Déclarations incendiaires du chef de l’Etat à Cobly:Yayi en mauvaise campagne pour...

Déclarations incendiaires du chef de l’Etat à Cobly:Yayi en mauvaise campagne pour Zinsou

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Le chef de l’Etat est coutumier des déclarations incendiaires. Il s’est encore illustré il y a quelques jours à Cobly dans ses habituelles envolées malveillantes et dangereuses pour l’unité du pays. Yayi Boni reste vraiment un problème pour la paix et l’unité nationale.

Plus que jamais en campagne pour son candidat Lionel Zinsou, Yayi Boni tombe de plus en plus dans la digression et ne veut véritablement pas se tenir à l’écart des propos qui n’ont rien à voir avec le message de paix qu’il ne cesse de véhiculer. Voilà un président en fin d’exercice qui reprend du poil de la bête en faisant l’apologie de l’affrontement entre gens d’ici et de là-bas, en promettant la guerre à son peuple. Pendant ses 10 ans de règne, il n’a fait que cela. Diviser, déchirer les familles entières, fragiliser les partis politiques, acculer les opposants et les opérateurs économiques, détruire les acquis de la Conférence nationale, appeler à la violence. En somme, il a mis le pays sens dessus dessous, en détruisant le tissu social et tout ce qui faisait sa fierté. Ses propos tenus à Cobly, lesquels laissent croire qu’il y aura affrontement si le pouvoir d’Etat restait au « Nord » après les 20 ans de conduite des affaires du pays par des présidents issus de cette même partie, ne sont pas les premiers du genre. Les exemples ne manquent pas, mais le plus mémorable reste sa prestation télévisée diffusée à la veille du 1er août 2012 au cours de laquelle il a clairement affirmé qu’il fera venir ses gens pour affronter ceux des autres régions qu’ils jugent à la solde d’une certaine classe politique qui ne soutient pas ses actions. Ses propos avaient été condamnés par la Cour constitutionnelle, donc jugés suffisamment graves et destructrices pour l’unité du pays. La Haute juridiction a condamné les propos sans condamner le président de la République, pourtant coupable de parjure. Si la Cour constitutionnelle n’était pas allée plus loin qu’une simple condamnation de propos, plus de trois ans après, elle a l’occasion de faire mieux. Un président qui prédit l’affrontement à son peuple a, sans doute, quelque chose derrière la tête. Veut-il enfin réaliser son rêve avant de quitter le pouvoir ? Il semble bien décidé à foutre le bordel dans le pays, car c’est son rêve le plus ancien. Rosine Soglo avait prévenu et Yayi Boni ne l’a jamais démenti. Le chef de l’Etat a promis mettre le pays à feu et à sang et il le démontre chaque jour. On a comme l’impression que c’est la dernière obsession du roi de la Marina après avoir précipité le pays au creux de la vague.

Mettre le pays à feu et à sang : son rêve

Le plus grave est qu’il a tenu ces propos en pleine campagne électorale. Les insinuations du chef de l’Etat visent les candidats originaires du Septentrion. Yayi Boni affirme que si l’un d’entre eux devenait son successeur, cela amènera le sud du pays à ne pas l’accepter. Un débat indécent et indigne d’un chef d’Etat. Un débat régionaliste auquel il s’accroche depuis son arrivée au pouvoir pour justifier son désir funeste d’opposer le Nord au Sud. Pour assouvir sa soif, le président de la République ne recule devant rien, même pas devant la mémoire de ces vaillantes âmes qui se sont battues pour l’avènement de la démocratie, hier citée comme modèle, aujourd’hui loin d’être une référence. Yayi Boni a déjà prouvé qu’il veut mettre le pays à feu et à sang. Sinon, comment comprendre qu’il ait choisi Cobly dans le Nord pour donner un élan à ses dérives. Il s’est exposé lui-même sans s’en rendre compte. Les populations du Nord ne réserveront jamais un bon accueil à ses déclarations et en guise de protestation, elles pourraient s’en prendre au chef de l’Etat et puis à leurs frères des autres régions. L’autre conséquence, est qu’au cas où la victoire se rangeait du côté d’un candidat du Nord, le chef de l’Etat aurait déjà préparé le sud à contester les résultats. Il est en campagne pour son dauphin, Lionel Zinsou, originaire du Sud et en parlant ainsi, il croit lui rendre service, mais bien au contraire, il compromet ses chances de succès. Car dans ces conditions, ce serait une grande surprise de voir la sympathie des électeurs du Nord aller vers Lionel Zinsou. Ce serait mérité pour ce dernier. Mais, le peuple ne mérite pas un chef dont les propos insinuent à l’affrontement et à la confusion. Ce peuple ne mérite pas d’être au bord du précipice où les occasions du pire lui sont offertes par son président.

F.N

Actu Bénin

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