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Implication des cliniques et des cabinets médicaux dans la riposte au VIH/Sida : le PNLS tend la main au secteur sanitaire privé

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Le Programme national de lutte contre le VIH/Sida en conquête des ‘’brebis’’ qui ne fréquentent pas les formations sanitaires publiques. C’est ainsi que l’on peut interpréter les pourparlers qu’il a engagés, les 25 et 26 août à Ouidah, avec les cliniques et cabinets médicaux, afin de les impliquer dans la prise en charge gratuite des personnes vivant avec le VIH/Sida.

Une femme enceinte, sur trois, va dans les cliniques ou cabinets médicaux pour le suivi prénatal et l’accouchement et échappe à la prise en charge en matière de prévention ou du traitement du VIH/Sida. De même, seulement une personne, sur deux, atteinte du VIH/Sida, a accès aux traitements parce que ne fréquentant pas les formations sanitaires publiques. Et, d’un point de vue général, le secteur sanitaire privé offre plus de 40% des soins aux populations. Dans ces conditions, a relevé en substance le Dr Lucien Toko, directeur de cabinet du ministre de la Santé, le Bénin ne peut prétendre atteindre, d’ici 2020, les « trois 90 » de l’ONUSIDA, sans une implication des cliniques et cabinets médicaux dans la riposte au VIH/Sida. Une déclaration faite lors de l’ « atelier inaugural d’implication du secteur privé dans les interventions de lutte contre le VIH/Sida » organisé du jeudi 25 au vendredi 26 août à Ouidah, par le Programme national de lutte contre le Sida (PNLS) et conjointement financé par le Fonds mondial et l’ONUSIDA.

Le terrain balisé

Concrètement, en collaboration avec le secteur sanitaire privé, « nous devons retenir des modalités assez simples et souples pour passer à l’échelle dans la prise en charge des enfants, des femmes enceintes et de toutes les personnes vivant avec le VIH/Sida », a suggéré le Dr Ali Imorou Bah Chabi, coordonnateur du PNLS.

Mais avant, il faut répondre à certaines questions, ont martelé les participants à l’atelier, composés de professeurs, des représentants de la plateforme des cliniques et cabinets médicaux, des gestionnaires des sites de prise en charge, des gestionnaires des intrants et des Organisations non gouvernementales. Entre autres préoccupations soulevées, le financement du fonctionnement de l’unité qui sera mise en place au niveau des privés pour l’offre gratuite des soins, la part qui revient à chaque acteur (Etat et ses partenaires, secteur privé, bénéficiaires des soins) dans la prise en charge de la gratuité et la définition de l’obligation de chaque partie.

Des préoccupations dont les pistes de solutions ont été trouvées, d’une part, dans l’exposé des expériences du centre de prise en charge des personnes vivant avec le VIH/Sida implanté au Centre national hospitalier et universitaire Hubert Koutoukou Maga ; et, d’autre part, dans le développement des étapes qui ont conduit à cette « gratuité » à la clinique Louis Pasteur de Porto-Novo. Des travaux de groupe ont davantage clarifié ces acquis et abouti à quelques propositions : l’évaluation exhaustive de la gratuité, la création d’un compte séquestre comme source innovant de financement de la lutte à partir de 2030, la disponibilité et l’engagement du secteur sanitaire privé dans ce combat.

Tout compte fait, a résumé le Dr Lucien Dossou-Gbété, promoteur de la clinique Louis Pasteur et représentant du secteur privé à l’atelier, leur implication dans la prise en charge ne vient que rétablir l’équilibre.

Vadim QUIRIN

Encadré

L’implication du secteur privé dans la riposte, un processus enclenché le jeudi 24 mars 2016

L’atelier inaugural d’implication du secteur privé dans les interventions de lutte contre le VIH/Sida, organisé à Ouidah du jeudi 25 au vendredi 26 août, a été précédé de l’arrêté n°0224/MS/DC/SGM/CTJ/DNSP/PNLS/SA du 24 mars 2016 portant création, composition, attributions et fonctionnement du groupe technique chargé de conduire l’implication des structures sanitaires privées dans l’offre des prestations et offre de services VIH. C’est le Dr Moussa Bachabi, coordonnateur adjoint du Programme national du lutte contre le Sida (PNLS), qui a aidé à l’appropriation de ce texte. Il s’agit d’un arrêté, contenant trois chapitres et huit articles, qui indique que le groupe technique est composé de 19 structures, institutions et associations membres, coiffées par un bureau de trois personnes présidé par le coordonnateur du PNLS ou son représentant. Ce groupe technique a, entre autres, pour mission de « définir les modalités d’inclusion des structures privées dans l’offre de services VIH au Bénin ; de définir les modes de paiement des soins VIH dans le secteur privé libéral ; de définir les critères de sélection des structures à retenir pour l’achat de services biologiques et les modalités de remboursement ; et de faire le suivi de toutes les activités ».

V.Q.

aCotonou

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