Dieudonné Lokossou, Syndicaliste Secrétaire général de la Csa-Bénin : « J’ai l’impression...

Dieudonné Lokossou, Syndicaliste Secrétaire général de la Csa-Bénin : « J’ai l’impression qu’on nous méprise, nous acteurs sociaux »

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« 100 jours, c’est un peu trop tôt pour faire un bilan exhaustif des actes qui ont été posés. Mais compte tenu du fait nous revenons de très loin, nous sommes sortis d’une très grande nuit, les populations sont impatientes parce qu’elles veulent des résultats avec effets immédiats. Le Président, il dit que lui, il aime relever les défis. Les gens sont impatients pour tâter du doigt, palper les résultats. Pendant les trois mois, le gouvernement n’est pas resté inactif. Il y a des actes qui ont été posés de façon appréciable et négative. Nous avons participé activement au Changement. Sur le plan des actions positives, on peut évoquer le problème de découpage territorial qui trainait depuis 1999 si mes souvenirs sont bons. Le Président a pu désigner les chefs-lieux. Mais ce qui est remarquable, c’est qu’il est ressortissant d’une région qui aurait souhaité, compte tenu de son passé historique, être retenu comme chef-lieu. Au mépris des intérêts égoïstes, il a désigné comme chef-lieu, Allada pour l’Atlantique. Il y a aussi l’annulation des concours frauduleux (…).  

En ce qui concerne les faiblesses, ce qui m’a frappé est que l’actuel Président a hérité d’une situation calamiteuse sur le plan social, économique. A travers son concept de Rupture ou de Nouveau départ, il doit mettre fin à certaines pratiques. Malheureusement, pour la commission qui a été créé pour la relecture des textes de la Constitution et des institutions, on a débloqué 500 millions en un mois à 35 personnes dans un océan de misère. En tant que défenseur des intérêts matériels, moraux et professionnels des travailleurs, nous ne pouvons pas cautionner cela. Ça va à l’antipode de son concept Rupture. Pour moi, il n’y a pas eu de rupture parce qu’avant lui, il y a eu des tentatives de révision et on a mis en place des commissions. Combien cela a couté à l’Etat ? J’ai eu le plaisir de dénoncer cette gabegie sur un plateau et je m’attendais à ce que l’on démente. Malheureusement, ils sont venus confirmer. Pendant ce temps, nous avons l’état des dettes vis-à-vis des travailleurs. J’ai comme l’impression qu’on nous méprise, nous  acteurs sociaux et c’est sur les ondes que nous allons apprendre certaines déclarations tapageuses. Dire que notre pays est un désert de compétences ! Çà c’est une injure à la classe intellectuelle de notre pays. De même, lorsqu’on procède à des nominations à caution qui donnent lieu à des réactions négatives parce que les gens trainent des casseroles, ça fait frémir. Sur le plan des réformes constitutionnelles et institutionnelles,  la question de mandat est déjà réglée par l’ancienne Constitution. On a dit 5ans renouvelable une seule fois et l’âge va de 40 à 70 ans. On ne peut donc pas gommer notre histoire à partir d’un projet de société. Si le Chef de l’Etat a l’intention de faire 5ans, il ne doit pas l’imposer au peuple. Il fait ses 5 ans, il plie ses bagages et il s’en va, parce que si on constitutionnalise cette affaire de mandat unique, ça veut dire que le peuple est foutu ! On se livre, on fait un saut dans l’inconnu et je crains la dictature. Le peuple béninois est un peuple mûr. Sur le plan du dialogue social, il a  hérité d’un passif assez lourd donc tout de suite on ne peut pas jeter des pavés dans la marre. Cependant, des mouvements de protestations s’observent déjà.»


Matin Libre

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