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Déclaration de l’ex-premier ministre du Bénin sur Radio France Culture: Les révélations de Lionel Zinsou sur la présidentielle 2016, les Fcbe, Yayi et autres

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Après un court silence, à la suite de son échec à la dernière présidentielle 2016 au Bénin, Lionel Zinsou, ex-premier ministre de Yayi et candidat porté par le pouvoir d’alors à travers la coalition Fcbe-Rb-Prd, livre enfin son cœur. Invité de la radio française France Culture, le franco-béninois a abordé plusieurs sujets, dont celui de la présidentielle. Il n’a pas passé sous silence les questions de sécurité et des politiques de développement en Afrique.
Lionel Zinsou a été clair. Il n’avait point pour ambition de présenter sa candidature à la présidentielle 2016, lorsqu’il venait d’être fraichement nommé par Boni Yayi au poste de premier ministre, courant juin 2015. Il l’a avoué sur Radio France Culture, ce dimanche. Cette ambition, pour lui, est venue bien plus tard, lorsqu’il a fallu désigner un candidat consensuel pour représenter l’alliance au pouvoir, l’alliance FCBE. Dénonçant les attaques violentes qu’il a eu à subir, M. Lionel Zinsou a rappelé que ceci n’était pas la particularité du Bénin, ni de l’Afrique. Prenant pour exemple le ministre français Emmanuel Macron, il a montré en quoi les calomnies constituent le lot quotidien de l’homme politique « J’ai un ami, Emmanuel Macron, je lui ai dit: Emmanuel, il ne faut pas dire je suis blessé, parce que les gens ne veulent que vous blesser. La particularité, quand vous êtes ministre, c’est qu’on vous attaque beaucoup, mais en général , ce sont vos adversaires. Quand vous êtes candidat à la présidentielle, vous y ajoutez tous les gens qui sont censés être vos amis politiques. Vous prenez les trente calomnies les plus habituelles, vous les écrivez, vous remettez ça à vos parents, s’ils sont sensibles et âgés, et à vos enfants, s’ils sont en état de comprendre. Et après, chaque fois qu’on vous accuse d’une abomination financière, sexuelle, familiale sur votre filiation etc., ils cochent les cases en se disant, ça y est, on est à la 22e calomnie. Vous verrez, c’est une chose qui détend tout le monde. », a- t-il déclaré, provoquant des rires parmi les journalistes. Il a également évoqué son accident d’hélicoptère en rappelant que c’était un problème de météorologie malgré le fait que certaines croyances y avaient vu des forces mystiques.

L’allusion à Nicéphore Soglo
« Est-ce que les liens avec la France marchent encore? Ou est-ce un repoussoir?». M. Lionel Zinsou a affirmé que la question du racisme a été lancée dans le débat par ses adversaires. Mais il reconnaît que cette attaque n’a pas réellement pris parmi la population, puisque, le thème du racisme ne marche pas réellement au Bénin. Toutefois, toujours selon l’ancien premier ministre, les thèmes de la «recolonisation» et accessoirement du Franc CFA ont été repris par la presse et ont touché la jeunesse et les personnes âgées. « Le rejet de la France et de l’Occident, il est fort chez les gens les plus âgés (…) il y a un homme d’Etat que je respecte par ailleurs, qui a le sentiment que, lui-même, dans sa carrière politique, a été renversé par la France; ça existe encore chez les gens d’âge et chez les jeunes gens ; (…) Cette fable a eu plus de succès «

Le développement de l’Afrique et la politique du gouvernement Talon

La croissance économique en Afrique est très forte. L’Afrique subsaharienne, bien qu’affectée par les matières premières ne rentre pas en récession, selon Lionel Zinsou. Pour lui, les pays n’ayant pas de matières premières à l’instar du Bénin, ont une croissance supérieure à la moyenne des pays ayant des matières premières. Même si les croissances définies par la banque mondiale, y compris dans les pays instables, sont bien réelles, il se pose un problème de débouchés de ces croissances. « La croissance ne crée par de développement, elle crée des classes moyennes supérieures, crée des exclus, des pauvres (qui ne sont pas pour autant des illettrés). Ce qu’il faut, ce sont des politiques hyper-spécifiques pour transformer la croissance en facteur de développement ‘’, a- t-il dit, pointant du doigt la politique du gouvernement Talon, qui est un gouvernement très libéral, qui pense que la croissance va résoudre les problèmes. Concernant la croissance démographique, Lionel Zinsou a une vision plutôt large du sujet : il a rappelé qu’à sa naissance, il y avait 2 millions d’habitants au Bénin contre 11 millions aujourd’hui. Certes, le pays a plus de pauvres et d’exclus, mais encore plus de personnes qui vivent dans la dignité (à peu près 500.000 en 1960, contre 7 à 8 millions de nos jours) comparé aux années d’indépendance. La croissance démographique n’est donc pas pour lui un grand handicap.

Sur le terrorisme

Pour Lionel Zinsou, nos armées n’étaient pas préparées pour affronter le terrorisme. Toutefois, il a rappelé qu’en s’unissant et en améliorant les techniques de renseignements, on pourrait constater des évolutions. « Les renseignements servaient à écouter les opposants politiques jusque-là «. Il a donné en exemple, le recul de Boko Haram au Nigéria après la formation de la coalition. Il a également affirmé qu’il faudra également utiliser pour la sécurité, les ressources initialement prévues pour le développement: il n’y a pas de développement sans paix. Pour lui, l’occident doit accompagner l’Afrique sur ce plan, pour permettre d’atteindre les objectifs de développement. Il a insisté sur le fait que la France est un allié de l’Afrique et non le gendarme. La France agit, selon lui, pour le compte de l’Europe, puisque plusieurs pays européens sont à la base de différents drames en Afrique, citant en exemple la Belgique avec le Rwanda et la RDC.

Wandji A.

aCotonou

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  1. Suis d’avis avec lui lorsqu’il confirme, pratiquement, que la croissance ne crée pas le développement. Une erreur que beaucoup commettent. Il faut transformer la croissance en facteur de développement

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