Gestion des sociétés d’Etat:Gabegie à la Sonapra

Gestion des sociétés d’Etat:Gabegie à la Sonapra

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Avec l’avènement du régime « Nouveau départ », on croyait que c’en était fini pour la saignée des caisses des sociétés d’Etat. Hélas, sous la rubrique « formation » des cadres et agents, la Société nationale de commercialisation des produits agricoles (Sonapra) a continué à gaspiller les ressources de l’entreprise sans que les bénéficiaires ne soient sûrs d’être repris par la prochaine équipe dirigeante dont la gestion sera axée sur les compétences.

Beaucoup d’encre et de salive à la Sonapra. La gestion de l’entreprise suscite, ces derniers temps, des réactions diverses qu’on pouvait prévoir. L’affaire des recrutements fantaisistes n’avait pas fini de nourrir les conversations et d’alimenter les débats, quand survient une autre polémique. Malgré le vent de la rupture qui souffle sur le pays faisant apparaître une volonté du nouveau président de réduire les dépenses publiques et de faire des économies subséquentes, le Dg/Sonapra vient d’autoriser une vingtaine de fonctionnaires de sa boîte à suivre une formation à Lomé au Togo pour plus de dix jours à compter de lundi 11 avril 2016. Déplacement, frais de mission, coût de la formation : plus de 64millions auraient été mobilisés pour ces trois rubriques. Cela fait au moins deux fois le budget annuel de fonctionnement de certaines directions. Là n’est pas ce qui indigne et suscite de nombreuses interrogations. C’est plutôt le manque de vision et de management du Directeur général. En réalité, quand on regarde le plan de carrière des agents qui sont envoyés en formation, on se rend compte que nombreux ne sont pas tous sûrs de servir la maison à l’avènement d’une nouvelle direction. Les textes qui régissent le fonctionnement de la maison édictent qu’après formation, les fonctionnaires bénéficiaires doivent rester trois ans durant au service de la société. Il aurait été compréhensible que la dite formation se limite aux cadres dont on est sûr de leur contrat avec la Sonapra. Mais force est de constater que la formation a été ouverte à des gens qui pourraient être remerciés à l’avènement d’une nouvelle équipe dirigeante. La décision du Dg pousse à cette interrogation : quelle est la garantie du rendement des agents formés, puisque leurs actes de recrutement pris dans la précipitation et dans le but de les remercier peuvent être annulés si on juge de l’opportunité ? Le Dg, après avoir essuyé quelques sueurs froides au Palais le vendredi dernier, ne devrait-il pas être en droit, voire élégant d’attendre un tant soit peu pour voir l’évolution des choses ? Son insistance à faire dérouler cette formation cache bien des intentions. En fait, comptant lui-même ses jours, il a décidé d’enfiler le boubou de « papa Noël » en distribuant des cadeaux aux « enfants ». C’est bien là le sens de sa décision. Parce que, organiser la formation à Lomé rapporte plus. Quand on jette un coup d’œil sur les frais de mission et ceux de déplacement, il y a de quoi se frotter les mains et dire « merci » à celui qui les a offerts. C’est un classique sous ce régime. Une telle formation taillée sur mesure aux amis aurait pu se dérouler à Cotonou, et la société économisera plus de 34 millions de Fcfa, montant payé comme frais de mission aux agents qui se sont rendus au Togo. Les arguments justifiant cette possibilité ne manquent surtout pas. Ils sont solides. Les 20 participants suffisent pour une session. En plus, le consultant principal est béninois.

Le record

Après environ neuf mois de gestion à la tête de la Sonapra, le Dg Jacob Ichola a battu le record de recrutement d’agents. Il a pu caser enfant, parents et militants de la continuité. Kaled Kayodé Ichola dont les liens de parenté avec le Directeur général sont évidents a été engagé à titre de permanent en qualité de cadre technique. D’autres exemples ne manquent pas, puisqu’ils sont plus d’une soixantaine à décrocher un emploi sous l’actuel patron de la Sonapra. Les raisons desdits recrutements ne sont pas encore bien comprises de tous, tellement l’option s’est avérée plus coûteuse à la société pendant que celle-ci s’enlise de jour en jour dans le gouffre. Il faut que le Trésor public soit appelé à la rescousse à travers de fausses subventions pour supporter la facture. Au lieu de faire preuve de conscience professionnelle, d’orthodoxie dans la gestion, le Directeur général accumule les preuves de mal gouvernance. Lors d’une séance de travail à la présidence, le vendredi 08 avril 2016 à la présidence, il était à la barre. Le chef de l’Etat l’avait convoqué pour en savoir un peu plus sur sa gestion. Après cet exercice, les nouvelles n’étaient pas rassurantes pour lui. Jacob Ichola sait qu’il y a problème et au lieu de s’en inquiéter, il a continué avec sa méthode de gestion.

FN


 

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