Filière palmier à huile :Dakpè SOSSOU plaide pour la relance

Filière palmier à huile :Dakpè SOSSOU plaide pour la relance

0
PARTAGER
Le deuxième Secrétaire Parlementaire, l’Honorable Dakpè SOSSOU s’invite dans le projet de relance et de réhabilitation de la filière palmier à huile. A travers une question orale avec débat  adressée au gouvernement, l’ancien Maire de Lokossa plaide pour l’économie nationale et la situation des femmes spoliées des CAR et URCAR.
Charles HONVOH
LIRE L’INTÉGRALITÉ DE LA QUESTION ORALE
Le mardi 15 novembre 2016, j’ai suivi avec beaucoup d’intérêt la présentation du budget gestion 2017 du Ministère de l’Agriculture, de l’Elevage et de la Pêche (MAEP). Il s’agit d’un budget axé sur la vision du Gouvernement, celle d’investir pour une agriculture d’envergure par le développement des filières de haute valeur ajoutée (ananas, anacarde, produits maraîchers), le développement de l’aquaculture continentale et le renforcement des filières telles que le riz, le maïs, le manioc.
Par ailleurs, il est aisé de remarquer que la filière palmier à huile n’est prise en compte dans aucun projet alors qu’il s’agit d’un produit de grande valeur qui est malheureusement en parfait déclin depuis des années.
En effet, on distingue au Bénin, trois grandes coopératives, Agonvy, Hinvi et Houin-Agamè qui couvrent respectivement 11 200 ha, 8.700 ha et 5.100 ha. Certains des héritiers procèdent au morcellement et à la vente des terres de ces coopératives, ce qui réduit comme une peau de chagrin des aires cultivables. Un autre facteur réside dans l’abattage des pieds de palmiers à huile pour la fabrication du vin de palme duquel l’alcool extrait communément appelé « Sodabi » est très prisé au Bénin. Au lieu de procéder au remplacement des pieds abattus par d’autres pousses telles que les « palmiers sélectionnés » à haut rendement, les exploitants transforment ces aires cultivables par d’autres cultures. Il faut ajouter les actes de bradage scandaleux et de violence qui occasionnent à chaque saison d’importants dégâts matériels et des pertes en vies humaines. 
De même, au plan technique, le Bénin ne dispose pas d’infrastructures performantes pouvant contribuer à la structuration, à une échelle internationale, de la filière palmier à huile. Des unités exploitées jusque-là sont de type artisanal ou semi artisanal qui se chargent de transformer les régimes en huile de palme et en huile de palmiste. Cette exploitation artisanale ne permet pas d’optimiser la production industrielle qu’espère le gouvernement. Les usines de transformations installées par l’Etat et qui ont été privatisées en 1998 après le désengagement de l’Etat de la gestion des coopératives, sont atteintes par la vieillesse et leur rendement en souffre.
A ces situations déplorables qui ne prédisposent pas le Bénin à une culture industrielle du palmier à huile de pointe, s’ajoute dangereusement l’implication mafieuse de certains Préfets. Avec la collaboration des Directeurs Généraux des CARDER et sous la complicité du DPLR du MAEP, ils organisent des Assemblées Générales (AG) pour renouveler, à leur profit, les organes dirigeant des Coopératives d’Aménagement Rural (CAR) et leurs Unions Régionales (URCAR). A titre illustratif, le Préfet du Département du Mono, ayant pris gout de la pratique de son prédécesseur a, d’ores et déjà, tenu une rencontre préparatoire avec les Conseils d’Administration des CAR d’Agamè, de Koudo, d’Agnito et de Houin aux fins de la tenue des AG, le 15 décembre 2016. 
Dans ces mutations illégalement répétées, les responsables des CAR et URCAR à qui incombe la responsabilité de gérer les anciennes palmeraies d’Etat, spolient financièrement les groupements et associations de femmes ainsi que les transformateurs individuels. Estimés à plusieurs centaines de millions de francs CFA, les fonds issus de cette escroquerie servent à soudoyer les autorités politiques et administratives ci-dessus citées ainsi que les forces de sécurité. Le système ainsi décrit est l’exemple typique de l’URCAR de Houin-Agamè qui est dans un éternel recommencement. Dans ces conditions, les femmes à qui les régimes ne sont jamais livrés s’en sortent appauvries. Quant aux coopérateurs, ils doivent réclamer en vain des années d’arriérés de salaire.
Au regard de ce qui précède, le Bénin, pays potentiellement producteur du palmier à huile, a perdu sa place de premier pays exportateur d’huile de palme en Afrique depuis des lustres.
La représentation nationale demande au Gouvernement de la rupture de faire un état des lieux de cette cabale orchestrée contre l’économie nationale afin d’éclairer l’opinion publique sur la gestion des CAR et URCAR au Bénin. Elle prie le pouvoir exécutif de fournir des réponses claires aux préoccupations suivantes.
1. Par quel acte administratif les Préfets et les structures sous tutelle du MAEP ont reçu la délégation de pouvoir de gérer les CAR et URCAR, malgré le désengagement de l’Etat central ?
2. Quelle action l’Etat peut-il engager en faveur des femmes et autres citoyens pour leur permettre de rentrer en possession de leur argent déposé pour achat de régimes de palme et qui n’ont jamais été satisfaites ?
3. Quelles sont les mesures transitoires qui s’offrent au Gouvernement pour la relance de la filière et le retour de l’âge d’or du palmier à huile ?
4. Est-il possible, à la faveur des réformes en cours, que l’Etat reprenne en charge la gestion de la filière palmier à huile, premier produit d’exportation au Bénin pour une économie prospère ?
Porto-Novo, le 21 Novembre 2016
Dakpè SOSSOU


pressej.info

Commentaires

commentaires

LAISSER UN COMMENTAIRE