pour couvrir l’ensemble du pays?

Vous dites beaucoup de choses à la fois, si on a un village où il n’ya pas le drapeau du Bénin qui flotte, il faut le mettre. Nous allons faire la politique des frontières. L’informatisation se passe dans des domaines précis. Quand vous parlez des frontières, vous allez au niveau de nos frontières, vous voyez des «Klébé» qu’on a alignés. Il y a une insécurité, il faut sécuriser ces frontières. Je prends l’exemple du Nigéria, la frontière Kraké, qu’est-ce que j’avais préconisé dans le temps?Pour sécuriser les frontières, moi je suis un gestionnaire, il faut de l’argent. Je mets de l’argent dans une opération il faut que ça me rapporte quelque chose en retour. Et je me suis dit qu’est-ce qu’il faudrait faire. Je mets une entreprise qui sécurise d’elle-même toute cette frontière et qui me rapporte beaucoup. C’est un aéroport que je ferai là. Exactement comme l’aéroport de Genève en Suisse qui se trouve à la frontière entre la France et la Suisse. Vous mettez ça au point, du fait de l’existence de cet aéroport vous sécurisez totalement cette frontière. Et là, toutes les opérations que vous faites à ce niveau sont sécurisées. Mais j’irai loin parce que je suis portuaire, je construirai des magasins sous douane à ce niveau et je vais servir correctement le Nigéria, le géant Nigéria à partir de là. Mais, j’utiliserai mon Port parce que les marchandises passeront par mon port, ça fait que ce que j’aurai à faire passer par mon port si c’était pour 10 millions d’habitants, je le ferai pour 200 millions d’habitants.

Aujourd’hui, pour construire un aéroport, ce n’est pas une question de millions. Où comptez-vous trouver les moyens?

C’est une question de centaine de milliards. Les opérateurs économiques sont là. Nous avons parlé de partenariat public privé, est-ce qu’on l’applique rigoureusement? Le public, c’est quoi?c’est l’Etat, c’est l’administration. Le privé c’est les opérateurs économiques. Si nous parlons de partenariat public privé, cela veut dire à priori que chacun doit jouer son rôle. Quel est le rôle de l’Etat dans tout cela, quel est le rôle du privé? Le rôle du privé, c’est l’investisseur, c’est lui qui a l’argent met l’argent. Encore faut-il que son argent soit sécurisé et c’est le rôle de l’administration. Le public est là pour sécuriser les investissements   du privé. En sécurisant les investissements du privé, le privé s’installe bien, il crée les emplois. Çà règle déjà une bonne partie des problèmes de l’Etat. Et l’Etat l’aide à faire de très bonnes affaires, il paie les impôts sur les bénéfices et c’est ça qui enrichit l’Etat d’une manière générale.

Aujourd’hui notre taux de croissance oscille autour de 5%, quelle promesse faites-vous aux Béninois? A quelle hauteur pensez-vous pousser ce taux de croissance?

On a l’habitude de dire qu’on fera en sorte que ce soit un taux de croissance à deux chiffres mais je vais vous dire la vérité. Nous avons un taux de croissance de 5% aujourd’hui, comment vivent les Béninois ? C’est  ça qui est le plus important. D’accord, les chiffres c’est une chose mais le panier de la ménagère c’est encore autre chose. Au niveau théorique nous vous dirons nous ferons en sorte que cela atteigne les deux chiffres d’accord mais au-delà de ça nous voulons le bien-être de tous les Béninois. Et pour e faire, nous avons dit qu’il y a des ressources au niveau de chaque localité et ce sont ces ressources qu’il faut développer et exploiter pour le bien-être de ces localités.

Depuis 1960, vous, les acteurs politiques, vous ne cessez de chanter que le Nigeria est une poule aux œufs d’or pour les Béninois. Comment allez-vous nous faire profiter de la position du Nigéria?

La politique c’est quoi?c’est nous tous hein. C’est l’art de gérer la cité, nous gérons à tous les niveaux cette cité. Ecoutez, regardez un tout petit peu la population nigériane, 180 millions d’habitants. Le Nigéria, c’est la première économie africaine, premier producteur de pétrole. Qu’est-ce qu’ils ont comme raffinerie à ce niveau-là ? Ils sont obligés d’envoyer une bonne partie de leur pétrole au Ghana pour la raffinerie et le reste en Europe. Nous, nous sommes dans une zone sécurisée. Pourquoi ne pas construire une raffinerie ici pour les mettre à l’aise et on fera çà avec leur contribution. Je vous dirais quand je parlais des magasins sous douane au niveau des frontières c’était pour faire en sorte qu’ils soient amenés à importer la grande partie de leurs marchandises par le Port de Cotonou. C’est clair parce que ce sera dans les magasins sous douane ils n’auront pas de douane à payer, il faudra enlever directement leurs marchandises à partir de ces magasins. Ce qui fait qu’au niveau du Port de Cotonou, la capacité sera alors vite atteint. Entre temps, on aurait créé pas mal d’emplois parce que ça tourne pour 10 millions, on va faire tourner pour 200 millions d’habitants. Ça ne suffira pas, il va falloir construire le second port. On avait prévu un emplacement au niveau de Sèmè justement c’est pour desservir le Nigeria. Et ce second port sera non seulement commercial mais sera en plus, un port pétrolier pour que nous puissions exploiter cette opportunité-là et à partir de là, nous construirons, une raffinerie. Au lieu que les Nigérians emmènent le brut au Ghana et ailleurs, payer encore les cargos, ils pourraient mettre çà directement au niveau de la raffinerie qui serait ici. L’avantage qu’il y a est que non seulement, nous créons beaucoup d’emplois ici mais ça renfloue notre économie. Troisième chose, c’est que quand vous raffinez le pétrole, le déchet c’est quoi?c’estça le bitume. Ça nous permet déjà de profiter de ce bitume pour faire encore nos routes. Donc nous avons beaucoup d’avantages à ce niveau-là. Nous avons des cours d’eau et nous sommes amenés aujourd’hui à aller acheter du poisson au Burkina Faso, un pays du Sahel. Alors ça nous fait réfléchir. C’est pour cela nous avions mis au point de collecter au niveau de nos localités, tous les projets, nous les avons mis ensemble pour faire les études de faisabilité. Ça veut dire que nous allons mettre au travail toutes les localités afin que chacun puisse rester dans sa localité et obtenir ce dont il a besoin au lieu de venir rester à Cotonou et dormir dans les marécages.

Est-ce qu’en chiffres, vous pourrez nous donner combien d’emplois ? vous pourrez créer chaque année ou le long de votre quinquennat ?

Tout ce que je peux vous dire, ce n’est pas vous donner des chiffres. Ce que je sais est qu’avant la fin du quinquennat, nous n’aurons plus de chômeurs dans ce pays.Parce qu’on va créer suffisamment d’emplois et j’ai fait trois tomes pour mon projet de société. D’abord, il y a ce que tout le monde dénomme comme projet de société, il y a ensuite mes engagements, et enfin, les projets économiques et les infrastructures à réaliser. Et nous avons déjà fait les études de faisabilité par rapport à ces projets économiques. J’ai fait sortir l’argent de ma poche et je vous ai dit tantôt que gouverner c’est prévoir. Et c’est ce qui me permet de dire qu’avant la fin du quinquennat, nous n’aurons plus de chômage dans ce pays.

Quel va être, si vous prenez le pouvoir, la première réforme politique que vous allez engager au Bénin?

Il faudrait un grand rassemblement autour du Bénin. Vous savez c’est l’avenir qui importe pour moi. Je ne voudrais pas perdre mon temps sur ce qui s’était passé mais il faut faire en sorte que la suite se passe bien. Alors, nous nous asseyons à une conférence pour passer au peigne fin, la situation du Bénin. J’ai déjà une idée très nette. Que nous aurons à discuter avec tout le monde. A partir de là, les propositions que j’ai fait et que le peuple aurait acceptées, nous les passerons au peigne fin et je vais faire partager cela à tout le monde. Lorsque j’ai fait mon projet de société, pour le faire, j’ai sillonné tout le Bénin. D’abord j’ai pris contact avec les catégories socio-professionnelles, discuté de la faisabilité d’un certain nombre de choses. Ensuite, je suis allé au niveau des populations pour recueillir leurs avis. Et j’ai pu, à partir de là, obtenir ce qu’il faut et c’est pour ça je dis ce projet ce n’est pas mon projet, c’est notre projet.

Dans ce projet, vous avez aussi parlé de l’amendement de la constitution. Dites-nous quels sont les points clés que vous pensez toucher dans cette constitution?

Une constitution, j’entends toujours dire il faut amender, il ne faut pas amender. Le monde est en perpétuel changement, on évolue. Même dans les pays dits développés, on a amendé plusieurs fois sans faire du bruit. L’essentiel, c’est de ne pas personnaliser les choses, c’est de voir l’intérêt du pays de manière générale. Il ya beaucoup de choses qu’on n’avait pas perçues lorsqu’on l’a conçu. Nul n’est parfait. Mais au fur et à mesure, on a parlé de la Cour des comptes etc. J’estime même que ça ne devrait pas faire du bruit à priori. Si ce n’est pas intéressé, si on ne se met pas en tête qu’on veut le faire pour soi, alors on doit s’asseoir et trouver des solutions. Ça peut être forum, ça peut être conférence nationale, dans tous les cas, ça va regrouper tous les acteurs politiques, ça regrouper cet échantillonnage qui est concerné par le pays d’une manière générale. On le fera non seulement en français mais aussi dans nos langues. Parce qu’il  ya des points qui sont fondamentaux à ce niveau-là. On a déjà parlé de la Cour des comptes et cela va de soi. Il faudrait une Cour pour vérifier ce que le gouvernement fait.Et ça s’amende et là on n’avait même pas besoin de faire du bruit. Moi je dis j’aurais été là que je l’aurais réglé d’une manière très très simple. Si je suis le Président et que moi-même je demande à mettre sur pied une Cour des comptes pour contrôler ce que je fais, personne ne trouverait d’inconvénient à cela. L’essentiel c’est de ne pas profiter pour glisser des peaux de bananes comme on le dit. La limitation d’âge ne pose aucun problème sauf si le peuple béninois en décide autrement. Maintenant, la question du quinquennat. Cette question se pose pourquoi. Parce que les préparations au niveau des élections ont toujours posé quelques problèmes. Nous disposons de cinq ans pour réaliser beaucoup de choses. Vous me direz qu’aux Etats Unis, ils font quatre ans; certes, mais il faudrait que nous apprenions à nous dire si nous n’avions pas à revenir une seconde fois, nous ferons en sorte que le mandat se passe très bien et qu’on laisse les autres faire parce que le Bénin appartient à tout le monde. Si entre temps, quelqu’un devrait arriver et qu’il n’avait pas une idée claire de tous les projets à faire, il les a recensés tout simplement, il vient faire les études faisabilité, ça lui prendra déjà deux ans. Après, la recherche de financement, ça lui prendra deux ans. Ça fait déjà quatre ans, il ne lui reste qu’une année. Si entre temps, il y a des élections, l’année qui suivait alors il ne réaliserait rien. Alors, nous nous sommes dits si tel est le cas, permettons alors qu’il puisse disposer de deux ou trois ans pour réaliser correctement tout ce qu’il aurait envisagé. C’était tout. Comme ça là, il n’aurait plus à revenir une seconde fois. C’est pas pour faire 7 ans deux fois mais c’est pour le faire une et une seule fois.

A quel moment de votre mandat, vous comptez mettre en branle tout ce que vous avez prévu au niveau de cette constitution?

Par rapport à la constitution, c’est immédiat. Ça fait déjà des années qu’on parle de la révision de la  Constitution mais dès que quelqu’un arrive là, il laisse et c’est vers la fin et c’est pour ça que l’on pense que c’est opportuniste. Immédiatement, il faut poser le problème puisque ça trop duré, ça fait longtemps qu’on en parle. Mais quand on attend le dernier moment pour le faire, alors il ya beaucoup de suspicions. Alors, dès le départ, il faut tout mettre sur table et prendre les dispositions qui s’imposent.

Vous dites, dans votre projet de société que vous allez supprimer des institutions budgétivores mais en même temps vous dites que vous allez promouvoir le Haut conseil de la médiature qui va comporter tous les anciens présidents de la République et d’institutions. Pourquoi voulez-vous supprimer des structures budgétivores et en créer une autre qui paraît aussi budgétivore?

C’est pas budgétivore, le rôle que cette institution va jouer, nous constatons ça aujourd’hui. Quand c’est informel, vous pourrez faire appel à quelqu’un, il vous dira qu’il n’a pas le temps. Alors que quand c’est une institution chargée de régler ces problèmes qui se posent à des moments donnés, ces problèmes sont fréquents dans ce pays, nous nous asseyons nous discutons. Quand vous supprimez cinq ou six structures budgétivores pour en créer une qui regroupe tout, en quoi vous avez mal fait? Quand je parle d’institutions budgétivores, ne voyez pas que les institutions-là.Même au niveau des Ministères, il ya pléthore de ministères. Regardez les Etats-Unis, il ya combien de secrétaires d’Etat. Douze. Regardez un peu la population, regardez un peu ce que nous nous avons ici là. Il faut réduire à une douzaine de ministères, c’est largement suffisant.

Vous pensez également relire les textes de la décentralisation et retirer les prérogatives dévolues à certaines communes. Pourquoi cela?

C’est pas retirer c’est revoir un tout petit peu les choses. Regardez un tout petit peu nos communes, comment ça se présente. Et l’Etat n’intervient pratiquement pas. Nous disons non. Il faudra alors avant qu’on ne passe totalement la main parce qu’on hésite à passer la main, l’Etat doit pouvoir faire un certain nombre de choses. C’est vrai, il y a plus de sous-préfet, l’Etat est carrément absent à ce niveau. Vous avez juste le maire qui se dit je ne dépends pas de l’Etat à priori  alors je peux faire ce que je veux. Vous savez bien comment ça se passe les questions de lotissement. Il faut que l’Etat ait un droit de regard pour pouvoir régler cette question tout en laissant les mains libres à ceux-là qui ont été élus pour faire le travail.

Que comptez-vous revoir au niveau de ces communes?

Je vais vous donner un exemple. Quand vous prenez le rôle que jouait un sous-préfet, aujourd’hui le préfet le joue d’une manière générale au niveau du département mais le préfet est concentré juste sur le chef-lieu du département. Rare que ces effets aillent de l’autre côté parce qu’il dit que ça revient au maire de faire. Est-ce que le maire aujourd’hui le joue correctement. L’Etat doit pendant un moment accompagner et c’est cet accompagnement technique qu’il faudrait.

Est-ce que vous allez recruter des administrateurs en développement local pour appuyer les communes ou est-ce que vous allez les reprendre ces attributions et aller les loger au niveau du préfet?

D’abord, on va essayer de faire en sorte que les fonctions pléthores qu’il y a au niveau des mairies qu’on puisse revoir çà. Il faut des gens bien formés à ce niveau. Que l’Etat puisse aider les mairies à avoir de vrais administrateurs pour gérer les localités. Quand bien même le maire serait élu, il faudrait des gens bien formés pour faire ce travail. Il incombe à l’Etat central de faire en sorte que toutes les localités soient développées. Pour ce faire, il faut aller à la rescousse de ces mairies en faisant quoi. Au niveau de l’administration, il faudrait pouvoir les aider et non les abandonner à eux-mêmes. Nous avons beaucoup de ressources au niveau de ces mairies et il faut pouvoir les exploiter alors là, est-ce que ces mairies ont la capacité de les exploiter. Je crois que l’Etat central doit pouvoir agir.

Qu’allez-vous faire concrètement de l’administration locale?

Première chose, il faut dépolitiser l’administration. Vous savez un peu comment ça se faire, le clientélisme. Partout où je suis passé, c’était pour faire des réformes. Au niveau du Port autonome de Cotonou, vous le savez très bien quand j’étais là-bas il y avait cessation de paiement. Quand on m’a nommé j’ai redressé la situation.Sans jamais avoir fait de prêts au niveau de la Banque, j’ai doublé les salaires, j’ai fait en sorte que l’exercice tourne, mes exercices étaient excédentaires et j’ai remboursé même les prêts faits par mes prédécesseurs. Il faut dépolitiser l’administration. Il ya un objectif précis, le Chef de l’Etat il est là pour tout le pays. C’est pas pour lui, c’est pour le pays. Quand il se met à recruter, recruter, il crée des problèmes au pays, il partira un jour et l’Etat restera et qu’est-ce qui va s’en suivre. Les postes, c’est pas pour récompenser. Vous mettez à la place qu’il faut, l’homme qu’il faut. Il faut qu’il y ait une compétence à ce niveau parce que vous voulez un résultat.

Dans notre administration publique, on parle également d’une administration pléthorique. Aujourd’hui que comptez-vous faire ?

L’Etat ne crée pas d’emplois. C’est le privé qui en crée. Parce que l’administration aujourd’hui représente 88% des emplois, cela veut dire que l’administration c’est déjà saturé c’est au niveau du privé qu’il faut aller. Nous allons créer les conditions pour qu’il y ait suffisamment d’emplois c’est à dire que les privés vont s’installer correctement. Nous allons faire exploiter nos ressources pour que des gens qui n’ont même pas leur compétence au niveau de l’administration puissent aller là où il faut. Au niveau de l’enseignement, regardez un tout petit peu ce qui se passe. Ceux qui finissent, d’une manière générale, ils sont vacataires. Vous pensez qu’ils ont la vocation ? Ils sont allés là-bas juste parce qu’il leur faut quelque chose tout simplement. Dès nous allons faire créer plusieurs entreprises, je vous assure que la plupart de ceux-là qui n’ont pas la vocation à ce niveau, ils trouveront de job ailleurs pour permettre alors de former les gens qui ont la vocation.

Au regard de ce que vous dites, vous, quand vous serez là, vous n’allez plus recruter durant votre quinquennat des fonctionnaires pour le service public?

Il faut déjà  voir ce qui se passe à l’intérieur, réformer correctement avant de penser au recrutement au niveau de la fonction publique. Par contre, au niveau du privé, nous en créerons énormément parce que nous offrirons les conditions nécessaires pour que les privés s’installent et qu’ils soient en sécurité. Alors beaucoup de gens iront de l’autre côté pour travailler.

Parlant des salaires, est-ce que les fonctionnaires peuvent s’attendre à une amélioration des conditions de vie?

Naturellement. Je vous ai donné l’exemple du Port. Je vous ai dit que quand je suis arrivé là, le Port était en cessation de paiement. D’une manière générale, les gens vous disent le Smig je propose tel montant. Est-ce qu’il ne faudrait pas une autre politique, faire en sorte que l’électricité revienne moins chère, que l’eau revienne moins chère, que les loyers reviennent moins chers et dans ces conditions, vous êtes en train de faire le social à tout le monde. Vous devez aller vers tous les Béninois.

Vous avez dit que pour toutes vos réformes, vous avez déjà fait les études de faisabilité. Est-ce que ces études vous permettent de voir, si ça marche, ce qui est possible pour Smig dans notre pays. Ou vous allez dépasser les 35% que nous recommande l’Uemoa?

Ça, c’est toujours la fonction publique, vous faites une confusion. Quand vous me parlez de 35% et autres. Moi je vous dis que je ferai créer beaucoup d’emplois au niveau du privé. C’est le privé qui va faire développer ce pays, je vous dis. C’est là il faut créer beaucoup d’emplois pour que les gens se sentent à l’aise et à partir de là, ils feront leurs affaires, ils feront des bénéfices, ils paieront des impôts sur le bénéfice. Çà permet de relever le niveau des salaires au niveau de la fonction publique.

On va parler de l’enseignement puisque vous avez évoqué tout à l’heure les vacataires. Les programmes d’études en vigueur, l’approche par compétence. Face aux Béninois, pour ou contre.

Je ne vous dirai pas pour ni contre. Il y a des réformes à faire parce quand il y a un certain nombre de choses, il faut voir d’abord la réalité sur le terrain. Il faut savoir adapter les choses à notre milieu. Est-ce que ça va par rapport à notre milieu? C’est comme ça il faut voir les choses parce qu’il faut un certain nombre de moyens avant de prendre les dispositions. Dans tous les cas, l’objectif est noble certes, mais il faut pouvoir mettre les moyens pour qu’on puisse faire çà. Si on a pas les moyens, il faut savoir adapter les choses à notre milieu.

Aujourd’hui, nos universités sont pléthoriques. Est-ce que vous comptez en créer davantage?

C’est partout que ça se passe. Il ya d’abord une organisation qu’il faut mettre en place. On a créé beaucoup d’universités aujourd’hui mais comment est-ce qu’on met les choses en place pour que ça puisse se passer? Quand vous allez au Nigéria, vous avez beaucoup d’étudiants nigérians qui de plus en plus viennent au Bénin maintenant. C’est comme ça qu’ils vont ailleurs aussi. On devra pouvoir faire en sorte que dans chacune de nos régions, on devrait avoir des universités et que les choses soient bien structurées pour qu’on puisse résorber tout cela. On a besoin des étudiants puisque la formation que ceux-là auront, c’est ça qui permettra le développement de notre pays. De quel Bénin avons-nous besoin ? quand nous disons que nous avons besoin d’un Bénin essentiellement agricole, cela veut dire qu’au niveau de la formation, il faudrait des ingénieurs agricoles, des techniciens mais ce qu’on constate d’une manière générale est qu’il y a souvent d’ingénieurs agronomes que de techniciens agricoles.

C’est le propre des économistes d’être pratiques même si parfois beaucoup d’économistes disent que vous aimez un peu la macroéconomie. Il y en a déjà d’universités au Bénin, est-ce que vous allez en supprimer pour faire de grandes universités ou vous allez les maintenir ou en créer davantage d’autres de spécialisation?

Il y aura des spécialisations par rapport à ce que nous voulons pour notre économie. Ce n’est pas créer mais regrouper plutôt parce que vous avez des entités qui sont réparties aujourd’hui. Nous avons besoin de trois grandes universités pour le pays pour le moment. Mais ça va être évolutif, un au niveau du sud, un au centre et un au Nord pour permettre aux étudiants d’être beaucoup plus proches de leur université. On va tenir compte des spécificités des régions aussi. Mais aussi, il faudrait pouvoir mettre les moyens nécessaires pour que les gens soient bien.

La gratuité de l’inscription à l’université?

La gratuité, quand on le dit comme çà, çà pose d’autres problèmes. On parle de gratuité, les gens paient beaucoup plus. Quand vous parlez de gratuité ça veut dire que les gens n’ont rien à payer c’est clair. Les Béninois paieront ce qu’il faut payer mais par contre pour d’autres, si j’ai besoin de certaines spécialités pour le développement de ce pays, je créerai des conditions même des bourses. Je ne vous apprends rien. Même en tant qu’individu simple, il y a beaucoup d’étudiants que je prends en charge au niveau de l’université.

Vous parlez de la formation d’un certain nombre de personnes qu’on va appeler élitaires. Les médecins en général le sont mais ils sont nombreux à être à l’étranger. Ils sont très bien formés et diplômés mais il manque de spécialistes au Bénin. Qu’allez-vous faire ?

Vous allez en îles de France, il y a plus de médecins béninois là-bas qu’au Bénin. Il suffit tout simplement qu’on leur mette dans de bonnes conditions, ils veulent revenir dans leur pays. Au niveau de mon projet de société, j’ai mis un accent sur la diaspora qui doit contribuer au développement de notre pays. Nous devons faire en sorte que notre pays devienne très puissant à partir de la diaspora. Dans ce cas par exemple, il faut réformer l’hôpital public. Il faut d’abord créer des centres de santé partout. Comment se fait-il qu’on privilégie certains et qu’on abandonne d’autres? Il y a beaucoup de gaspillage. Il y a des appareils qu’on achète et qu’on laisse là pendant des années qu’on installe pas. Pendant ce temps, on fait des évacuations sanitaires. Il faut mettre fin à un certain nombre de choses.

Qu’est ce vous réservez pour l’agriculture?

Le Bénin est un pays essentiellement agricole. Nous spéculons sur beaucoup de choses, nous avons retenu au niveau de nos études huit grands produits que nous voulons faire dans ce pays. Le coton, ça se fait déjà, il y a l’igname, cacao. Dans d’autres régions, sans engrais naturellement le Soja pousse correctement et le Soja est plus prisé dans le monde que le Coton aujourd’hui. Pourquoi est-ce qu’on est en train de privilégier le coton et on laisse le Soja? Nous avons étudié, nous avons créé des zones au niveau de ce pays-là. Quand vous prenez la zone d’Azovè par exemple, j’étais parti là-bas j’ai vu ce qui se passe un tout petit peu avec la tomate. Je dis ça c’est une zone de tomate. On fera une délimitation et on appellera ça zone agricole tomate. Non seulement on va faire pousser des tomates bio là-bas, nous allons mettre les appareils qu’il faut pour transformer, pour conserver et à partir de là ça va être la capitale de la tomate dans la sous-région africaine.

Dites-nous en dix secondes, ce que vous ferez par rapport à la culture?

Un peuple qui a perdu sa culture a tout perdu. Alors la culture pour moi c’est quelque chose de fondamentale. Quand je fais mes tournées, je vais voir des gens, je vois leurs comportements, je dis attention vous êtes en train de tout occidentaliser. En faisant comme ça, nous perdons notre identité. Ce n’est pas une question de milliard. Au niveau culturel, c’est ce qu’il faudrait faire fondamentalement et qu’il y ait un suivi. On a parlé du Fitheb, il faudrait absolument un certain nombre de choses à ce niveau-là. On a perdu beaucoup de valeurs et tout ça là doit pouvoir revenir.

Si les Béninois sont convaincus de votre projet de société, ou est-ce qu’ils vous retrouvent sur le bulletin unique de vote?

Le bulletin unique qui nous a été remis pour le moment, je suppose que c’est pas définitif. Voilà, je me retrouve à ce niveau (présentant le bulletin). Vous avez vu ma photo. Il ya un petit logo, le logo à ce niveau c’est le Bénin avec deux hommes qui se serrent la main. Ça veut dire que c’est en toute amitié que nous allons gérer ce pays et ce pays restera debout. C’est ensemble que nous allons le faire. C’est pour ça je dis je veux faire du Bénin, un pays grand, fort et puissant. Le Bénin doit rayonner au niveau de la sous-région. Qu’il vous souvienne lorsque j’étais au niveau du Port autonome de Cotonou, j’avais dit que je veux faire du Port de Cotonou, le premier des petits ports de la sous-région en attendant qu’il soit grand. Aujourd’hui je veux faire du Bénin, un pays grand, fort et puissant.


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