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Economie : La Banque mondiale voit affluer les demandes de prêts dans un contexte économique morose.

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Confrontés à des difficultés économiques tenaces, les pays en développement se tournent vers la Banque mondiale qui enregistre une demande de prêts record hors périodes de crise financière et s’apprête à franchir la barre des 150 milliards de dollars d’aides accordées entre l’exercice 13 et l’exercice en cours.

« Nous vivons dans une économie mondiale où les perspectives de croissance restent maussades, c’est pourquoi il est essentiel que la Banque mondiale joue son rôle traditionnel qui est d’aider les pays en développement à accélérer la croissance », souligne le président du Groupe de la Banque mondiale, Jim Yong Kim. « Une occasion historique s’offre à nous de mettre fin à l’extrême pauvreté dans le monde d’ici 2030, mais le seul moyen pour y parvenir est de remettre les pays en développement – à savoir les pays à revenu faible ou intermédiaire – sur une trajectoire de croissance plus rapide qui bénéficiera aux pauvres et aux plus vulnérables. »

On s’attend à 2,9 % de croissance économique mondiale en 2016, soit légèrement mieux que les 2,4 % estimés pour 2015 mais moins que les prévisions précédentes. Toutefois, les conditions se sont globalement dégradées davantage depuis le début de l’année.

Dans ce contexte, la demande des pays à revenu intermédiaire pour des prêts de la BIRD n’a jamais été aussi forte, hors crises financières, que durant notre dernier exercice (2015), atteignant 23,5 milliards de dollars. Selon les prévisions de la Banque, l’exercice 16 devrait facilement éclipser ce record avec plus de 25 milliards de dollars de prêts.

Il y a dix ans, le montant des prêts de la BIRD de l’exercice 06 s’établissait à 14 milliards de dollars, puis la demande des pays à revenu intermédiaire a culminé à 44 milliards de dollars sur l’exercice 10 lors de la crise financière. Lorsqu’à cette époque la direction a réexaminé les capacités financières de la BIRD durant l’exercice 10, il avait été anticipé que d’ici l’exercice 13, les prêts seraient revenus à leurs niveaux d’avant la crise, soit 15 milliards de dollars : c’était le niveau moyen à prix constants enregistré pendant la décennie ayant précédé la crise. Les prêts de la BIRD étaient effectivement redescendus à 15 milliards de dollars sur l’exercice 13, mais, d’après la Banque, la demande devrait progresser d’au moins 10 milliards supplémentaires sur l’exercice 16 en cours pour dépasser les 25 milliards de dollars.

En outre, grâce à un niveau de reconstitution sans précédent lors de la dernière levée de fonds en date au profit des pays les plus pauvres, les aides accordées cette année par l’IDA – le fonds du Groupe de la Banque mondiale pour les pays les plus pauvres – devraient également se rapprocher des records historiques. De même, la demande de services-conseils, destinés à accompagner les clients dans l’introduction de changements importants dans leurs politiques publiques, n’a jamais été aussi forte.

Une part importante des prêts en cours a pris la forme de financements à l’appui de politiques de développement (DPF), qui ont aidé les pays clients à mener d’importantes réformes visant à diversifier les sources de croissance et à protéger les États de chocs futurs. Les réformes prévues varient selon les besoins des pays et les difficultés qu’ils rencontrent.

« Dans la conjoncture atone actuelle, les gouvernants des pays en développement sont contraints de trouver d’autres moyens d’accélérer la croissance », indique Jan Walliser, vice-président Croissance équitable, finance et institutions. « Pour améliorer les perspectives de croissance à long terme, il faut déployer maintenant une large palette de réformes juridiques, réglementaires, institutionnelles et même logistiques afin de rendre les investissements plus attractifs. Pour les économistes dominants comme pour les gouvernements du G20, il importe d’engager aujourd’hui des réformes structurelles ».

Depuis très longtemps, le Groupe de la Banque mondiale dispense aux pays des services de conseil en matière de réformes et les aide à conduire les rênes de leurs réformes. De par sa connaissance approfondie des pays, son expertise sectorielle et son expérience internationale condensée, la Banque mondiale occupe une place unique.

« L’utilisation de ces types de prêts est importante car la Banque envoie ainsi aux marchés financiers un signal selon lequel les réformes d’un pays sont techniquement solides, que le pays va tenir ses engagements et que les réformes vont soulager les populations pauvres et vulnérables et non pas aggraver leur sort », ajoute Jim Yong Kim. « Ils sont extrêmement complémentaires des mesures de stabilisation du FMI ».

La Banque mondiale appuie les réformes des pays parce qu’elles permettent souvent d’accélérer la croissance, or la croissance économique est à l’origine d’environ deux tiers de la réduction de la pauvreté mondiale enregistrée au cours du dernier demi-siècle. La demande pour les services-conseils et les financements du Groupe de la Banque mondiale en appui à ces réformes a suivi une courbe cyclique.

Aujourd’hui, avec le ralentissement de la croissance, le Groupe observe une nette augmentation de la demande de DPF ainsi que des réformes associées chez tout le spectre de nos clients – depuis les pays à revenu intermédiaire de la tranche supérieure jusqu’aux pays à faible revenu, qu’ils soient exportateurs ou importateurs de produits de base.

« Le Groupe de la Banque mondiale est une coopérative de pays et nous avons pour mission de travailler avec nos clients afin qu’ils puissent atteindre leurs plus hautes aspirations », poursuit Jim Yong Kim. « Mais il est à présent parfaitement clair que nous ne parviendrons jamais à mettre fin à l’extrême pauvreté et à promouvoir une croissance partagée si nous ne nous attaquons pas aux menaces mondiales que sont notamment les pandémies, le changement climatique et les déplacements forcés, en partenariat avec nos pays membres – une région, un pays et une personne à la fois ».

WASHINGTON, le 11 avril 2016

Benin web TV

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