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Indépendance judiciaire et lutte anticorruption avec Patrice Talon : Me Séidou Abou demande la suppression de la haute Cour de justice

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Investi dans les fonctions de Président de la République avant-hier, mercredi 06 avril 2016 à Porto-Novo, le plus dur commence pour le Président Patrice Talon. Doit- il  s’atteler à la mise en œuvre ders réformes qui  rassurent de l’indépendance des institutions de la République, la lutte contre la corruption, le développement et le maintient du climat de paix et d’unité qui caractérise le Bénin.La crève l’œil du secteur judiciaire  reste son indépendance dans le jeu démocratique et son autonomie financière. Me Séidou Abou,acteur chevronné de la justice béninoise  pose ici le diagnostic de l’indépendance judiciaire et de  la lutte contre la corruption.

Un discours d’engagement et de fermeté dans l’action, c’est le moins qu’on puisse dire du discours programme prononcé par le Président Patrice Talon lors de son investiture hier devant les sages de la Cour Constitutionnelle dans  la ville  capital du Bénin, Porto-Novo. On retient l’engagement total du Chef de l’Etat à  faire du Bénin un Etat de droit où les trois pouvoirs seront  séparés au regard du contenu du nouveau départ tant prôné.  Il s’agira, à en n’en point douter, de  tracer  pour  chaque pouvoir  le couloir  de l’exercice de ses prérogatives. Ce qui a retenu la grande attention  du Greffier en Chef, Seidou reste l’épineux problème de l’indépendance judiciaire et la lutte contre la corruption, ces réformes ne peuvent  véritablement aboutir que par la révision de la Constitution du 11 décembre 1990.

Séidou Abou suscite l’adhésion populaire autour des réformes

Bon vent au  Président  de la République, Patrice Talon qui reste désormais  le choix légitime et souverain du peuple qui s’impose à tous les citoyens béninois. Le peuple s’est inscrit dans la droite ligne des réformes de  la rupture qui  exigent  de tous, allégeance et respect au chantre du nouveau départ. Selon lui, tous les  filles du Bénin doivent venir de leurs doigts, dans l’amour  et dans la fraternité boucher la jarre trouée du roi Guézo. Lionel Zinsou, le challenger du candidat Talon, a très vite compris en reconnaissant sa défaite  pour  le féliciter spontanément, ce qui dénote de la vitalité de notre démocratie   qui est sortie grandie.

Un traitement égalitaire   des  prédateurs de l’économie nationale

Le Greffier en Chef stigmatise les lois scélérates de la constitution qui consacrent  l’immunité parlementaire des députés dont certains auparavant ministres se réfugient au parlement pour échapper au jugement et à la punition pour les détournements opérés des deniers publics. A en croire les ambitions de Me Abou, il faut un traitement égalitaire de tous les prédateurs de l’économie nationale.Il n’en demeure pas moins, que les Présidents et les ministres comparaissent devant  les tribunaux de droit commun comme tout autre citoyen. Il urge selon lui, l’introduction d’une loi  dans la constitution qui impose  la prestation de serment des ministres, leur jugement devant les tribunaux de droit commun et le refus de leur candidature aux élections législatives pour les extirper de l’immunité parlementaire et enfin  supprimer  la Haute Cour de Justice.  

L’indépendance judiciaire doit passer par la création du Fonds Autonome de Fonctionnement des Juridictions

Il dénonce  l’étranglement financière des juridictions et l’immixtion et la parade de l’exécutif dans l’exécution des décisions de justice, ce qui  étouffe leur bon fonctionnement. C’est pour cette raison, qu’il préconise la création d’un Fonds Autonome de Fonctionnement des Juridictions  et la séparation des trois pouvoirs  pour rendre entièrement à la justice béninoise son autonomie. C’est un système qui avilisse notre démocratie chèrement acquise depuis l’historique conférence des forces vives de la nation de février 1990 a-t-il dit. Et ce n’est pas tout. Il faut, sans détour aucun, faire la lutte contre la corruption en milieu judiciaire, la lutte contre l’impunité dans l’administration centrale et celles des collectivités locales, la lutte contre la lourdeur administrative.Selon lui, il faut un délai au Greffier pour la mise en forme normale des dossiers frappés d’appel motivé. Il a aussi convié à un professionnalisme dans la plaidoirie des avocats qui ne doivent  plus verser dans le dilatoire. Il fautfixer le délai de plaidoirie des dossiers  pour les avocats,la révision des sanctions pénales et disciplinaires de radiation et de rétrogradation. Pour  Me Séidou Abou, le succès des réformes du Président Talon doit passer aussi par le recrutement de personnel judiciaire et  un appui matériel conséquent. IL urge aussi de  mettre le personnel judiciaire dans les meilleurs conditions de travail pour l’atteinte des résultats escomptés.  Il faut redonner confiance aux opérateurs économiques, aux investisseurs et les commerçants par la création d’un tribunal de commerce, car  le Bénin reste  en retard dans  la mise en œuvre de cette réforme dans la  sous-région.  Le Greffier en Chef débouche aussi   sur les conditions d’incarcération dans nos prisons. La détention et le traitement des prisonniers briment  les droits élémentaires de la personne humaine. Il en appelle à une prise de conscience générale pour la prise  des  lois d’une meilleure gestion des maisons d’arrêt.  Il pointe du doigt  l’engorgement  de nos  commissariats et des gendarmeries qui méritent  d’être désengorgés en procédant à la vente des véhicules et motos accidentés et abandonnés depuis des années  pour renflouer les caisses du Trésor public. Il n’a pas omis les dossiers qui  sont illégalement gardé qui méritent désormais d’être bien suivis.

Matin Libre

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