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Déclaration des biens du Président de la République : 238 jours de violation de la Constitution

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Oubli, négligence ou contraintes des nouvelles charges ? 238 jours déjà que Patrice Talon est à la tête du Bénin, et il n’a toujours pas déclaré ses biens à la Chambre des comptes de la Cour Suprême. Le Chef de l’Etat reste étrangement silencieux sur un sujet qui ne manque pourtant pas d’intérêt pour les Béninois. L’acte qu’il met du temps à accomplir est totalement en contradiction avec la «Rupture» qu’il veut imprimer à son quinquennat. Il s’agit bien de la déclaration de son patrimoine prescrite par la Constitution et une autre loi, comme un devoir impératif. Le silence des institutions de la République, notamment la Cour Constitutionnelle, devient très inquiétant. Où va la démocratie béninoise ?

Instaurée par la Constitution du 11 décembre 1990 et renforcée par la loi N°2011-20 du 12 octobre 2011 portant lutte contre la corruption et autres infractions connexes en République du Bénin, la déclaration de patrimoine à l’entrée et à la fin d’une fonction est bafouée à l’ère du «Nouveau Départ», au vu et au su de la société civile et de la classe politique, toutes taciturnes.

Le parti Alternative Citoyenne de Me Joseph Djogbénou et consorts avait publié un document dans lequel il recommande «la gouvernance par l’exemple». Quel exemple le Président de la République veut-il donner à ses compatriotes si lui-même a du mal à respecter les lois de la République ? Qu’est-ce qui le gêne dans la déclaration de son patrimoine ? De quoi a-t-il peur pour que 254 jours après son arrivée à la Marina c’est toujours le grand mystère autour de ses biens ? Qu’est-ce qui coince pour qu’il se fasse désirer sur ce sujet par lequel il aurait pu envoyer un signal fort à ses concitoyens ? Veut-il appliquer la Constitution selon une géométrie variable? Autant de questions qu’on est en droit de se poser au regard du mauvais exemple qu’il donne.

C’est dire que les alertes de l’Autorité nationale de lutte contre la corruption, du Parti pour la Libération du Peuple (PLP) et d’une certaine presse n’ont rien changé. Patrice Talon et même certains de ses ministres continuent de piétiner la loi fondamentale.

A Parakou, le Chef de l’Etat avait parlé de la lutte contre les crimes économiques et surtout l’impunité, affirmant que les Béninois ne sont pas encore prêts, sous le prétexte qu’il aurait reçu des «pressions» de tous genres dans l’affaire cocaïne. «Qu’il aille d’abord déclarer ses biens à la Cour Suprême. Les Béninois sont prêts à lutter efficacement contre l’impunité avant même qu’il ne prenne le pouvoir. Donc, le problème est ailleurs. Le non respect des textes de la République est déjà un problème de gouvernance, donc d’impunité», explique un magistrat à la retraite sous le couvert de l’anonymat.

Dans le cadre de la bonne gouvernance et pour la crédibilité du discours présidentiel, le Chef de l’Etat doit corriger le tir. Le monde entier regarde le Bénin et ses dirigeants. Théodore Holo et son équipe doivent siffler la fin de la récréation, car les institutions de la République ne doivent pas être complices de la violation flagrante de la loi fondamentale.

Ozvague DANCHEON

aCotonou

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