Gestion du pouvoir d’Etat: les premiers pas rassurants de la « rupture...

Gestion du pouvoir d’Etat: les premiers pas rassurants de la « rupture »

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Malgré quelques écueils évidents, le concept du « Nouveau départ » se matérialise peu à peu, et s’installe dans l’univers politique béninois. La conception du pouvoir et la notion de la gestion du bien public mises en œuvre, portent les germes d’un renouveau politique certain.

Les Béninois ont pris date avec le « Nouveau départ » depuis mercredi 6 avril dernier. Avec la cérémonie d’investiture et la formation du 1er gouvernement de Patrice Talon, on peut dire que la machine de la relance de l’économie béninoise est en marche. Le concept de « rupture », est certainement l’idée qui a caractérisé l’organisation de la cérémonie sobre et dépouillée du Stade Charles de Gaulle à Porto-Novo. Fini donc les extravagances dépensières insouciantes orchestrées sous le régime défunt. Par exemple, on a pu faire économie d’une arrivée pléthorique de chefs d’Etat étrangers, souvent instrumentalisés pour maquiller les insuffisances d’un gouvernement à la vision écornée. De plus, cette cérémonie a été l’occasion pour le nouveau chef de l’Etat de réitérer quelques engagements forts pris lors de la campagne électorale. « Au plan économique et social, ainsi que celui de la jouissance des libertés individuelles, l’état des lieux n’est guère reluisant. L’urgence est donc aux réformes politiques, à la restructuration de l’économie nationale, à la reconstitution du tissu social », a indiqué le chef de l’Etat entrant. Avant d’ajouter : « Je m’attèlerai à assurer et préserver la liberté de la presse, ainsi que l’accès équitable de tous aux organes publics de presse ». Autant dire, que sachant l’immensité du défi à relever, la nouvelle équipe sait que la tâche sera ardue. Après les festivités de Porto-Novo, on a d’ailleurs eu droit dans la soirée, au premier gouvernement du nouvel élu. Le premier gouvernement de l’ère Patrice Talon, est donc très technique. On y trouve des spécialistes pointus, nommés à la tête de départements ministériels sensibles. Certes, beaucoup d’analystes ont peu apprécié la composition de cette première équipe de l’ère de la « rupture ». Il est surtout reproché au chef du gouvernement de vouloir faire du neuf avec du vieux. Beaucoup ayant peu goutté le fait que d’anciens ministres ayant servi sous Yayi, soient à nouveau présents. On peut leur répondre qu’avec ces 21 ministres l’essentiel y est et est respecté. Il y a un bon dosage et un équilibre subtil entre la compétence avérée et l’expérience politique de certains. Ces qualités sont aussi alliées à la jeunesse.

« Éradiquer la précarité en assurant la protection des plus démunis »

La prouesse du président et son équipe, c’est d’avoir pu détecter et su convaincre dans un laps de temps des compétences béninoises de la diaspora. D’Aurélien Agbénonci à Ange N’koué, en passant par Jean-Claude Houssou à Romuald Wadagni, ces valeurs intellectuelles béninoises nichées à l’extérieur, ajoutées à l’expérience politique de dinosaures comme Koupaki et Tchané, est une première réussite. D’ailleurs, ces deux ministres d’Etat ne manqueront pas d’imprimer la marque de leurs parcours internationaux à l’action gouvernementale. L’urgence, tout le monde le sait, étant de trouver, maintenant, les réponses appropriées aux maux dont souffrent la majorité de leurs compatriotes. Dans les priorités qu’il a, lui-même, déclinées, lors de son discours d’investiture, Patrice Talon a reprécisé sa détermination à lutter contre la misère, la corruption. « Je travaillerai à réduire puis à éradiquer la précarité en assurant dès à présent, la protection des plus démunis ainsi que l’accès pour tous à l’eau, et à l’énergie en tant que droits inaliénables et facteurs de développement. J’accorderai une priorité à la réorganisation du système de santé de façon à procurer à nos concitoyens une couverture sanitaire plus efficace et plus solidaire. Je m’attacherai à reconstruire le système éducatif afin d’assurer son adéquation avec les ambitions économiques de notre pays », a-t-il déclaré. Déjà on notera avec satisfaction, que les passations de charges se sont déroulées dans le cadre strict des cabinets ministériels concernés. Il n’y a pas eu les cérémonies presque attentatoires à la pudeur dont était friand le régime défunt. Et l’on n’aura certainement plus, œuvre de salubrité publique oblige, les messes et marches indigestes de remerciement à l’endroit d’un chef de l’Etat populiste en mal de grandeur. Il y a aussi les très dispendieuses marches et prières organisées pour la « survie » du premier magistrat. Tout cela est définitivement fini.

W.N

aCotonou

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