Deuxième tour de la présidentielle:Talon et sa coalition confirment leur avance

Deuxième tour de la présidentielle:Talon et sa coalition confirment leur avance

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Un nouveau jour se lève sur le Bénin. Au soir de ce dimanche 20 mars 2016, les Béninois, semble-t-il, viennent de vaincre la fatalité des années « Yayi ». Ils ont voté dans le calme et la sérénité. Les tendances glanées ici et là, confirment d’ailleurs, un vote globalement en défaveur du candidat du pouvoir.

Cris et clameurs ont accueilli ce dimanche soir, les résultats sortis des urnes à Cotonou, dans le cadre du 2nd tour de l’élection présidentielle. C’est paradoxalement aux encablures du domicile du chef de l’Etat sortant, Yayi Boni, que les manifestations de joie les plus chaudes ont eu lieu. Les jeunes de Cadjèhoun ont spontanément envahi les rues au niveau du passage à niveau pour manifester leur joie. Visiblement, ils ne pouvaient pas cacher leur bonheur et un sentiment de délivrance. Ils chantaient à tue-tête : « Talon dou baba nou Yovo ». Ce qui signifie Talon a battu son adversaire à plate couture. On peut donc, sans grand risque de se tromper, et sans faux triomphalisme, dire que la messe est dite et que les années de la Refondation, ou de la fausse émergence sont définitivement derrière nous. « Il y a eu beaucoup de tension dans les cœurs, mais les résultats proclamés par la Cour ont confirmé la tendance annoncée par la Cena. Tout cela montre que dans l’ensemble nous sommes en train de progresser, et que notre modèle n’est pas si mal que ça, bien au contraire. Il suffit qu’on le veuille. Les choses se passent bien parce qu’on l’a bien voulu, aussi bien les membres de la Cena, de la Cour Constitutionnelle, tous les électeurs dans l’ensemble et les candidats. Toutes les fois que nous prenons à cœur de nous en sortir, nous y parvenons. J’ai l’impression que la renaissance de notre pays est déjà en cours. Tout se passe si bien que pour moi, c’est prémonitoire », a déclaré Patrice Talon dans la matinée, après son vote, dans l’un des centres de vote du quartier Zongo à Cotonou. Porté par la dynamique de la rupture amorcée au lendemain du vote du 1er tour, Patrice Talon savait, en politicien chevronné, qu’il était à quelques encablures du Palais de la Marina. Avec le tour de force réussi d’avoir embarqué les grosses pointures que sont Sébastien Ajavon, Abdoulaye Bio Tchané, et Pascal Irénée Koupaki, le magnat du coton savait qu’il avait réalisé le plus dur. Les populations l’avaient déjà adoubé au premier tour.

Yayi a rendu Talon plus populaire

Il ne restait alors qu’à confirmer au second tour. La « coalition de rupture » a été une redoutable machine mise au service du candidat. Les velléités et tentatives de cooptation n’ont pas manqué dans le camp d’en face. Mais, ni Ajavon, Koupaki ou Bio Tchané, n’ont semblé entendre les sirènes du pouvoir. Lionel Zinsou ira seul au second tour. Les 25 ont fait bloc derrière leur leader. A partir du conclave d’Azalaï, les dés étaient jetés. Mathématiquement, Patrice Talon avait déjà raflé la mise. Alors, que Lionel Zinsou, et son directeur de campagne, le chef de l’Etat sortant, peinaient à convaincre et à rallier de nouveaux soutiens, la victoire avait déjà choisi son camp, et les électeurs béninois, le successeur de Yayi Boni. L’autre moment clé de la période de l’entre-deux tours, a été le débat ayant opposé les deux finalistes. Les téléspectateurs et auditeurs ont pu suivre et se délecter devant les échanges croustillants des deux présidentiables. Comme l’ont reconnu la plupart des analystes le lendemain du débat, Patrice Talon a démontré une maîtrise des enjeux et défis nouveaux auxquels sont confrontés les Béninois. N’ayant pas une connaissance plus approfondie des réalités sociologiques du pays, le Premier ministre, peut-être aussi tétanisé par l’enjeu, n’a pas su apporter la répartie qu’il fallait. Lionel Zinsou a simplement perdu son latin. C’est à cet instant que le 2nd tour a été joué.

Le peuple s’est fait justice

D’aucuns, espéraient que le Premier ministre puisse déjouer les pronostics, faisant étalage de sa large maitrise des données économiques. Mais, son vis-à-vis, Patrice Talon, beaucoup à l’aise dans cette joute, ne s’est pas laissé faire. Le Premier ministre ne pourra plus combler son retard, laissant l’avantage définitivement à Patrice Talon. Un Patrice Talon que les Béninois ont découvert plus tenace et aguerri. Somme toute, faute d’une stratégie politique cohérente, et d’une campagne électorale bien pensée, le camp présidentiel a donc gâché les chances de son poulain. L’atmosphère instaurée par Yayi Boni depuis l’annonce de la candidature de Patrice Talon en France, a été anxiogène et préjudiciable au discours de son candidat. Avec ses provocations et critiques, le chef de l’Etat sortant a réussi l’immense prouesse de rendre Patrice Talon plus populaire qu’il n’en fallait. Il vient donc d’en faire les frais. De plus, Lionel Zinsou a bénéficié des attributs et moyens de l’Etat pour battre campagne. Mais, mus par un sentiment de vengeance sur l’histoire, les électeurs béninois ont décidé de congédier la « médiocrité » des années « yayi ». La particularité de ce vote est que sans avoir demandé un inventaire, le peuple s’est fait justice au premier et au 2nd tour. Dans quelle proportion, on le saura avec les résultats de la Céna dans quelques jours.

Wilfrid Noubadan

Actu Bénin

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