En quête d’un poste international à l’Onu:La dernière bataille de Yayi Boni

En quête d’un poste international à l’Onu:La dernière bataille de Yayi Boni

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Beaucoup s’interrogent sur ce qui pourrait militer en faveur de Yayi Boni à le voir être nommé Secrétaire général adjoint de l’Onu chargé du changement climatique et des Objectifs de développement durable (Odd). C’est ce que la France lui a promis en retour à l’élection de Lionel Zinsou en tant que président de la République pour lui succéder. La question est de savoir s’il a encore des raisons d’espérer après l’échec de son dauphin.

Dans sa parution du mardi 22 mars 2016, le quotidien « Le Matinal » écrivait en manchette « Après l’échec de son dauphin à l’élection présidentielle : Yayi Boni s’envole pour Paris » avant de s’interroger de la façon suite : « Que va chercher Yayi Boni à Paris ? » Le quotidien béninois soutient ensuite que cette visite vise, entre autres, à s’assurer du soutien des autorités françaises pour sa nomination au poste de Secrétaire général adjoint de l’Onu chargé du changement climatique et des Objectifs de développement durable (Odd). Le Matinal conclut que sa requête devrait avoir une réponse sous peu. Cette information a suscité diverses réactions, allant du simple citoyen à l’élite en passant par les chancelleries. Parmi tant d’autres, celle d’un homme tout aussi averti sur le fonctionnement de la puissante organisation mondiale qu’est l’Onu, ancien fonctionnaire international donne de minces espoirs de voir se concrétiser la promesse de la France à Yayi Boni. Le président béninois n’a pas encore eu une réponse des autorités françaises, lesquelles, selon des sources fiables, se montrent peu enclines à satisfaire Yayi Boni. Car, les choses se sont compliquées pour lui après l’échec de Lionel Zinsou, dont la victoire à l’élection présidentielle devrait être la contrepartie de la nomination du soutien français au chef de l’Etat béninois. Rien ne rassure que la France respectera sa promesse car, dans l’espoir secret qu’elle reprendrait du souffle et donnerait un élan à ses intérêts en Afrique à partir du Bénin, avec Yayi Boni, elle est tombée sur le refus catégorique du peuple béninois.

Un échec qui remet tout en cause

L’échec de Lionel Zinsou auquel les activistes de la Francafrique n’ont jamais pensé, est un coup d’arrêt aux ambitions cachées de l’ancien colonisateur et rend hypothétique le projet de Yayi Boni. La France a pour réputation d’avoir des intérêts et non des amis. Or, avec l’issue de l’élection présidentielle, ses intérêts vont un tout petit peu souffrir. On pense notamment au groupe Bolloré qui, avec un appétit vorace, a commencé par prendre contrôle des secteurs importants de l’économie nationale. Déjà présent au Port de Cotonou, Bolloré espérait avoir Lionel Zinsou au pouvoir pour pouvoir continuer les travaux de construction de rails modernes dans le cadre du projet de « Boucle ferroviaire’’ de 3000 km. Cette infrastructure communautaire et d’intégration sous régionale est censée relier Cotonou à Abidjan en passant par Niamey et Ouagadougou. En conflit avec le Groupe Pétrolin du milliardaire Samuel Dossou qui détient des droits sur ce projet, Bolloré a été interdit par un arrêt de la Cour d’Appel de Cotonou de continuer les travaux qu’il avait entamés. Une décision que Yayi Boni, accordant tout son soutien au groupe français au détriment du béninois, a tenté de violer en ordonnant la poursuite des travaux avant de reculer suite aux menaces de la justice. Dans la conduite de ce projet, l’appui du Premier ministre Lionel Zinsou à Bolloré avait déjà suscité des interrogations. Car, juste après sa nomination au gouvernement de Yayi Boni, il a accéléré la signature par le groupe français des conventions de réalisation du projet. Cela confirme que Lionel Zinsou, coopté par Yayi Boni pour lui succéder, était en mission pour soigner les intérêts français. Dès lors qu’il a échoué à l’élection présidentielle, tout est à renégocier avec le nouveau président. C’est donc clair que les intérêts de Bolloré sont menacés. Et la France tiendra pour responsable Yayi Boni qui a mal coaché son dauphin et devrait en subir les conséquences. Du coup, la récompense qu’il devrait recevoir, si tout avait marché, a de faibles chances d’être accordée. En plus de tout cela, un tel poste à l’Onu n’est pas un cadeau qu’on peut donner à un ami pour service rendu.

L’Onu n’est pas la gouvernance Yayi

Si Yayi Boni s’est imposé comme mode de gouvernance, la chasse aux cadres non compétents pour occuper des postes de responsabilité au sommet de l’Etat et dans l’Administration, l’Onu a la réputation de tenir compte du profil et de la moralité pour recruter ses fonctionnaires. A la lecture de la réaction de l’ancien représentant du Secrétaire général de l’Onu en Côte d’Ivoire, Albert Tévoédjrè, le chef de l’Etat béninois en fin de mandat est encore loin de répondre à des critères connus au sein de l’Organisation. « Il se répand la rumeur d’une possible nomination de Yayi Boni à l’ONU comme « Secrétaire général adjoint chargé du climat et des ODD ». Plusieurs journaux béninois et étrangers ont eu l’écho de ces divers bruits. De nombreux citoyens ont sollicité mon avis sur le sujet. Mon expérience de cinquante années de service international m’incite à une grande prudence sur la crédibilité de telles affirmations. Le Secrétaire général des Nations Unies, seul responsable d’une décision de ce genre, ne peut agir ainsi sans quelques discrètes consultations au sein du Conseil de sécurité et dans de nombreux autres cercles sérieux de l’opinion africaine et internationale. Ces consultations lui permettront de s’assurer que la nomination envisagée répond à des compétences indiscutables : compétences de réelle expertise pour assumer les charges en cause, compétences de santé rassurante et enfin certitude que cette nomination est moralement recevable par l’opinion publique en Afrique et ailleurs… Je peux vous assurer que, pleinement conscient de ses responsabilités, Ban Ki Moon, Secrétaire général de l’ONU, ne fera pas n’importe quoi, n’importe comment. Ayons confiance en lui », a réagi Albert Tévoèdjrè.

Fidèle Nanga

Extrait de l’article publié le 20 mars

Des sources bien introduites renseignent que le Chef de l’Etat sortant va renégocier un parapluie juridique pour sa retraite imminente qu’il souhaite paisible. Aussi, devra-t-il expliquer le cuisant échec de Lionel Zinsou à qui il avait promis une élection à la tête du Bénin par la voie des urnes. Des indiscrétions font état de ce qu’il avait assuré Laurent Fabius et Emmanuel Macron fin novembre en marge de la Cop 21 mais également François Hollande (le 6 février dernier) de peser de toute sa « popularité » pour que tout soit joué au premier tour. Des sponsors n’ont pas manqué d’accompagner le projet. Ils se sont manifestés en France, comme dans les grands Lacs. Mais avec ce double échec et ces piteux résultats, Yayi Boni se fait du souci. Il tient à s’assurer qu’il peut toujours compter sur le soutien de la France pour porter sa candidature au poste de secrétaire général adjoint de l’Onu chargé du changement climatique et des Objectifs de développement durable (Odd). « Somme toute, la promesse devrait tenir, car la France veut aussi tourner définitivement la page Yayi » indique une source parisienne .

Actu Bénin

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