Gustave Assah, Acteur de la Société civile, Coordonnateur du Réseau Social Watch,...

Gustave Assah, Acteur de la Société civile, Coordonnateur du Réseau Social Watch, « …la compétence est au cœur de cette nomination »

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Le gouvernement de Talon 1 a été divulgué, quelles sont tout de suite vos impressions dans l’ensemble ?

Je voudrais réagir pour féliciter le Président Talon qui dans la promptitude et la promesse de sortir au plus tôt un gouvernement dès l’investiture, a permis aux Béninois d’avoir effectivement ce gouvernement et ce gouvernement me laisse plusieurs impressions, de très bonnes impressions déjà pour les hommes forts qui s’y trouvent, c’est-à-dire ceux qui sont habitués à la vertu politique, qui sont avec lui et qui sont des vieux routiers, c’est-à-dire des personnalités telles que Koupaki, Bio Tchané, Lazare Sèhouéto, Saca Lafia, Madame Mathys, …des visages qui donnent l’impression qu’en réalité, la compétence est au cœur de cette nomination, tel qu’il l’a promis, il a préféré mettre l’accent effectivement sur la compétence et c’est une certaine effectivité dans ce gouvernement. On doit remarquer aussi que la plupart du temps ce gouvernement est rempli de jeunes aussi. Il a mis l’accent sur le rôle de la jeunesse dans la politique de développement aujourd’hui. Donc la jeunesse est très priorisée dans ce gouvernement. Il est aussi à remarquer que certainement, il ya aussi des visages qui inquiètent et je voudrais rassurer les Béninois, qu’il n’y a pas à s’inquiéter pour ces différentes figures ou ces personnalités qu’on connaît déjà, et dont on connaît aussi certainement le passé. Ils ont certainement agi d’une manière ou d’une autre en fonction du contexte dans lequel ils étaient et la rentabilité d’alors n’est pas à craindre parce qu’en réalité, ils sont moins à craindre maintenant parce qu’avec leur profil d’un nouveau départ et ils sont avec quelqu’un, un homme d’affaires qui a la vision entrepreneuriale et qui a forcément des objectifs , des résultats à atteindre, et donc il mettra les moyens et il est certainement à comprendre aussi que ce Président de la République ne s’est pas entouré de n’importe qui et donc on ne doit pas entendre à n’importe quoi. Il sait là où il va et il pourra alimenter un leadership participatif, un leadership inclusif et il a garanti effectivement que personne ne peut se donner à n’importe quel jeu autour de lui pour pouvoir aller quelque part. Cela est un élément important. Le deuxième élément d’analyse, c’est parfois ses propos qui avant de sortir le gouvernement,  ils ont garanti de la mise en place d’une équipe très forte, très dynamique, une équipe qui peut permettre d’avoir l’espoir que des défis vont être relevés. Je voudrais rassurer aussi les Béninois, qu’à la vue de cette équipe, on peut éviter de craindre que ceux-là ne vont pas travailler. On peut croire que la machine va tourner, la machine de l’évidence du développement, cette fois-ci va aussi tourner. Ce que je voudrais dire, c’est que dans ses propos, il a pu dire qu’il ne va pas mettre l’accent sur trois choses essentielles, ce n’est une série de remerciements qu’il ne va pas faire, ce pas l’équilibre régionale qu’il va prioriser, ni la parité du genre. Mais à y voir de près, ce sont des piliers qu’on ne saurait ignorer dans les perspectives de développement ainsi que dans les prospectives. Je crois que tout en le disant, s’il s’est contredit sur un  point, il aurait pu équilibrer le reste aussi. Il n’est pas admis aujourd’hui, que l’on puisse avoir un gouvernement où il n’y a que trois femmes sur 21 et on a quand même le gouvernement de remerciement au tiers, le deuxième tiers devrait être pour les femmes et le troisième tiers pour l’équilibre régionale.La question de l’équilibre régionale nous permet évidemment de mettre l’accent sur un certain nombre de choses, s’il n’ya pas équilibre régional, qu’il n’y ait pas alors régionalisme parce que ce gouvernement est à forte tendance du Zou et donc on a l’impression que le Zou dont les parents maternels du Président sont originaires, il a mis le paquet là-bas et cela se reflète effectivement comme le remerciement d’une zone, ce ceux-là, ils ont fait le plein, ils ont cartonné pour lui en période électorale, on a vu dès le premier tour que le Zou a cartonné pour le Président de la République.N’est-ce pas une manière de régionaliser le débat, de ramener les vieux démons, je pense qu’il faut qu’il fasse très attention et il n’est pas admis aujourd’hui comme je l’avais dit qu’il n’y ait que trois femmes. Est –ce à dire que pour le nouveau départ

Les femmes n’ont aucun  rôle, c’est là la question, les femmes n’ont-elles pas un rôle à jouer dans le nouveau départ ?

Il a dit que cela va venir.
Oui je suis d’accord mais en même temps, c’est ce que nous voyons maintenant qui détermine l’avenir. Parce que tout ce qu’il a promis il n’a pas respecté. Le premier élément qu’il n’a pas respecté c’est cela. Mais je voudrais aussi dire que le tout ne suffit pas demettre en place une équipe, il faut qu’aujourd’hui, quelle quesoit la composition du gouvernement, il faut la coordination de l’action politique, de l’action publique, qui permette de mettre la priorité sur les agendas du gouvernement. Les agendas doivent tenir compte des priorités dans un contexte de réforme pour pouvoir relancer la machine économique, la machine politique, le système partisan, relancer là une dynamique qui puisse permettre de relancer les valeur morales essentielles pour qu’au cœur de la gouvernance, nous ayons la présence de la bonne gouvernance au cœur de tout le processus.

Et par rapport à la taille du gouvernement ?

Je pense que c’est un indicateur très positif.

Parce il y en a qui disent qu’il n’a pas innové non plus parce qu’en 2006 déjà Yayi Boni avait composé un gouvernement de 21 ministres ?

C’est déjà bien qu’il n’y en ait pas eu plus que cela, qu’il n’ait pas pu dépasser les 28 que nous avions. Et ce sont des signes importants que nous cherchons au niveau de la société civile pour qu’on ne puisse pas craindre que les charges de l’Etat ne soient pas exorbitantes. On peut avoir deux ministères qui dépensent plus que les 28. C’est dire qu’il faut restreindre les charges de l’Etat, pour qu’on ne puisse pas mettre en place un gouvernement  trop onéreux et qui soit à la charge du pays.

Je pense aussi que l’innovation se trouve dans ce ministère clef qu’il a créé : secrétariat à la présidence, c’est une innovation, mais à pour quelles fins ? Le contenu n’est pas compris ?

Le contenu n’est pas compris, le contenu n’est pas accessible. Au contraire, on se demande si ce n’est pas la reconnaissance de Koupaki comme un Chef de l’Etat bis. Et il va se poser bientôt un problème, de leadership

Ne pensez-vous pas que Koupaki a été déplumé, diminué ?

Non dans le rôle qu’on lui a confié, c’est qu’on ne veut plus utiliser le terme premier ministre. Si on ne veut pas utiliser le terme de premier ministre, on utilise ministre d’Etat, chargé du secrétariat général à la présidence.

Mais vous êtes un acteur de la société civile, votre ministère a disparu!

C’était des charges qui étaient sous la tutelle du ministère de l’intérieur. Moi je pense que dans sa politique, il a forcément à renforcer maintenant des directions. Car, que vont devenir les ministères qui ont disparu ? quelle gestion peut-on faire de ces ministères ? Puisque la division du travail permet d’aller vers une certaine efficacité, vers une certaine efficience aussi. Aujourd’huiqu’on les regroupe, qu’est-ce qui crée de l’alchimie qu’on attend de lui pour qu’on atteigne les résultats escomptés. Ce ministère qui s’occupait à la fois de la société civile et chargé des relations avec les institutions, que deviendra ce ministère ? La société civile se retrouve avec quel autre ministère ? Et le dialogue avec les institutions ? Je crois qu’il faut trouver un schéma très architectural, qui permette de créer de grandes directions ou des secrétariats d’office qui lui permettent d’avoir des secrétaires de ces ministères, qui soient sous des tutelles qui puissent aussi générer les mêmes résultats. Mais il faut aussi faire très attention à ce niveau parce qu’on aura des Directeurs très puissants, qui seraient certainement aussi puissants que des ministres mais qui vont rester dans l’effet d’une division de travail. Donc il s’agit pour lui de vraiment réfléchir à comment réorganiser cela. Et cela fait partie aussi peut-être des signaux  clairs qu’il faut pour la refondation de la gouvernance administrative qui doit intéresser la dimension de ce travail. Je disais que loin de concevoir que l’équipe en soi ne puisse pas faire le travail, il faut donner du temps à l’acteur principal qui va induire un système qui va mettre en place la portée nécessaire pour qu’on atteigne le but. Donc il faut laisser la machine commencer son travail. . Et je pense qu’il faut qu’on soit vigilant à deux niveaux. Le premier niveau c’est au niveau des conflits au sommet de l’Etat, des conflits au niveau de la gestion des marchés publics notamment, parce qu’il faut une gouvernance des marchés publics maintenant. Le tout ne suffit pas d’avoir des hommes, il faut qu’ils aient des cahiers de charge, il faut qu’ils aient des plans opérationnels, il faut qu’ils soient au niveau de la gestion publique, qu’ils soient des managers de l’action publique et que pour la gestion des marchés publics, l’opérateur économique qu’est Patrice Talon n’influence pas les procédures, ainsi que les résultats qui, au lieu de profiter à l’Etat, à la nation, aux Béninoises et aux Béninois,   aillent seulement profiter aux hommes d’affaires.

Qu’ils évitent des sociétés écrans !    

Absolument il faut qu’on  veille plutôt à l’intérêt général et veiller à l’intérêt général suppose effectivement que l’on travaille sur ces cas particuliers. Il n’est pas dit que l’homme d’affaires Patrice Talon devenu Président que toutes ses affaires doivent disparaitre, il a dit qu’il n’est plus homme d’affaires et qu’il même céder ses entreprises. Aujourd’hui il est homme d’Etat, et le caractère d’homme d’Etat qu’il a aujourd’hui va certainement puiser dans ce qu’il a été homme d’affaires pour que nous ayons des résultats tangibles au Bénin, il en a la mission, il a dit qu’il en a les moyens, qu’il s’y est préparé et cela va se passer. Le deuxième niveau de vigilance c’est celui du contrôle de l’action publique, des opérations fiscales. Il faudrait qu’on fasse attention à ce niveau pour que dans le cas où la société civile doit avoir un regard dans ce qui se passe, il faut que nous alimentions cela. Et nous, nous avons des instrumentsde veille citoyenne dans le cadre du contrôle de l’action publique, de suivi des cas de fraude, que nous allons activer. Nous allons peut-être demander chaque fois aux entreprises de déclarer ce qu’elles payent à l’Etat. Et cela fait partie de la transparence. Cela fait partie du suivi de financement basé sur la fiscalité, donc se rendre compte que cela est important aussi. Donc ce qui est sûr est qu’il ya beaucoup à compter sur l’équipe parce  qu’il s’agit d’un leadership inclusif participatif et global et en tant que tel on va induire chaque fois à la cadence, ce qu’il faut pour que la marche vers le développement ne soit pas gâtée par quelques perceptions que nous avons. Les Béninois sont trop exigeants, je vais leur demander d’être tolérants dès le départ et faire confiance à Patrice Talon et à son équipe. Ce sont des gens qui savent que le peuple béninois est très exigeant, qu’il ne sera plus question de tolérer des erreurs. Et nous les membres de la société civile les accompagnons autant que faire se peut, les sensibiliser, et former des gens encore à la dynamique de la politique publique dans la veille citoyenne. Je pense aussi que le tout ne suffit d’avoir de bon ministres, il faut que le ministre soit aussi en adéquation parfait avec les enjeux, la vision, mais avec les équipes ministérielles, des départements ministériels, parce que ceux qui créent les vrais problèmes ne sont pas des ministres, ce sont les cadres de l’administration. Est-ce que les cadres sont dans la vision. Donc le premier travail que les ministres doivent faire, c’est de permettre aux cadre de l’administration de rentrer dans la vision des réformes attendues, la vision des perspectives de développement, la vision de la qualité de vie que les ministères, tout en jouant leurs rôles  doivent induire au niveau des communautés à la base. Nous félicitons ceux qui sont promus et nous espérons que comme il l’a promis, il n’y aura pas de messes de remerciement, les séminaires festifs qui sont des manières  de fêter les nominations dans les villages.

Avez-vous des recommandations à faire ?

Comme recommandations, il  faut veiller à ce que les gens ne veuillent pas toujours plaire au Chef en lui disant ce qu’il n’y a pas. Il faut dire le contexte exact des faits. Vous savez  que la plupart des éléphants blancs que le désormais ancien Chef de l’Etat est allé constater sur le terrain, ce n’est pas parce que les ministres n’ont pas implémenté les projets, ni que les ressources financières manquaient, mais c’était justement parce qu’il yavait la gangrène de la corruption et les marchés mal passés et il y avait un défaut de sincérité vis-à-vis du chef. Il faut donc qu’il y ait un mécanisme de reddition de comptes formel, renouvelé dynamisé, que les corps de contrôle soient outillés pour travailler, qu’ils ne dépendent plus de ma présidence. Le Président Patrice Talon avait dit qu’il n’y aurait pas de ministre qui dépendrait de la présidence,     mais pourquoi il a nommé un ministre délégué, n’est-ce pas le commencement pour dérégler ce ministre- là ? Il faut qu’il y ait une bonne politique économique. Que les nouveaux ministres impriment la dynamique qui induise la possibilité de continuer, l’administration étant une continuité. Qu’il y ait lapossibilité de retourner la machine avec le carburant existant, il faut utiliser les énergies qui sont sur places, les ressourcesdisponibles, utiliser ceux qui exercent actuellement dans les directions pour montrer que la Bénin avait juste besoin de changer de système de gouvernance. Mais les hommes qui ne sont pas à leur poste il faut veiller à les changer car la rupture devra passer par là et il faut que cessela politisation dans l’administration.

Matin Libre

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