Décryptage : la normo-médiatisation ou la norme du nouveau départ pour une...

Décryptage : la normo-médiatisation ou la norme du nouveau départ pour une information habillée.

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Le régime du nouveau départ s’est finalement prononcé sur son style communicationnel qui fait polémique depuis un certain temps au sein de la corporation des journalistes et autres professionnel des médias. C’est à travers son chargé de mission, responsable communication média à la présidence de la république, Edouard Loko, que le gouvernement a fait connaitre à l’opinion nationale qu’il a fait l’option de la normo-médiatisation pour se démarquer de l’hypo et de l’hyper médiatisation qui sont toutes deux pathologiques.

Mais cette sortie médiatique de Edouard Loko loin de nous avancer ne fait que renforcer nos appréhensions et nos interrogations sur le devenir de la presse à leur du nouveau départ. C’est pourquoi la rédaction de votre web média s’est davantage penchée sur la question pour relever les faiblesses et les incongruités des arguments du gouvernement.

La presse, un pouvoir au cœur de notre appareil démocratique :

On a coutume de dire que la presse est un pouvoir. Le quatrième pouvoir après le pouvoir exécutif, le pouvoir législatif et le pouvoir judiciaire. En tant que pouvoir dans le dispositif constitutionnel de notre pays, la presse à l’instar des autres pouvoirs est investie d’une mission : celle d’apporter l’information juste à la population et cela à temps et d’où qu’elle se trouve. Cela a été de tout temps et en tout lieu le rôle de la presse.

D’autres parts, s’informer, c’est un droit. Le droit à l’information, est un droit inaliénable qu’on ne saurait circonscrire sous prétexte que ceux qui nous gouvernent sont des maniaques de la discrétion. La gestion d’un état est une activité publique qui doit subir les critiques du public. Dans cette optique, il ne s’agit pas de « faire voir seulement l’indispensable ». Ce faisant, c’est habillé l’information pour ne présenter que l’aspect qui arrange le pouvoir ; ce faisant, c’est soustraire les partis politiques de leur devoir constitutionnel de critiquer l’action gouvernementale et de faire des propositions alternatives ; ce faisant, c’est empêcher les citoyens de leur droit de regard dans la gestion de la chose publique par la veille citoyenne.

Dire par exemple que le peuple n’a point besoin de savoir qui est nommé mais comment marche le secteur dans laquelle la personne est nommée n’est qu’une vérité approximative. Nous en voulons pour preuve la réaction récente du président de l’UNAMAB, Michel Adjaka sur certaines nominations qui selon ses dires défieraient la morale et n’incite pas à la vertu.

La normo-médiatisation ou la phobie-médiatisation ?

Il ressort alors de nos analyses que cette « norme » médiatique du nouveau départ est juste une crainte. En effet, le président Patrice Talon est bien conscient que la communication est un couteau à double Tranchant. Autant elle vous construit, autant elle peut vous défaire.

Le président Talon se souvient encore de l’avalanche de critiques qu’il a reçus après sa cérémonie de réconciliation en Côte d’Ivoire et sa bourde à Paris avec son histoire de désert de compétence. Autant de maladresses qui passeraient inaperçues si la presse internationale n’avait pas pris la mauvaise option de communiquer sur un président qui a effectué presque en catimini son voyage.

Il est donc tout à fait normal pour une personnalité publique de la trempe de l’actuel président de la république,  très préoccupé de l’impact qu’il entend exercer sur ses compatriotes (être pris en triomphe au terme de son mandat), d’éviter autant que faire se peut les médias surtout quand on a la chance de se retrouver dans un contexte politique où personne n’a le courage d’aller contre vous et qu’on a le sentiment d’avoir le peuple avec soi.

En somme, nous sommes contre l’hyper-médiatisation, nous sommes contre l’hypo-médiatisation ; mais nous sommes davantage contre la normo-médiatisation. Nous voulons une médiatisation normale qui permet à la presse de faire son travail. Nous ne voulons pas d’informations habillées pour protéger un gouvernement. Nous ne demandons pas la médiatisation du mariage d’une ministre de la république encore moins celle d’un président visitant une ex-première souffrante ou coulant des larmes dans le domicile d’un directeur de société qui a perdu un parent.

Mais nous voulons qu’on mette à la disposition de la presse des informations à traiter pour la gouverne du peuple béninois, c’est cela notre métier et c’est cela le droit du citoyen. Nous pouvons donc ensemble convenir (gouvernement et professionnel des médias)de ce que la norme sera ; c’est ce que je crois.

Benin web TV

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