Gouvernance : Koupaki, le mauvais génie de Talon

Gouvernance : Koupaki, le mauvais génie de Talon

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Plus de 7années sous le tristement célèbre pouvoir de Boni Yayi, il a été la nervure centrale du pouvoir. Sous Patrice Talon, il est depuis peu le dépositaire du « Nouveau départ ». Pascal Koupaki, malgré ses qualités intrinsèques, restent une controverse sous la Rupture…
« Création d’une cellule d’analyse des projets d’arrêtés ministériels et préfectoraux: Koupaki arrache le pouvoir» affichait notre confrère « L’événement Précis » vendredi dernier à sa manchette. Cette livraison traduit exactement le jeu du destin qu’est le ministre d’Etat secrétaire de la Présidence de la République. En effet, en dehors des coups de boutoir d’une opposition qui refuse de s’éclore, Koupaki reste le boulet du pouvoir Talon. Il est à tort ou à raison cité dans tous les cadavres que sort le nouveau régime du placard du «changement». Dans la SEGUB gate, il est au centre de la polémique. Ce qui reste des affidés de Boni Yayi insistent quant à son implication dans la gestion des redevances des véhicules d’occasion en transit tandis que le « bien aimé » de Patrice Talon s’en défend et oppose la voie des tribunaux au débat contradictoire. Pour la cession de l’outil industriel de la Société nationale de la promotion agricole (SONAPRA) donnant corps à Société du développement du Coton (SODECO) puis la mise en œuvre du Programme de vérification des importations –Nouvelle génération (PVI-NG), les tsars du régime défunt le mettent à l’index.
Mais cette « hargne » contre Pascal Irénée Koupaki est alimentée à se rendre compte que le secrétaire général de la République ravale ses vomissures sous Patrice Talon. C’est lui qui lit tous les mercredis aux sorties du conseil des ministres, la remise en cause des décisions du pouvoir Yayi dont il avait été solidaire. Pour les réfractaires de l’action de Koupaki, on ne peut expliquer comment quelqu’un qui est comptable du bilan controversé de Boni Yayi en vient à devenir un « saint ». Peut-être un tour de baguette magique… A la différence de l’actuel Chef de l’Etat, Koupaki a longtemps gardé les manettes de la gouvernance calamiteuse sous Yayi pendant que le cordon ombilical du régime qui le liait à la galaxie Patrice Talon est passé entre les sécateurs du yayisme sismique. « Le ministre koupaki est le prototype du technocrate dont un chef politique, un homme d’Etat ne doit jamais s’entourer…. Ils ont des compétences techniques et des qualités intellectuelles évidentes mais sans un minimum d’esprit militant et patriotique. Ils deviennent des intellectuels mercenaires, des condottières politiques qui proposent leurs services au plus offrant….» avance un observateur averti du microcosme politique béninois. Il continue «Koupaki était dans l’équipe de campagne de Adrien Houngbedji pour la présidentielle de 2006. Il a travaillé au sein du comité des experts pour la formulation du Programme du candidat du PRD. Mais aux lendemains des élections, c’est à la télévision que Houngbedji apprend que koupaki est le numéro 2 du gouvernement de Yayi. Une bonne partie des idées agitées par le premier gouvernement de Yayi venait du programme de Houngbedji (faire du Bénin le quartier numérique d’Afrique, l’Inspection Générale de l’Etat…). Il est resté numéro 2 de Yayi jusqu’en 2013 où il a été éjecté de l’exécutif. Quand son rêve présidentiel lui est venu, Il a espéré le soutien du Turbo de Tchaourou. Mais quand ce dernier a désigné Lionel Zinsou, koupaki lui a écrit pour demander le report des élections. N’ayant pas eu gain de cause, c’est le boulevard aux critiques contre le pouvoir qu’il a inspiré plus de 7ans… Aujourd’hui, le revoici, plus proche collaborateur de Talon et principal tombeur de Yayi. La politique sans éthique ruine… »
Un ovni politique…
Aujourd’hui, c’est Pascal Irénée Koupaki qui inspire le système Talon, construit sa charpente et le « gère »…au point de susciter une guerre d’école et de tranchées avec les autres janissaires du pouvoir en place. De Candide Azannai à Abdoulaye Bio Tchané en passant par Joseph Djogbénou, on est sclérosé par l’emprise de ce planificateur, retraité de la Banque centrale des Etats de l’Afrique de l’Ouest (BCEAO) sur le Président de la République. Pour ne plus être solidaire du bilan du « Nouveau départ » après ? Seuls les illuminés pourront présager de l’issue de ce symbole d’un technocrate tombé en politique et qui a décidément le vent en poupe.
Koupaki est un ovni politique malgré sa simple recette : « la nouvelle conscience » mise au pilori par une grande partie du landerneau politique. Un concept qui est aussi l’antithèse de ce qui a jusqu’ici séduit les électeurs béninois. Il aurait pu être un self-made man politique si on ne l’avait pas vu à l’épreuve sous la décennie scabreuse de Boni Yayi à la magistrature suprême. Ainsi, il est de cette race de politiques du système qui vivent dans leur tour d’ivoire, mais aussi ceux des lobbies. De ce fait, un régime appelé à opérer des réformes n’essuierait que des revers en traînant un tel « boulet ». Rien qu’à cause de lui, le pouvoir en place pourrait perdre en crédit.

aCotonou

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