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Gestion de l’Etat à l’ère de la Rupture : Une gouvernance basée sur des emprunts obligataires ?

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Deux emprunts obligataires en 100 jours de gouvernance. Et selon le ministre d’Etat chargé du Plan et du Développement Abdoulaye Bio Tchané, il pourrait avoir un troisième avant la fin de cette année. Quand on sait qu’avant l’avènement de la Rupture, le Bénin n’a eu recours à l’emprunt obligataire que trois fois, une première fois en 2000 sous Kérékou, deux fois sous le régime Yayi en 2007 et en 2011, cela interpelle. Le gouvernement du Nouveau départ compte-t-il gérer l’Etat en dehors du circuit bancaire classique ? Le Bénin a-t-il perdu toute crédibilité auprès des institutions financières internationales pour que le nouveau régime soit obligé de recourir aux emprunts obligataires afin de solder la dette intérieure et de financer les investissements publics ? Autant d’interrogations eu égard à l’option du gouvernement de la Rupture de recourir chaque fois que le besoin se fait sentir à cette forme de mobilisation de fonds.

D’abord un premier emprunt obligataire a permis de mobiliser 202 milliards pour une sollicitation de 150 milliards, soit 52 milliards de plus. Selon le ministre d’Etat Abdoulaye Bio Tchané, cela dénote d’un retour de confiance en l’économie béninoise. Certes, mais pour s’en tenir à ses prévisions, le gouvernement n’avait ponctionné que les 150 milliards de départ. Voilà que quelques jours seulement après, mardi 19 juillet 2016, on apprend que l’Etat béninois a lancé un nouvel emprunt obligataire de 35 milliards dont l’échéance est de 12 mois avec une valeur nominale unitaire d’un million. Que sont alors devenus les 52 milliards non ponctionnés après le 1er emprunt ? Ont-ils été retournés aux investisseurs ? Sinon, quel besoin avait-on de lancer un autre emprunt de 35 milliards alors qu’on avait 52 milliards de surplus lors du 1er emprunt ? Il y a là un flou entretenu autour de ces émissions d’obligations qui méritent d’être éclairci.

Cela d’autant plus que les emprunts obligataires sont des dettes dont les taux d’intérêts sont un peu plusélevés à ceux pratiqués par les institutions financières classiques. Ils sont versés périodiquement aux investisseurs alors que le capital est remboursé en fin de prêt. C’est donc une dette comme toute autre que le contribuable paie à moyen terme. Alors que le gouvernement actuel ne fait qu’épiloguer sur l’étendue de la dette intérieure laissée par le régime défunt avec des chiffres variables, le même gouvernement n’hésite pas à contracter de manière simultanée d’autres dettes sur le dos du contribuable. D’un autre côté, lorsqu’on sait que ceux qui nous dirigent sont des millionnaires voire milliardaires notamment le Chef de l’Etat, classé première fortune du Bénin et 15e en Afrique par le magazine « Forbes »,et son entourage, on peut se demander à qui profitent réellement ces émissions d’obligations…

H.B

aCotonou

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2 COMMENTAIRES

  1. s’ils ne font pas ces emprunts, ils vont trouver l’argent où pour relancer l’économie du pays? laissez les gens travailler.

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