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Discours d’ouverture de la première session ordinaire de 2016 de l’Assemblée nationale:Adrien Houngbédji mobilise les députés autour des projets de Talon

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La première session ordinaire de 2016 de l’Assemblée nationale a été ouverte hier par le président de l’institution parlementaire. Dans son discours dont nous publions ci-dessous l’intégralité, Adrien Houngbédji a félicité le président Patrice Talon pour son élection et la formation de son gouvernement.

Il a aussi souligné les défis à relever par l’institution parlementaire les mois à venir pour le bonheur des populations. Au nombre de ces défis, le délitement des valeurs morales et sociales, la grande vulnérabilité du système partisan, la réécriture de la Loi fondamentale, aux exigences nouvelles de l’Etat de droit, au chômage massif des jeunes, etc. Toute chose qui cadre avec le discours programme du président de la République, Patrice Talon.

L’Assemblée nationale et moi-même, vous savons gré d’avoir répondu à notre invitation, montrant ainsi tout l’intérêt que vous portez à notre Institution et à nos travaux.
La présente session ordinaire, première de l’année 2016, s’ouvre à un moment important de la vie démocratique de notre pays. Il y a en effet à peine six jours, le mercredi 6 avril 2016, la Cour constitutionnelle recevait en notre présence constante, le serment du président de la République, Patrice Talon, et présidait à son investiture.
Déjouant les pronostics les plus pessimistes, le Bénin vient de relever un grand défi, celui de réaliser, dans le respect du délai constitutionnel, la quatrième alternance à la tête de l’État au terme d’une élection ouverte, libre, transparente, crédible et pacifique, aux résultats non contestés, et ce, de l’avis même de tous les observateurs nationaux et étrangers.
L’exception politique béninoise s’en trouve renforcée.
Et c’est pour nous un motif de légitime fierté.

Chers collègues ;

Je voudrais donc au nom de l’Assemblée nationale et en mon nom propre, féliciter publiquement les principaux artisans de cet événement majeur.
En premier lieu, félicitons le peuple béninois souverain qui a donné, une fois de plus, la preuve de son ferme attachement aux valeurs de la démocratie, que sont la liberté et la tolérance ; la preuve de son attachement à la paix ; la preuve de son attachement à l’unité et à la cohésion nationales.
En second lieu, félicitons les institutions de la République impliquées dans l’organisation et dans la gestion de l’élection présidentielle.
Au premier rang de ces Institutions, la Céna, pour avoir pris les mesures qui ont assuré le vote des citoyens, et pour avoir gagné le pari d’annoncer les grandes tendances moins de 48h après chaque tour de scrutin.
Hommage aussi à la Cour constitutionnelle qui s’est acquittée sans faille et avec célérité, de sa délicate mission d’assurer et garantir la régularité de ces élections et d’en proclamer les résultats.
Hommage encore à la Haute autorité de l’audiovisuel et de la communication (Haac) pour sa bonne gestion de la campagne médiatique, ponctuée par des innovations pertinentes, dont la plus importante fut, incontestablement, l’organisation du face-à-face du second tour entre les deux candidats restés en lice ; sans oublier l’opportunité donnée à tous les candidats du premier tour de défendre leurs projets de société au cours d’une émission « Moi Président » ; ce fut une grande première !
L’Assemblée nationale ne fut pas en reste, loin s’en faut ! Nous pouvons même affirmer sans fausse modestie, qu’elle fut le maître d’œuvre de cet édifice harmonieux.
En effet, par le vote de la loi n°2013-06 portant Code électoral en République du Bénin, l’Assemblée nationale a créé les conditions objectives de l’organisation d’une élection transparente et crédible dans notre pays, et ce grâce aux trois innovations majeures que sont :
- l’institutionnalisation d’une Céna permanente ;
- la création et la fixation des centres de vote par la loi ;
- la compilation des résultats de chaque arrondissement, en présence des représentants des candidats sous la supervision d’un coordonnateur désigné par la Céna.

Le rôle de l’Assemblée dans la Présidentielle

L’Assemblée nationale a donc joué une remarquable partition dans le succès de l’élection présidentielle de mars 2016. Il importe de le relever.
Mais les lois n’étant rien sans la qualité des hommes auxquels elles s’appliquent, je m’en voudrais de ne pas féliciter, en notre nom, tous les candidats et leurs staffs respectifs, pour avoir eu les attitudes et les réflexes qui ont concouru au déroulement paisible de cette élection.
Nous ne saurions oublier les organisations de la société civile et les observateurs nationaux et étrangers, dont la présence sur le terrain a été dissuasive contre la fraude et la violence.
Enfin, je veux adresser en notre nom à tous, nos sincères remerciements à l’ancien chef d’Etat, le Docteur Boni Yayi, pour tout ce qu’il a pu faire, afin que se réalise l’aspiration de notre peuple, à une alternance démocratique et paisible.

Honorables invités,

En clôturant la précédente session, à la veille de la campagne électorale, j’avais énoncé qu’il dépendait en grande partie de nous autres députés, que cette campagne soit à la hauteur de notre démocratie et de la maturité de notre peuple. Si je l’ai fait, c’est parce que cela m’a paru nécessaire.
Ne me tenez donc pas rigueur de souligner, et de saluer, l’exemplarité de la participation de chacune et de chacun d’entre vous à ce vaste débat national. Nul comportement, nul propos de votre part, n’a été observé, qui ne témoigne de votre esprit de tolérance et du respect de l’autre, dans sa personne, dans son honneur et dans sa dignité.
Placé à la tête de cette institution par vos suffrages, pour symboliser que la culture démocratique est un long apprentissage de ces vertus, je me dois et je vous dois, de rester imperturbable face au déferlement de tous les excès qui s’en écartent.
Toute consultation électorale suppose des choix partisans et s’achève toujours par la désignation d’un vainqueur par le peuple souverain. Avec la proclamation des résultats définitifs par la Cour constitutionnelle, et l’investiture du nouveau chef de l’État, l’élection présidentielle de mars 2016 a pris fin.
Reste que nous devons désormais nous atteler à ce que le peuple attend de nous : être de bons législateurs, et être d’actifs contrôleurs de l’action gouvernementale, dans la convivialité qui a jusqu’ici caractérisé nos relations au sein et en dehors de l’hémicycle.

Les félicitations de Houngbédji à Talon
Chers Collègues ;

Je voudrais à présent, au nom de l’Assemblée nationale et en mon nom propre, renouveler nos chaleureuses félicitations au président de la République, Son Excellence Patrice Athanase Guillaume Talon, ainsi qu’à tous les membres du gouvernement nouvellement formé.
Je forme pour le président de la République et pour son gouvernement, des vœux ardents de pleine réussite pour le bien et le bonheur du peuple béninois, avec une attention toute particulière pour nos collègues récemment promus.
Les défis à relever sont nombreux. Ils ont essentiellement trait au délitement des valeurs morales et sociales, à la grande vulnérabilité de notre système partisan, à la réécriture de notre Loi Fondamentale, aux exigences nouvelles de l’état de droit, au chômage massif des jeunes, aux faibles performances de notre économie, à la nécessité de construire une administration de développement, à l’inadéquation du système éducatif, à l’insuffisance de la couverture médicale, à la montée en puissance de l’insécurité sous tous ses aspects, enfin à l’unité nationale mise à rude épreuve par une certaine forme de gouvernance.
Avec un peuple qui adhère largement à sa vision et à son programme, le Président Patrice Talon tient entre ses mains le meilleur levier de succès.
Montesquieu disait en effet que : « pour faire de grandes choses, il ne faut pas être un génie, il ne faut pas être au-dessus des hommes, il faut être avec eux ».
Je note avec bonheur, en ce qui nous concerne, que le nouveau Président de la République veut faire de son mandat, celui des réformes dont, entre autres, la réforme du système partisan, reforme qui figure en priorité dans l’agenda de la septième législature de l’Assemblée nationale et à laquelle nous travaillons.
Dans mon discours d’investiture du 15 juin 2015, j’avais diagnostiqué que notre système partisan, tel qu’il est bâti et fonctionne, constitue en réalité une entrave au libre jeu de la démocratie et j’en avais appelé à une réforme approfondie, pronostiquant que « sans une réforme d’envergure, le risque est grand de voir notre classe politique disparaitre progressivement et à jamais ».
A la lumière des secousses plus ou moins violentes qui n’ont épargné aucun de nos groupes politiques lors des dernières élections présidentielles, et qui ont mis au grand jour l’inefficacité et la vulnérabilité de notre système partisan, il urge en effet de trouver des solutions qui donnent plus de sens à la démocratie.

Chers Collègues ;

La présente session ordinaire de notre Assemblée aura à connaître de plusieurs projets et propositions de lois. Nous aurons aussi à voter des autorisations de ratification d’accords de crédit pour donner au gouvernement les moyens financiers indispensables à la réalisation de ses objectifs prioritaires, au centre desquels se trouve la réduction de la pauvreté.

Les dossiers en instance

La liste des dossiers en instance devant nous a été soumise à l’examen de la Conférence des Présidents le 08 avril. Le Secrétaire général administratif a été instruit d’en adresser une copie à tous les Députés. Je puis ainsi affirmer que nous débattrons au cours de cette session des grands dossiers que constituent :
- Le projet de loi portant statut du Barreau de la République du Bénin ;
- La proposition de loi modifiant et complétant la loi n°2011-37 du 10 juin 2002 portant organisation judiciaire en République du Bénin ;
- La proposition de loi modifiant et complétant la loi n°2008-07 portant code de procédure civile, commerciale, sociale, administrative et des comptes ;
- L’examen des rapports de la chambre de l’instruction de la Haute Cour de Justice relatifs aux dossiers des ex Ministres Alain François Adihou et Armand Zinzindohoué.
D’autres viendront s’y ajouter au fur et à mesure que les Commissions permanentes déposeront leurs rapports.
Il ressort de cette liste que la première session ordinaire de l’année 2016, ne sera pas de tout repos pour les députés et l’administration parlementaire.
Je compte donc sur vous, chers collègues, je compte sur le dynamisme des commissions permanentes, je compte sur la disponibilité de notre personnel administratif, pour que de nombreux dossiers soient prêts à débattre et débattus en plénière.

Mesdames et Messieurs ;
Chers collègues ;

L’action est la principale clé de tout succès. Le monde bouge, les sociétés bougent, les nations bougent.
Mettons nous tous ensemble au travail, pour que la 7ème Législature de l’Assemblée Nationale et la présente session qui s’ouvre sous une ère nouvelle, jouent un rôle déterminant dans les mutations qui projetteront notre pays vers la prospérité.
Merci à vous tous d’avoir honoré de votre présence, cette cérémonie.
Je déclare ouverte, ce mardi 12 avril 2016, la Première Session Ordinaire de l’année 2016.
Vive la démocratie
Vive l’Assemblée nationale
Vive le Bénin
Je vous remercie.

Les intertitres sont de la Rédaction

Impressions de nouveaux députés

6 nouveaux députés ont été officiellement reçus au Parlement mardi 12 avril 2016 par le président Adrien Houngbédji. Ils remplacent leurs titulaires appelés pour la plupart à d’autres fonctions. Quelques-uns ont livré leurs impressions après leur baptême de feu.

Issifou Amadou, remplaçant de Sacca Lafia : « Il faut permettre au président Talon de finir avec la précarité »

« Nous avons de bonnes impressions, vu l’accueil qui nous a été réservé. C’est vrai que nous sommes dans une grande coalition. On ne peut que respecter les idéaux de cette grande alliance pour pouvoir permettre au président Patrice Talon de finir avec la précarité ».

Guy Dossou Mitokpè, remplaçant de Candide Azannai :« Je travaillerai dans le sens de la famille et de la mouvance politique »

« Un député va à l’Assemblée pour deux raisons : contrôler les actions du gouvernement et voter les lois. Je ne suis pas allé au Parlement avec un bâton magique. Je travaillerai comme les autres parlementaires afin que les aspirations du peuple puissent trouver aboutissement. Nous devons comprendre qu’un nouveau pouvoir vient de se mettre sur pied par les Béninois. Ce ne sont pas les représentants du peuple qui feront obstacle à ce que ce nouveau pouvoir puisse aller dans le sens de ce qu’il a promis aux Béninois. Je suis d’une famille politique, d’une mouvance présidentielle. Je travaillerai dans le sens de cette famille et mouvance politique ».

Domitien N’Ouemou, remplaçant de Eric Kouagou N’Da :« Nous allons accompagner les chantiers du Nouveau Départ »

« C’est la joie de retrouver les anciens collègues qui étaient de la 5ème Législature, même si la manière avec laquelle nous sommes venu n’est pas bonne. Une nouvelle Législature, un Nouveau Départ, nous allons accompagner les chantiers du Nouveau Départ ».


 

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