Héritage de Yayi Boni : Bio Tchané fait un bilan inquiétant

Héritage de Yayi Boni : Bio Tchané fait un bilan inquiétant

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Le ministre d’Etat chargé du Développement a présenté un point effarant sur la gouvernance de Yayi Boni. Abdoulaye Bio Tchané s’est confié à nos confrères du Monde sans prendre de gants.

C’est désormais le quotidien français « Le Monde» qu’a choisi le gouvernement pour  donner aux Béninois  les graves informations. Après le président Patrice Talon, il y a deux semaines, c’est Abdoulaye Bio Tchané qui a fait le même exercice vendredi dernier. Le ministre d’Etat chargé du Développement a dressé un tableau bien sombre des deux dernières années de gestion de Yayi Boni. Il ne s’est montré du tout complaisant avec le gouvernement défunt à l’entame de l’interview. Pour lui, les finances du Bénin ont été retrouvées dans « un état catastrophique». «Pour 2015, le déficit est de l’ordre de 7 % du Pib, sans compter un certain nombre d’écritures qui ne sont pas dans les comptes, des arriérés. Il est plus réaliste de parler de 10 % du Pib. En chiffres absolus, il manque entre 360 et 450 milliards de francs Cfa», a-t-il annoncé.«Ces dernières années, il n’y a eu aucune orthodoxie budgétaire. En 2015, d’après les agents du ministère des finances, plus de la moitié des dépenses étaient hors budget. En 2014, il y avait déjà plus de 50 milliards d’arriérés (76,2 millions d’euros). En 2015, cela a empiré», a ajouté le ministre d’Etat pour quientre 2013 et 2015, la dette intérieure s’est accrue de plus de 10 % du Pib. « Au moment où nous prenons nos fonctions, début avril, le service de la dette représente 41 % des recettes de l’Etat. Les salaires des fonctionnaires pèsent à hauteur de 50 %, si bien qu’il ne reste que 9 % pour les autres charges et pour investir dans l’avenir », a-t-il révélé.«Voilà l’héritage du régime de Boni Yayi », précisera Abdoulaye Bio Tchané pour montrer le défi auquel fait face le gouvernement de la Rupture. Selon lui, les caisses publiques ont été méthodiquement vidées et des audits ont été lancés«pour savoir où est passé l’argent». Le Bénin connait des difficultés. Mais l’ancien Directeur Afrique du Fonds monétaire international (Fmi) a tenté de rassurer.  «Pour l’instant, nous n’allons renvoyer personne. Ce que nous sommes en train de faire, c’est augmenter les recettes. Par exemple, en croisant les données douanières et fiscales. Notre voisin le Togo a créé une agence qui réunit douanes et impôts. L’impact, c’est une augmentation dans les caisses de l’Etat de 2,2 % du Pib. Il nous faut ramener de façon intelligente et souple le secteur informel dans l’assiette fiscale». Le Bénin travaille, selon lui, avec la Banque mondiale et le Fmi,  sur des projets qui vont renforcer notre base économique, dégager des ressources additionnelles pour le secteur privé et, surtout, créer des emplois. «Les projets phares sont d’abord dans l’agriculture, qui occupe 70 % de la population. Nous devons structurer certaines filières comme l’anacarde, améliorer le taux de transformation au Bénin qui est aujourd’hui dérisoire, et nous positionner pour exporter massivement nos produits agricoles au Nigeria».

A.S

Matin Libre

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6 COMMENTAIRES

  1. il lui faut se mettre résolument au travail pour faire ses preuves !il m’a l’air d’un pêcheur en eaux troubles!

  2. pour moi ce n!est pas la presse utilisée qui importe mais la vérité qui est libéré et personne ne peut le contredire car il est dans son domaine et donne les chiffres qu!il a constastaté!

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