Election du maire Charles Toko:Parakou en phase avec le Pouvoir central

Election du maire Charles Toko:Parakou en phase avec le Pouvoir central

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Ce qui paraissait comme un rêve pour certains est devenu une réalité depuis le lundi 03 octobre 2016. Après le retrait de confiance au maire Karimou Souradjou, le Conseil municipal de Parakou a décidé d’élire Charles Toko, un des acteurs de l’avènement du président Patrice Talon.

La destitution du maire Karimou Souradjou et son remplacement par Charles Toko, au terme d’un scrutin épique sont deux actes politiques à plusieurs conséquences. La première, c’est que ces actes rapprochent la ville de Parakou et son Conseil municipal du président Patrice Talon. Autrement dit, Parakou, à travers le Conseil municipal, a renouvelé avec sa tradition qui consiste à être proche du Pouvoir. En effet, le premier Conseil dirigé d’abord par Rachidi Gbadamassi, de 2003 à 2006, était constitué, en majorité, d’élus de l’Union pour le Bénin du futur (Ubf). Une coalition politique du régime de Mathieu Kérékou. Mais, à cause des ennuis judiciaires découlant de l’assassinat du juge Séverin Coovi, et aussi du fait de son soutien à Bruno Amoussou lors de la présidentielle de 2006, le Conseil a décidé de retirer sa confiance à Rachidi Gbadamassi. La procédure de destitution enclenchée en mai 2006 à son encontre a abouti et a ouvert la voie à l’élection de Samou Séidou Adambi. Ce dernier étant la cheville ouvrière du Changement à Parakou avec le grand rassemblement du 11 septembre 2005. C’est dire donc que c’est un homme ayant soutenu l’arrivée de Yayi Boni à la Marina qui venait d’accéder aux fonctions de maire à Parakou. Bénéficiant des faveurs du pouvoir, Samou Séidou Adambi, en mars 2007, est élu député dans la 8ème circonscription élection sur la liste des Forces cauris pour un Bénin émergent (Fcbe). Il quitte la mairie, remplacé par Soulé Alagbé, bien ancré dans la vision du Changement que prônait le président Yayi Boni. L’histoire s’est répétée encore avec le Conseil municipal de Parakou. Le maire Karimou Souradjou élu sur la liste majoritaire Fcbe, est tombé en disgrâce avec le Conseil à un moment où le président Yayi Boni à qui il doit son ascension n’est plus en fonction. Le protégé de Yayi Boni n’a pas été militant de la Rupture à l’occasion de la dernière présidentielle qui a connu l’élection de l’ennemi juré de son mentor, Patrice Talon. Le Conseil a donc décidé, pour être proche du Pouvoir, de lui retirer sa confiance et de confier la gestion à un conseiller qui a de fortes accointances avec le chef de l’Etat. C’est le sens qu’il faut donner à l’élection de Charles Toko au poste de maire de Parakou en remplacement de Karimou Souradjou.

Une élection inédite

Ce n’est pas la première fois que les Béninois assistent à une élection de maire à la suite d’une destitution. Natitingou, Kalalé, Parakou… l’ont connu en 2005. Pour la mandature en cours, Allada est la première commune dont le maire a été destitué et remplacé. Bonou et Gogounou sont dans l’attente d’élire de nouveaux maires. Parakou vient de boucler son cycle avec l’élection de Charles Toko. Ce qu’il faut retenir, c’est que le cas de Parakou a retenu l’attention et occupé le devant de l’actualité pendant plusieurs semaines. Et pour cause. Parakou était considéré, à tort ou à raison, comme le bastion de l’ancien président Yayi Boni. Sur les 25 élus municipaux, la liste Fcbe seule détient la majorité absolue des conseillers, soit 16. Au regard de l’article 400 du Code électoral, plusieurs lectures et interprétations ont été faites de cette disposition qui énonce au deuxième alinéa que « le candidat aux fonctions de maire est proposé par la liste ayant obtenu la majorité absolue des conseillers. » Beaucoup ont parié que le maire à élire devrait provenir à nouveau de la liste Fcbe à l’aune de l’article 400. Mais le Conseil, fidèle à sa philosophie de plébisciter un homme proche du Pouvoir, en se conformant strictement à la lettre de l’article 400, a proposé un candidat de la minorité par acte notarial. A l’arrivée, le candidat désigné est élu avec les suffrages de la quasi-totalité des conseillers soit 23 sur 24 présents, une conseillère étant absente. La loi n’a pas organisé comment le candidat aux fonctions de maire doit être proposé. Alors, dans leur détermination, la majorité des Conseillers de la liste Fcbe, au nombre de 11, ont fait le choix d’une déclaration par acte de notaire. Cela a été une surprise pour ceux qui attendaient des failles pour formuler des recours. En définitive, l’esprit et la lettre de l’article 400 du Code électoral ont été respectés et le nouveau maire a été élu sur une liste minoritaire appartenant au Conseil.

Une foire abondante de réactions

Les commentaires fusaient de toutes parts depuis le déclenchement du processus de destitution. Le maire Karimou Souradjou avait promis de jouer sa partition. Il l’a fait. Mais les irréductibles des Forces cauris pour un Bénin émergent ne croyaient pas à l’unité retrouvée du Conseil municipal. Le débat sur l’article 400 du Code défrayait toujours la chronique. Chacun soutenant sa thèse. Pour tous, la loi est claire. Le nouveau maire doit être Fcbe. Pour le camp adverse, la loi aussi est claire et indique que la majorité peut proposer le maire au sein de la minorité. Dans les avalanches de réactions, que de passions. Mais les avis juridiques et techniques des spécialistes tiennent compte des réalités et des possibilités d’une issue favorable à Charles Toko. Au finish, à la prise de connaissance de l’acte notarial de déclaration des conseillers de la majorité pour la proposition de Charles Toko au poste de maire, le débat s’est arrêté. Les férus des Fcbe, avec le score réalisé 23/24, la proposition par les conseillers Fcbe,ont compris qu’il est inutile de formuler de recours. Dès lors, la cohésion est revenue au sein du Conseil. Surtout que le nouveau maire a déclaré que nul ne sera de trop pour le développement de la ville.

Jean-Claude Kouagou

aCotonou

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