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Gestion de la chose publique : La Rupture marche avec quelques pratiques du Changement et de la Refondation

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A voir de près, il n’y a pas encore pour l’heure une grande différence entre la gestion au sommet de l’Etat entre le Président de la République, Patrice Talon, et son prédécesseur, Boni Yayi. Du Changement à la Rupture en passant par la Refondation, les mentalités sont les mêmes puisque ce sont les mêmes hommes politiques qui dirigent le pays.

De 2006 à 2016 sous le régime du Président Boni Yayi, il y avait des fanatiques du Gouvernement. Les fous du roi, les chiens d’attaque de Boni Yayi et autres politiciens sortis de nulle part étaient même prêts à tout pour défendre le Pouvoir d’alors. Ainsi, ils étaient presque quotidiennement au devant de la scène pour répondre aux opposants. On se soutient des fastes régulières de Edgar Guidibi, de Thiburce Adagbé, de Frédéric Béhanzin, Fred Houénou, Lucien Médjico et consorts qui venaient régulièrement sur les chaînes de télévision attaquer les adversaires du Président Boni Yayi. Me Adrien Houngbédji, Bruno Amoussou, Nicéphore Soglo, Kolawolé Idji et autres opposants au régime à l’époque étaient leur cible. En récompense, ils ont trouvé place au soleil de la Refondation à travers des redevances qu’ils percevaient dans le secteur des véhicules d’occasion qui font actuellement l’objet de grands débats dans l’opinion. Comme l’ère du Changement, ceux de la Rupture font de même. Sur les réseaux sociaux, des jeunes sont prêts à tout défendre. Même si c’est mauvais, on dit que c’est bon. Des mouvements se créent déjà pour défendre les actions du Président Patrice Talon. Par exemple, la semaine écoulée était riche en déclarations contre l’ancien Président de la République, Boni Yayi. Le ministre des Transports, Hervé Hêhomey ne l’a pas raté. Il lui a interdit l’accès à l’aéroport de Tourou. De son côté, le Préfet du Littoral, Modeste Toboula a même menacé d’appliquer la loi à l’ancien Chef d’Etat s’il rentre dans les marchés de Cotonou sans autorisation. C’est de la même manière que les partisans de l’ancien régime réagissaient aux agissements de l’opposition en leur temps.

Autres similitudes

En dehors des déclarations, on note des ressemblances dans la gestion de Patrice Talon et celle des Boni Yayi. Comme sous le Changement, les nominations à l’ère de la Rupture sont parrainées. Selon les informations, un puissant homme d’affaires, est au cœur des positionnements dans l’administration publique. Il a l’œil sur tout comme Patrice Talon qui était au cœur du système-Yayi. On apprend que beaucoup de ministres, directeurs généraux de société d’Etat et plusieurs cadres promus à des postes de responsabilité sont les amis de cet opérateur économique qui gère tout dans l’ombre. La preuve est que ce sont les tout premiers soutiens du Président Patrice Talon qui occupent la plupart des postes stratégiques dans l’administration publique. Ce qui fait qu’on n’a vu aucune compétence dans le rang des Forces cauris pour un Bénin émergent.
En plus, le Président Talon, comme Boni Yayi, ajoute une petite dose de populisme à ses actions. Le 1er août dernier, c’est lui-même qui a conduit son véhicule pour aller suivre le match de la finale de la coupe de l’indépendance. On se souvient aussi qu’il est allé avec son épouse suivre le spectacle ‘’kondo, le Requin’’ du metteur en scène, Tola Koukoui. De même, il y a un peu plus de deux semaines, il était allé regarder le match aller opposant les Ecureuils cadets aux Eléphanteaux de Côte d’Ivoire comptant pour les éliminatoires de la Can 2017 de football au stade Mathieu Kérékou. Son prédécesseur ne ratait pas ces occasions pour prendre quelques bains de foule. Au total, la Rupture marche aussi avec quelques pratiques du Changement et de la Refondation.

Paul Tonon

aCotonou

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