Gouvernance sous Talon : Comment la « Rupture » légitime les rumeurs

Gouvernance sous Talon : Comment la « Rupture » légitime les rumeurs

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Même si le gouvernement de Patrice Talon et ses thuriféraires refusent de le reconnaître, c’est un secret de polichinelle. Depuis le 6 avril 2016, les rumeurs et les réseaux sociaux ont une légitimité jamais vue jusque-là dans une gouvernance. De jour en jour, les faits sont édifiants.

Les nominations par anticipation sur fond de rumeur dans l’opinion, les scoops sur les réseaux sociaux notamment Whatsapp sont légion à l’ère de la Rupture. Même si ces rumeurs ne sont pas parfois fondées, à 90% et même plus, elles finissent par être confirmées sous la bénédiction du gouvernement. De l’officieux à l’officiel désormais, les frontières sont très minces. Le secret d’Etat ne porte donc plus caleçon. Il n’y a juste qu’un décalage de temps. En tout cas, tôt ou tard, ça finit par être la vraie information. Et pourtant le ministre Joseph Djogbénou a semblé ironiser lorsqu’on a l’a interpellé sur les 500 millions qu’auraient perçus les membres de la commission de réformes qu’il avait présidée. Sur Océan Fm, il a dit que c’est dommage que nous soyons désormais dans une « République whatsapp et facebook ». Et pourtant nous y sommes vraiment. Singulièrement, Whatsapp est le « siège » de l’information officielle. Nous n’allons pas revenir ici sur ces « informations » qui au départ n’étaient que rumeurs mais qui se sont avérées par la suite. Mais restons collés à l’actualité pour parler du dernier conseil des ministres qui a prononcé des nominations. Quand bien même le cas Montant Kérékou annoncé par dame rumeur comme chef d’Etat major général adjoint des armées n’y figure pas, il est tout de même une évidence que messieurs Simon Pierre Adovèlandé et Auguste Alavo ont été respectivement faits ambassadeurs du Bénin près la Chine puis la France. Si l’on s’en tient au compte-rendu de ce conseil des ministres du 14 septembre dernier, on pourrait dire que c’est une information « fraîche ». Mais erreur. Rien de nouveau sous le Soleil. La Rupture les a nommés depuis, par ses canaux d’information qui ne sont rien d’autres que la rumeur et Whatsapp. Officieusement, l’information a été déjà tuée avant son officialisation. Adovèlandé et Alavo, ambassadeurs, cela a déjà fait N-fois, le tour du monde. Depuis le mois d’août, en dehors de votre Journal Matin Libre, des média étrangers comme Jeune Afrique en ont parlé. Pour le cas simon Pierre Adovèlandé, on l’a même vu déjà dans son rôle de diplomate lors de la récente visite du chef de l’Etat, en Chine. Avant l’officialisation de l’acte de nomination donc. De tout ce qui précède, il ne reste qu’à décréter le Bénin, « République des rumeurs et des réseaux sociaux comme sources officielles de l’information» sous Talon.

Jacques BOCO

aCotonou

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