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Formation du premier gouvernement du régime de la Rupture : Patrice Talon et les réalités du pouvoir d’Etat

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En attendant son investiture prévue pour le mercredi 6 avril prochain, le nouveau président élu du Bénin, Patrice Talon est actuellement avec tous ceux qui l’ont aidé à prendre le pouvoir, en train de penser à comment former son premier gouvernement. Même si l’homme a déjà une idée de ce qu’il veut faire, la formation de ce premier gouvernement ne sera pas chose facile.

« Pour le moment, il sera impératif pour nous tous de mettre à chaque poste les personnes les plus qualifiées quels que soient leurs bords ». S’appuyant sur ces propos vendredi dernier, le nouveau président élu du Bénin Patrice Talon quelques heures après la proclamation par la Cour constitutionnelle des résultats provisoires de l’élection présidentielle du 20 mars dernier, a voulu lever un coin de voile sur ses priorités et l’ossature qu’aura son premier gouvernement.

Au cours de la déclaration qu’il a faite à son domicile, le nouveau chef de l’Etat béninois a fait savoir qu’il compte sur les atouts dont dispose le Bénin pour relever les nombreux défis. Et le principal, indique-t-il sera la compétence. Patrice Talon a précisé également que sa gouvernance aura pour socle la compétence. Ce qui exclut pour le moment conclut-il, les paramètres de la satisfaction des intérêts égoïstes et partisans, l’équilibre régional et la parité homme-femme. Avec une telle clarification, tous les Béninois peuvent désormais avoir une idée de la gouvernance du président de la Rupture. Mais en réalité, est-ce qu’il peut se passer de tous les artisans de premières heures et même de seconde zone pour travailler en paix ?
En 2006, quand il était arrivé au pouvoir avec une liesse populaire, le président Boni Yayi avait juré de mettre l’homme qu’il faut à la place qu’il faut avec toutes les compétences requises. Tous les Béninois l’avaient cru. Il a fallu un premier remaniement pour que l’on se rende compte que l’homme a touché la réalité de la gestion du pouvoir d’Etat. Car, en 2007 déjà il y avait autour de lui, une force politique qu’on appelle désormais les Forces cauris pour un Bénin émergent (FCBE). Désormais donc, pour prendre un poste politique dans l’administration publique, il faut être un militant de cette force politique ou d’une formation politique proche du pouvoir. D’où la désorganisation des partis politiques influents qui ont commencé par connaître des scissions.
Au finish, le principe de l’homme qu’il faut à la place qu’il faut a été vidé de son sens pour devenir l’homme qui milite à la place que le chef veut. Conséquence, le pays s’est retrouvé dans une situation de mauvaise gouvernance que tout le monde se plait à dénoncer aujourd’hui.

Les exemples de Nicéphore Soglo et Boni Yayi

Ce qui est arrivé au président Boni Yayi, n’est apparemment pas loin du cas du président Nicéphore Dieudonné Soglo, dès les débuts du renouveau démocratique.
En effet, élu Premier ministre à la Conférence nationale de février 1990, Nicéphore Dieudonné Soglo s’est jeté corps et âme pour sauver le Bénin du désastre dans lequel il était au soir du régime du parti unique. L’homme qui a été surnommé Hercule après son élection comme président de la République en avril 1991, n’appartenait à aucune formation politique. Et au départ, il ne travaillait qu’avec des compétences et rien que des compétences. C’est ainsi qu’en deux ans, il a réussi à mettre le pays au travail. Il a fallu la création de la Renaissance du Bénin qui devient désormais le parti au pouvoir pour que les problèmes commencent. Car, tous ceux qui soutenaient les actions du président de la République devraient nécessairement prendre la carte du parti. Ainsi, la compétence a été substituée au militantisme. Car, tous ceux qui résistaient au parti sont systématiquement écartés des postes politiques. La suite est connue de tout le monde.
En annonçant déjà qu’il ne fera pas un gouvernement pour satisfaire des intérêts égoïstes ou partisans, le nouveau président de la République n’a certainement pas tenu compte des promesses qu’il a faites aux uns et autres ou des engagements qu’il a pris de part et d’autre. S’il doit satisfaire tous ceux qui l’ont porté au départ comme ceux qui l’ont soutenu au second tour, la tâche ne sera pas du tout facile. Et c’est d’ailleurs pourquoi, il a déjà situé les uns et les autres sur ce que sera sa gouvernance. Mais, les leçons des présidents Nicéphore Dieudonné Soglo et Boni Yayi devraient être pour lui des exemples pour éviter ce qui leur est arrivé. ¦

aCotonou

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