Daniel Edah sur « Moi Président » : « Moi je suis...

Daniel Edah sur « Moi Président » : « Moi je suis pour la rupture profonde »

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Ils sont 33 candidats engagés dans la course pour le palais de la Marina. Au final, un  seul va occuper le fauteuil présidentiel. La compétition sera bientôt ouverte, mais nos présidentiables parcourent monts et vallées pour dire en quoi ils sont les meilleurs à remplacer Boni Yayi, le 6 avril prochain. En dehors des meetings, il y a les messages à la radio et la télévision. C’est à cet exercice que va s’essayer notre invité du jour, le candidat Daniel Edah. Avec Daniel Edah, il fera beau; c’est sous ce slogan qu’il résume son projet de société : «77 engagements pour le Bénin» que nous allons essayer de découvrir à travers cette émission de 52 minutes. Matin Libre se propose de revenir sur cette période en proposant à ses lecteurs l’intégralité de l’entretien.

Présentation

Porte étendard du Mouvement pour la prospérité solidaire (Mps), candidat à l’élection présidentielle de 2016, Daniel Edah est né le 2 octobre 1972. Ce natif de Gohomè dans le département du Couffo, a  le militantisme chevillé au corps. Depuis le collège, il était proche du parti du salut de Damien Zinsou Alahassa. En tant qu’étudiant, il a été le Président du comité de soutien à la candidature de Mathieu Kérékou en 1996. Sur le plan associatif, Daniel Edah a dirigé l’Ensemble artistique et culturel des étudiants de l’Université nationale du Bénin. Il a été aussi secrétaire général du Festival cultuel des clubs Unesco universitaires de l’Afrique de l’Ouest. Il a aussi milité dans plusieurs organisations non gouvernementales. Daniel Edah est consultant en leadership partenariat et participation des jeunes. Il est titulaire d’un master en management des projets, d’une maîtrise en sociologie anthropologie, et d’un certificat en droits économiques. Ancien fonctionnaire de l'Organisation internationale de la francophonie, Daniel Edah est un élu local. Il exerce son mandat de conseiller communal à Djakotomey. Il ambitionne occuper le fauteuil présidentiel dès le 6 avril 2016, si les Béninois lui accordent leur suffrage.

Monsieur Daniel Edah bonsoir, cette présentation vous satisfait-elle ou bien avez-vous quelques éléments à ajouter ?

Je dois dire que l’essentiel a été dit sauf que je ne suis plus conseiller communal depuis quelques semaines. J’ai cédé la place à mon suppléant un peu plus jeune que moi, parce que notre participation à l’élection communale n’était pas pour aller siéger à la mairie de Djakotomey, mais plutôt pour tester notre légitimité locale. Parce que nous estimons qu’on ne peut pas prétendre à cette haute fonction, sans avoir une légitimité locale, sans avoir été élu au moins une fois, ne serait-ce que dans son village. Je saisis donc l’opportunité pour remercier les populations de Djakotomey en général et les électeurs de l’arrondissement de Gohomè qui m’ont fait confiance et qui m’ont donné l’opportunité de m’assurer que le combat pour le Bénin est possible à partir de Gohomè, à partir de Djakotomey, à partir du Couffo, à partir du grand Mono pour que tout le Bénin puisse retrouver le sourire

Daniel Edah, démissionner de la francophonie pour se présenter à l’élection présidentielle, n’est-ce pas une entreprise un peu risquée pour vous qui êtes encore jeune ?

Merci beaucoup. Je suis encore jeune, c’est vrai; quand on me compare à tous les autres concurrents, je suis jeune. Mais quand on me compare à la pyramide des âges de notre pays, je ne suis plus jeune et vous convenez avec moi que les Béninois de moins de 30 ans font plus de 60% de notre population. Les Béninois de moins de 35 ans font pratiquement 70% et aujourd’hui, nous sommes face à des défis et ces défis appellent l’engagement des Béninois.  Qui sont ces Béninois majoritaires qui doivent s’engager ? C’est nous, c’est les Béninois qui ont aujourd’hui notamment entre 40 et 50 ou 55 ans qui ont l’obligation de prendre leur responsabilité. Parce que nous sommes responsables de nos jeunes frères, nous sommes responsables de nos enfants et si on demande encore  à la soixantaine passée ou ceux qui vont à 70 ans de commencer par s’échiner pour nous alors qu’ils l’ont fait depuis les indépendances...Il faut que nous prenions nos responsabilités et comme Frantz Fanon le disait « Chaque génération doit dans une relative opacité, découvrir sa mission, la remplir ou la trahir ». Et face aux défis nouveaux qui sont les nôtres, puisque, il y a des gens expérimentés dit-on. Mais, le mécanicien de Bbct, dans le garage moto où moi je dormais pendant 4 mois au moins après mon baccalauréat, étaient des expérimentés ; jusqu’à présent, ce sont des experts en la matière. Mais, ils sont qualifiés pour réparer les Bbct, les Av 85, mais ils ne sont pas forcément qualifiés pour réparer les motos Dreams ou les nouvelles motos que nous avons aujourd’hui. Donc, les défis du Bénin ont évolué, se sont métamorphosés et dépassent désormais les compétences de nos anciens et il nous appartient à nous de cette génération de prendre nos responsabilités. En quittant l’Oif, je me sacrifie pour mon pays et si c’était à refaire, je le ferais à nouveau, parce que qui est-ce qui doit prendre le devant des choses pour que nous ayons les conditions propices pour nous présenter? Il y en a qui me disent mais il faut attendre les conditions propices. Qui est responsable de la création de ces conditions propices-là, c’est nous et si personne ne s’engage, alors qui le ferait?

Maintenant vous quittez l’Oif en toute responsabilité. Vous êtes le chantre de la lutte contre la corruption, l’enrichissement illicite et l’impunité. Alors, si vous êtes élu et investis le 6 avril prochain, par quel bout voulez-vous prendre pour venir à bout ce fléau.

Merci pour cette question. Je voudrais rappeler que notre pays a trois défis principaux. Le tout premier que vous venez d’énumérer, c’est la lutte par l’exemple contre la corruption, l’enrichissement illicite et l’impunité. Le deuxième, c’est la création des conditions durables pour l’emploi des jeunes et l’autonomisation des femmes et le troisième c’est ce que j’appelle la gouvernance inclusive. Une gouvernance inclusive pour les jeunes, une gouvernance inclusive pour les femmes, inclusive pour les personnes âgées, inclusive pour les handicapés, inclusive pour les riches, inclusive pour les moins riches, inclusive pour les lettrés, inclusive pour les non lettrés, inclusive pour tous les Béninois de toutes les conditions, sans discrimination, sans rejet de qui que ce soit.  Maintenant, revenons à la question liée à la corruption. Tout le monde a parlé, du moins, les concurrents ont parlé et le président que nous souhaitons remplacer à partir du 6 avril 2016, si vous nous faites confiance et si Dieu bénit notre démarche, a même marché contre la corruption. Mais nous avons constaté quoi ? La corruption s’est amplifiée dans ce pays. On se demande mais comment pourrait-il arriver là où ces mastodontes ont échoué ?

Justement tous les gouvernements qui se sont succédé à la tête de ce pays, se sont essayés à la lutte contre la corruption, mais n’ont  jamais pu aboutir à de résultats concrets, qu’est-ce que vous envisagez faire ?

Il s’agit d’essayer, il s’agit de faire

Quelles sont les réformes que vous comptez opérer dans ce domaine de la lutte contre la corruption ?

La première réforme, c’est que le président de la République soit l’exemple parce que le poisson pourrit par la tête. Il ne s’agit pas de dire, luttons contre la corruption, nous allons lutter contre la corruption et protéger les corrompus ou la corruption elle-même. Parce que si nous n’arrivons pas à arrêter la corruption dans ce pays, c’est la corruption qui finira par arrêter le Bénin. Et qu’est-ce que nous ferons pour arrêter la corruption ? Dans cette nouvelle lutte par l’exemple que nous allons engager, il s’agira de donner aux acteurs de lutte contre la corruption, les moyens de leur efficacité. Qu’est-ce que j’entends par là? Le gouvernement que nous souhaitons remplacer à partir du 6 avril 2016, si vous nous faites confiance et si Dieu bénit notre démarche, a tout le temps parlé de lutte contre la corruption, mais regardez les organisations de la société civile qui luttent contre la corruption, leur financement vient exclusivement ou prioritairement des partenaires au développement, ce n’est pas normal, ce n’est pas responsable, cela ne traduit pas une volonté politique effective . Deuxième chose, quand vous prenez la presse, notamment la presse privée chez nous, mais, il y a beaucoup de journalistes qui détiennent la carte de presse, qui n’ont pas de fiche de paye et qui vivent dans la précarité. Or, comment peut-on réussir une lutte contre la corruption, sans avoir une journalisme d’investigation efficace contre la corruption, il faut donner aux acteurs de la presse, les moyens. De façon concrète, nous allons restructurer l’aide de l’Etat à la presse et aux médias et la décomposer en trois parties. La première partie va servir à garantir la sécurité humaine, à tous les détenteurs de la carte de presse. On ne créera pas de  nouveaux agents permanents de l’Etat mais, cela va se faire entre les organisations faîtières au niveau de la corporation et la haute autorité de l’audiovisuel et de la communication. Toute personne détenant une carte de presse doit s’attendre à un minimum par mois dans notre pays. Et  vous constatez que ce qui tient lieu d’entreprise de presse dans notre pays, tout ça vacille au gré de l’intérêt du prince. Donc, il s’agira de mettre la deuxième partie de cette aide là pour soutenir les entreprises de presse dans notre pays et veiller à ce que nous puissions détenir de véritables chaînes de télévisions libres, de véritables chaînes de radio et qu’on ait des quotidiens, des mensuels, des bihebdomadaires  véritablement indépendants. Et la troisième composante, c’est d’investir dans le journalisme d’investigation contre la corruption, former les journalistes qui prennent ce chemin là parce que c’est un métier à haut risque, leur donner le matériel qu’il faut parce qu’il faut des instruments, il faut des équipements appropriés. Quand nous aurons fait ça, l’Autorité nationale de lutte contre la corruption, c’est une belle initiative, mais pour l’instant c’est un tigre sans dent. Donc il faudra renforcer les capacités de cette autorité-là.

Vous avez parlé dans votre projet de société de la création d’un parquet national, d’instituer une juridiction spécialisée chargée de la délinquance en col blanc. Est-ce que la lutte contre la corruption, c’est une affaire d’institutions?

Nous avons besoin d’institutions fortes pour réussir cette lutte contre la corruption. Et pour que nous ayons des institutions fortes axées contre la corruption, il faudrait que le président de la République montre qu’il est vraiment prêt.

Est-ce qu’il ne faudrait pas passer à l’étape de la sanction parce qu’il y a une loi qui punit l’enrichissement illicite et la corruption dans notre pays?

Je peux vous garantir une chose, à partir du 6 avril 2016, tout acte de corruption sera sévèrement puni et je dis sévèrement et sans exclusive parce que  Daniel Edah n’a pas trempé dans la gestion des 25 dernières années de notre pays. Daniel Edah n’a pas de casserole. Daniel Edah n’a pas de soupçon de corruption ou d’enrichissement illicite. Or toute personne, tout candidat, qui a eu à fleureter avec la pègre d’une manière ou d’une autre, tout candidat qui est soupçonné dans un dossier de malversation de corruption, tout candidat qui est lié à des gens corrompus, n’aura pas la liberté, la latitude nécessaire d’engager cette lutte, pour ne pas avoir à subir la loi de «Si la corde attrape l’aiguille, l’aiguille va tirer le pagne». En d’autres termes, avant de parler de corruption-là, souviens-toi de ce que nous avons eu à faire ensemble, si je tombe, toi-aussi tu vas tomber. Daniel Edah n’est pas dans ce schéma-là. C’est pour cela que nous avons le courage nécessaire, nous avons la détermination nécessaire. Et puis, parmi tous les autres candidats, qui est-ce qui a abandonné son gagne-pain pour dire qu’il veut s’engager pour le Bénin?

Daniel Edah, à partir du 6 avril prochain, vous allez punir donc corrompus et les corrupteurs, c’est en s’appuyant sur les textes existant ou d’autres lois seront votées?

C’est en s’appuyant sur les textes existant. Mais nous allons améliorer avec les engagements qui sont les nôtres. Le Bénin dispose déjà d’un arsenal suffisamment impressionnant mais il faut clarifier. C’est pour cela que nous créerons le parquet spécial parce la haute cour de justice n’est pas efficace. Elle a jugé combien ? On dirait que nous sommes dans un pays où les petits voleurs peuvent passer au tribunal et les grands voleurs, ils peuvent attendre jusqu’au jour leur enterrement pour qu’on n’en parle. Au nombre des réformes que nous ferons, je ne fais pas partie de ces candidats qui disent qu’on va supprimer X, on va supprimer Y. Mais, après notre investiture le 6 avril 2016, si les Béninois nous font confiance et si Dieu bénit notre démarche, la première grande activité politique au niveau national que nous conduirons sera d’organiser une conférence bilan de la mise en œuvre des actes de la conférence nationale. Les conclusions de cette conférence bilan de la mise en œuvre des actes de la conférence nous permettront de préparer et de soumettre un projet de révision de la constitution à nos compatriotes.

Justement, parlant de projet de révision de la constitution, vous avez parlé de relecture de la charte des partis politiques pour les organiser en mouvance et opposition. Ce qui est contraire à mon avis, à la constitution du 11 décembre 1990, qui prône un multipartisme intégral dans notre pays.

Vous convenez avec moi que notre démocratie est essoufflée dans son caractère partisan. Est-ce que nous allons continuer dans le même chemin? Est-ce que le moment n’est pas venu pour remettre tout à plat pour prendre un véritable nouveau départ? Ce n’est pas le nouveau départ de certains amis où ceux qui avaient bouffé ensemble hier se retrouvent aujourd’hui pour parler de nouveau départ. Moi je suis pour la rupture profonde.

Et la rupture, comment elle va s’opérer dans ce domaine-là ?

Mais vous avez dit que cette organisation du paysage politique partisan en mouvance-opposition et en centre, est contraire à notre constitution en son état actuel. Et c’est voilà pourquoi, il nous faut aller à la révision de la constitution. Au-delà de ce qu’il faudra permettre que le paysage partisan soit organisé en opposition-mouvance et centre, il faudrait faire en sorte que la gouvernance inclusive prenne tout son envol. Qu’est-ce que j’entends par là? Les électeurs de moins de 35 ans font plus de 52% des électeurs du 6 mars prochain. Et à l’heure où nous parlons, il n’y a aucun jeune de moins de 35 ans à l’hémicycle, ce n’est pas normal.

Vous proposez dans votre projet de société l’élection de 30 jeunes de moins de 35ans  et 5 Béninois de la diaspora!

D’abord, nous amènerons les partis politiques à faire des places de choix aux jeunes et aux femmes. Mais indépendamment de cela, nous mettrons en branle les mécanismes appropriés dans le dialogue qui nous conduira à la conférence bilan de la mise en œuvre des actes de la conférence nationale. Nous prendrons toutes les dispositions pour, que les partis politiques le veuillent ou pas, que les jeunes aient de l’argent ou pas, que 15 jeunes hommes, 15 jeunes femmes aient leur place à l’hémicycle dès mai 2019. Pourquoi? L’assemblée Nationale est le lieu où l’on connaît des défis, des problèmes du pays et quand on parle du Bénin aujourd’hui, le pays est majoritairement jeune. Ce n’est pas normal que nous continuons par utiliser le mot jeunesse dans tous les discours politiques et qu’au moment de les impliquer, de les associer pour qu’ils puissent nous dire ce dont ils souffrent, c’est vrai des gens me parleraient d’expérience, les jeunes n’ont peut-être pas d’expérience, là encore, il peut avoir des débats, mais est-ce qu’ils ont besoin d’expérience pour dire ce dont ils souffrent?

Daniel Edah, vous ne pouvez pas forcer les partis politiques à positionner les jeunes Il vous faut encore susciter au niveau de ces jeunes-là, le militantisme pour pouvoir siéger dans ces partis politiques !

Les jeunes militent et ceux qu’on envoie au-devant lors des campagnes, c’est les jeunes, ceux qu’on envoie dans les hameaux, c’est les jeunes, ceux qui font le gros lot du boulot, c’est les jeunes, seulement jusqu’à présent sont considérés comme des ouvriers politiques.

Alors Daniel Edah veut proposer aussi l’élection de 5 députés au sein de la diaspora, le vote aura lieu où? Au Bénin ou à l’extérieur?

Mais le 6 mars, nos compatriotes de la diaspora vont voter où? Dans la diaspora, bien sûr! Nous n’arrivons pas encore à capitaliser tout le potentiel dont regorge notre diaspora. Toutes les fois où la diaspora a été sollicitée, c’est souvent en aval, c’est-à-dire que quand les problèmes se posent on les appelle à la rescousse. Moi je propose de les impliquer en amont, faire en sorte qu’ils participent aux réflexions en amont, pour que les choix que nous aurions à faire, cela participe de la gouvernance inclusive que nous appelons. Parce que nous avons plus de 2500 000 compatriotes à la diaspora et nous avons des compétences dans des secteurs pointus et il faut pouvoir capitaliser toute compétence-là, il faut pouvoir capitaliser toute cette richesse-là et on ne peut pas les impliquer véritablement sans les associer notamment au niveau du parlement

Mais cette élection est un scrutin de luxe! Est-ce qu’il faut créer encore des partis politiques hors du pays ou comment tout cela va se passer?

Non, mais forcément, nos compatriotes qui sont dans la diaspora seront organisés... Nous par exemple, le Mouvement pour la prospérité solidaire (Mps) a un vice-président chargé de la diaspora et qui nous représente quand il s’agit de faire des débats à l’internationale. Les autres partis ont aussi des sections à l’étranger. C’est une question de volonté politique, une volonté d’inclusion effective de tous les citoyens béninois et c’est à cela que nous allons nous atteler.

Daniel Edah, le volet économique de votre projet de société prévoit de réformer le code des marchés publics pour réduire la durée de la dette publique extérieure et apurer la dette intérieure  en cours. Comment cela se fera ?

Moi je ne suis pas économiste, je ne suis pas docteur, je n’ai fait que la sociologie et le management des projets. Mais, je sais que pour que l’économie nationale puisse tourner, il faut que les opérateurs économiques nationaux aient de la liquidité, aient de l’argent. Donc, un Etat qui s’endette auprès de ses opérateurs économiques nationaux est un état criminel, c’est un Etat qui ne veut pas la croissance économique, c’est un Etat qui ne veut pas le développement économique, voilà pourquoi la priorité pour nous sera d’apuré la dette publique intérieure. Maintenant, en fixant le délai, cela contraint le gouvernement à tenir dans un  cadrage, ce que nous appelons la gouvernance responsable. Au-delà de la fixation du délai, au-delà de l’apurement de la dette intérieure, ce que nous ferons dans la relecture de ce code des marchés public, c’est de fixer des seuils d’éligibilité au marché public, aux entreprises. Une entreprise qui a 5 employés par exemple, doit avoir un marché cumulé par an en termes d’accès au marché public, tous les ministères publics pris ensemble. De sorte que les marchés publics deviennent un instrument d’expression de la solidarité nationale par la création de l’emploi parce qu’il y a des compatriotes qui ne disposent d’aucun bureau, qui n’ont pas d’employés, qui restent simplement dans leurs chambres et qui font des dossiers et qui gagnent des marchés de milliards. Ce n’est pas normal et nous devons pouvoir mettre fin à cela pace qu’il faut la redistribution et quelqu’un qui n’est pas en mesure de redistribuer la richesse qu’on lui octroie, aux autres compatriotes, il ne faut pas lui donner.

Avez-vous une idée de l’état de notre économie, est-ce que vous avez une idée de la tâche qui vous attend dès avril prochain si vous étiez élu président de la République?

Merci beaucoup. Vous parliez de si vous étiez élu vous avez prophétisé, nous serons élu et le 6 avril 2016, nous serons investi président de la république et avec le soutien des Béninois et la bénédiction de Dieu. L’économie béninoise est exsangue. Les gens font de maquillage. Je ne ferais pas l’affront au gouvernement en disant que certaines de nos propositions ont été copiées et insérées dans le dernier discours du président de la république quand il s’engageait à apurer…

Mais vous ne l’avez pas vulgarisé!

Notre projet de société a été le tout premier à être mis sur internet et disponible.  Ce qui fait que nous n’avons pas été vu, c’est que nous ne faisons pas partie de ceux qui ont volé l’argent de l’Etat et qui pouvaient se payer les chaînes de télé ou ceux qui ont corrompu les institutions publiques pour s’enrichir. Donc, c’est normal qu’on pense qu’ils sont les premiers à vulgariser leur projet de société. Mais ceci dit, notre économie est en graves difficultés et on essaie de maquiller cela et c’est pour cela que certains n’ont pas intérêt à ce que la rupture profonde intervienne.  

Et qu’est-ce vous proposez concrètement, quelles solutions vous apportez de nouveau?

Ce que nous proposons de nouveau, c’est que le Bénin se retrouve et se demande; nous sommes à côté du Nigéria, de quoi a besoin le Nigéria? Les importations massives que nous faisons pour réexporter sur le Nigéria, est-ce que ça crée l’emploi? Parce quand on parle d’économie, pour moi cela est étroitement lié à la création de l’emploi.

Pour mettre fin à cette importation, qu’est-ce que vous proposez aux Béninois ?

Je voudrais avec le soutien des Béninois, faire passer notre économie de consommation actuelle, à l’économie de production. C’est indispensable. Vous savez, en 2012, quand les problèmes ont commencé entre les anciens amis et que le président de la République a fait appel à travers un communiqué du Conseil des ministres aux compatriotes qui pourraient faire venir des investisseurs, en vue d’implanter des usines de production d’intrants dans notre pays, j’ai pris l’initiative d’en amener. Mais jusqu’à l’heure où nous parlons, cette usine n’a pas démarré parce qu’il y a des gens dans ce pays qui vivent de l’importation et qui n’ont pas intérêt à ce que la production s’installe. Or, si nous ne produisons pas, nos jeunes n’auront pas d’emploi. C’est  vrai, nous avons proposé dans notre  projet de société, de créer dans chacune de nos communes, ce que nous appelons les coopératives économiques communales…

Avant d’y arriver, parlons de l’indépendance énergétique et de l’eau pour tous qui figurent dans votre projet de société !

Merci. Nous notre vision, c’est le Bénin économiquement prospère, socialement stable et quand nous parlons du Bénin économiquement prospère, nous parlons du Bénin attractif des investisseurs nationaux et étrangers. Le Bénin un pays de service, destination privilégiée des multinationales qui ont envie de s’implanter chez nous pour conquérir les marchés des pays voisins. Nous ambitionnons un Bénin industriel, un Bénin où l’agroalimentaire a pion sur rue, pour que nous puissions commencer à exporter vers les pays voisins, véritablement vers notre voisin. Contrairement à ceux qui parcourent nos villages pour distribuer des lampes torches, nous, quand nous parlons de l’avènement de l’industrie agroalimentaire,  cela suppose qu’on s’y attaque au défi énergétique et déjà en mars 2014, je ne veux pas faire de la publicité à une firme quelconque, je parcours un peu des sociétés qui font de l’électricité.  Au Togo voisin, ils ont moins de problème de délestage que nous. La société américaine qui accompagne le Togo, c’est Contour global. J’étais dans leur bureau à New York en mars 2014 et je leur ai dit : mais pourquoi vous le faites au Togo et vous ne pouvez pas faire au Bénin? Mais, ils m’ont répondu : ça fait 6 ans qu’ils ont envoyé une offre à notre gouvernement et ils n’ont pas reçu de réponse, ni oui, ni non, mais moi j’ai compris. Quand je prends Maria Gléta…ce que j’ai compris, c’est qu’ils n’ont pas trouvé les moyens de se faire corrompre. Donc, quand on n’a pas trouvé les moyens de se faire corrompre, on ne peut pas faire affaire avec les Américains. Dans ces conditions, eh bien! on reste silencieux. Ils sont allés plus loin en me disant qu’ils souhaiteraient que le Bénin se mette ensemble avec le Togo parce que leur capacité de production est au-delà de la capacité d’absorption du Togo et qu’on pourrait mutualiser les efforts. 

Ce projet vous intéresse-t-il si vous êtes élu le 6 avril prochain ?

C’est le chemin pour pouvoir accueillir les industries agroalimentaires chez nous. Quel investisseur voudrait s’installer dans un pays où n’y a pas d’énergie électrique pour pouvoir tourner? Et au-delà du fait que nous avons besoin de l’énergie, pour notre consommation interne, le Bénin pourra exporter de l’énergie vers le Nigéria et d’autres pays de la sous-région? C’est notre défi et nous ne ferons pas la distribution de lampes torches; ce que je condamne d’ailleurs parce que si une maman va au marché et revient tardivement, elle n’a pas de farine de maïs à la maison, les lampes torches des enfants rassemblées ne pourront pas faire tourner le moulin du village.

Mais cela permet déjà aux enfants d’étudier !

Nous, nous voulons du durable. Quand on a passé plus de 50 ans d’indépendance, il faut qu’on ait maintenant le courage d’aller vers du durable.

Vous parliez d’une usine tout à l’heure, cette usine devrait fabriquer quoi et elle devrait être installée où ?

L’usine dont je parlais devrait produire des intrants pour notre agriculture, mais les ennemis de la république n’en ont pas voulu, parce que cela ne permet pas d’importer et de faire des affaires. Nous, ce que nous ferons par rapport aux intrants en plus de favoriser l’implantation de plusieurs usines de production d’engrais et autres intrants agricoles, c’est de permettre la vente directe, c’est de favoriser la vente directe de ces intrants des usines vers les paysans. Le gouvernement se bornera simplement à faire de la régulation s’il y a plusieurs usines et à s’assurer que la qualité d’intrant produit et fourni aux paysans est conforme à ce qu’il faut pour notre agriculture. Donc, c’est une priorité et avant la fin de l’année 2016, les premières usines commenceront par s’installer.

En dehors des intrants vous parlez de la réorganisation de la filière coton, quelle forme va-t-elle prendre ?

La Bénin a opté pour le libéralisme économique. Les relations incestueuses entre certains hommes d’affaires et le gouvernement, nous ont conduits dans la situation actuelle où, notre coton, au lieu d’être le chemin de notre prospérité, est devenu le chemin de notre suicide collectif. Nous allons arrêter ce suicide collectif en retournant à gestion du coton avant l’arrivée du président Boni Yayi au pouvoir. Je ne voudrais pas accuser X ou Y, mais je peux vous dire que la gestion de la filière coton sous le régime actuel a été des plus chaotique, alors que c’est sous ce régime que nous avons beaucoup de docteurs, beaucoup de professeurs, et on nous prépare d’autres professeurs, on nous prépare d’autres docteurs, c’est une question de logique. Nous allons faire en sorte que les paysans reprennent leur place et que tous les acteurs privés sans compromettre l’intérêt national reprennent la place qui leur est due pour qu’en harmonie, la gouvernance du coton puisse retrouver l’orthodoxie.

Vous avez opté pour la diversification des filières. En dehors du coton, vous avez opté pour l’adoption d’autres filières agricoles ?

Bien évidemment le coton nous crée tellement de problèmes, qu’il faudrait faire en sorte de lui opposer d’autres filières. On n’abandonnera pas le coton, mais on va mettre le coton en compétition avec d’autres filières qui permettent aux Béninois de se nourrir. Parce que, si par exemple, vous disposez de coton en grande quantité et que vous avez faim, s’il n’y a pas marché, vous ne pouvez pas manger le coton!

Dans quelles filières prometteuses allez-vous investir en priorité ?

Le manioc, le maïs, tout ce qui est vivrier, parce que nous voulons faciliter l’installation d’industries agroalimentaires dans notre pays et il leur faut de la matière première. Nous ne pouvons pas nous permettre d’importer les matières premières pour ces industries qui vont s’installer au Bénin. Donc, toutes nos régions, toutes nos communes, vont devoir se retrouver, les fils et filles en des conférences économiques communales, pour définir et arrêter les potentialités à valoriser communes par communes et c’est autour de ces potentialités que nous mettrons en place les coopératives économiques communales, soit pour produire, soit pour transformer. Mais, il appartiendra aux fils et filles de chaque commune de dire voici la filière que nous souhaitons voir émerger dans notre commune parce que le président de la République selon ma compréhension, ce n’est pas celui qui connaît tout, ce n’est pas celui qui sait tout.

Daniel Edah, il y a un point dans votre projet de société relatif au remboursement des victimes de Icc. N’est-ce pas des mesures pour flatter les électeurs? Sinon tous les candidats à l’élection présidentielle le proposent!

Pour ceux qui ont eu l’occasion de lire mon récit autobiographique, «il fera beau» et ceux qui me regardent en ce moment, droit dans les yeux, ils savent que Daniel Edah est le plus sincère des candidats, ils savent que Daniel Edah ne peut pas dire des choses qu’il n’est pas en mesure de faire. Je voudrais faire une observation. Je ne suis pas d’accord avec nos compatriotes qui se sont laissé aller à l’affaire Icc. Mais tel un parent, l’Etat avait l’obligation de protéger nos compatriotes contre ces arnaqueurs. Mais qu’est-ce que l’Etat a fait ? L’Etat les a protégés. C’est pourquoi sous notre leadership, l’Etat doit rembourser partiellement les victimes de Icc services avec l’argent du contribuable parce que nous souhaitons voir, à partir du 6 avril 2016, une gouvernance responsable. Donc un Etat qui permet que la photo du Chef de l’Etat soit affichée dans les centres où on arnaquait nos compatriotes, un Etat qui permet que des policiers, même des gendarmes et des militaires aillent garder les centres où on arnaquait nos compatriotes, cet Etat est complice, cet Etat est un Etat voyou et nous devons l’arrêter.

Et quelle est la responsabilité des citoyens qui se sont laissé brimer?

Ils sont responsables en grande partie, c’est pour cela que Daniel Edah ne s’engage pas pour un remboursement intégral. Tous les autres candidats qui disent qu’ils vont rembourser intégralement font dans la démagogie.

Est-ce que vous savez aujourd’hui ce qu’il faut rembourser ?

Cette affaire a plumé nos compatriotes de plus de 150 milliards de F Cfa. Mais, nous n’allons pas rembourser tous les 15O milliards et quelque. Nous rembourserons une portion. Ça va être dans le cadre d’une discussion avec les victimes et avec les services étatiques. Ce qui est certain, ce qui va être retenu, c’est que Daniel Edah remboursera en partie, les victimes de Icc parce que l’Etat qui les a laissées faire est responsable, est complice, était un Etat voyou et comme nous voulons mettre fin à l’Etat voyou, nous devons rendre les mesures qui s’imposent. Bien évidemment, tous les acteurs, tous les agents de l’Etat qui ont fait partie de cette arnaque seront sanctionnés et durement sans exclusive.

Daniel Edah, vous voudriez bien présenter votre logo et le spécimen du bulletin unique aux électeurs.

Notre logo est celui-ci, il fera beau pour ceux qui savent lire…(langues locales ndlr)

Daniel Edah vous proposez un programme de stage présidentiel, qu’est-ce que vous y mettez ?

Merci beaucoup, je voudrais dire que le chômage des jeunes n’est pas une fatalité dans notre pays. Nous pouvons le vaincre. Et pour le vaincre, il faut commencer par interroger notre système éducatif qui dialogue très peu avec nos priorités économiques. Il s’agira pour nous en priorité, de réformer notre système éducatif de manière à faire de l’enseignement technique et la formation professionnelle, la colonne vertébrale de la 6e jusqu’en terminale.

Et c’est cela que vous désignez par la relecture des nouveaux programmes basés sur l’approche par compétence ?

Mais quand on parle encore de nouveau programme en 2016, c’est une aberration. Ces programmes ont vieilli. Les nouveaux programmes étaient destinés à former des Béninois de type nouveau si les fonds destins à ces programmes n’avaient pas été détournés. Ceci dit, ce qui est important maintenant, c’est ce qu’il faut faire à partir du 6 avril 2016 et nous réformerons le système éducatif pour en faire un système qui fabrique non plus des chômeurs, mais qui produit des ressources humaines disponibles et prêtes pour la concrétisation de la vision du Bénin économiquement prospère et socialement stable. Ceci dit, les réformes vont prendre un bout de temps pour commencer par produire des résultats. Or, il y a des Béninois qui attendent des emplois tout de suite et pour ces Béninois, nous créerons dans chacune de nos communes, les coopératives économiques communales qui vont générer un minimum de 1000 emplois. Ce qui fera pour nos 77 communes un minimum de 77 000 emplois sur 5ans, c’est la première mesure concrète. La deuxième, c’est d’accompagner  les jeunes et les femmes qui portent des projets d’entreprise. Il y a beaucoup qui ont des entreprises qui ne tournent pas, soit parce qu’ils n’ont pas la formation appropriée pour bien gérer leurs affaires, parce qu’ils n’ont pas accès aux opportunités en terme de financement, en terme de marché. L’Etat doit s’inquiéter chaque fois qu’une entreprise nationale est en difficultés. Nous ne souhaitons pas être ce président qui pense que, un opérateur économique qui est opposant peut fermer sans que rien n’arrive. Voilà pourquoi, nous avons pris l’engagement d’accompagner 50 000 entreprises portées par les jeunes et les femmes sur 5 ans et dans notre planning, une entreprise soutenue devrait pouvoir générer deux emplois, tout au moins le promoteur et un autre compatriote qui est engagé. Ça nous fait 100 000 emplois sur 5 ans sans gonfler l’effectif des Agents permanents de l’Etat.

Daniel Edah, c’est beaucoup de chiffres et pour que cela ne sente pas de la littérature, nous prenons l’exemple des coopératives. 77 communes feront 77 coopératives et vous parlez de 1000 emplois, ce qui fait 77000 emplois, que vont faire ces coopératives ?

Je prends la commune d’Akpro-Missérété, où nos parents produisent du manioc. Qu’est-ce qu’on fait de ce manioc-là dans cette commune? De quel marché dispose les paysans producteurs? Je prends la commune  de Pobè où l’on produit aussi du manioc, je retourne à Djakotomey ou à Aplahoué, je parlais tantôt de la nécessité pour nous, de réunir des conférences économiques pour que nos compatriotes dans toutes les  communes puissent identifier les potentialités autour desquelles nous allons construire ces coopératives communales. Est-ce qu’il s’agira d’amplifier la production du manioc? Est-ce qu’il s’agira de transformer le manioc produit? Est-ce qu’il s’agira de transformer l’ananas, de transformer les tomates produites à Klouékanmey? Est-ce qu’il s’agira de faire en sorte que l’huile de palme ou la noix de palme puisse être valorisée autrement pour servir à autre chose dans le pays? Tout cela procédera des conférences économiques qui auront lieu. Mais, ce qu’il y a, c’est que l’Etat donnera les moyens par un collectif budgétaire, qui sera voté avant la fin de l’année 2016, pour que les prémices de ces coopératives communales puissent être perceptibles par nos compatriotes

Vous proposez de dépolitiser le Ramu, qu’est-ce que cela veut dire ?

Je voudrais remercier le Président Boni Yayi pour cette initiative comme pour d’autres qu’il a eues à prendre. Seulement que la mise en œuvre de ces différentes réformes a toujours péché par approche et on engage souvent des réformes avant d’aller à la réflexion; nous ne ferons plus cela. On utilise souvent certaines réformes pour mobiliser des partisans politiques, nous ne ferons plus cela. Le Régime d’assurance maladie universelle, nous devons en faire un instrument d’expression de la solidarité nationale. On n’a pas besoin d’être partisan du président pour pouvoir en bénéficier. On n’en a fait pas un instrument de mobilisation politique.

Mais, la phase opérationnelle du Ramu a démarré il y a seulement quelques mois!

Oui, c’est la politisation qui a fait qu’on a dû lancer et après arrêter et maintenant reprendre. J’ai suivi le président de la République, son discours lors du lancement de cette phase opérationnelle. Mais, c’était tout sauf le Ramu, c’était comme un candidat en campagne!

Le président Boni Yayi n’est pas candidat!

Malheureusement, il n’est pas candidat sur papier. Mais, quand on l’entendait, je me suis demandé mais : on est en train de lancer la phase opérationnelle du Ramu, ou, on est en train de lancer la campagne pour une élection quelconque. Ceci dit, ce que nous comptons faire, c’est de dépolitiser le Ramu, d’en faire un instrument d’expression de la solidarité nationale dont la jouissance gratuite commencera par les enfants, par les mamans, par les jeunes diplômés sans emploi, et par tous nos compatriotes qui ont au-delà de 55 ans qu’ils aient été fonctionnaires de l’Etat avec pension ou pas, qu’ils soient paysans ou qu’ils soient dans les mêmes conditions que ma grand-mère du village, quelque part à Yannouhoué…c’est de cela qu’il s’agit.

Mr Edah vous proposez également quelque chose d’extraordinaire dans ce secteur! C’est l’adoption d’une loi qui obligerait le personnel soignant à administrer les premiers soins aux indigents, aux malades qui n’ont pas les moyens, qui n’ont pas les moyens!

Merci! Vous allez au Cnhu, en moyenne, 5 de nos compatriotes meurent par jour. Qu’est-ce ce que nous avons là-bas? Ils manquent de tout et je salue les agents du Cnhu pour leur bravoure, pour leur détermination, malgré les conditions difficiles qui sont les leurs. Ceci dit, ils sont peinés de voir des compatriotes mourir parce qu’ils n’ont pas l’assistance qu’il faut en temps opportun et voilà pourquoi nous n’allons pas laisser des cas d’accident se multiplier avec des gens qui soient incapables d’assister les personnes en danger. Aujourd’hui, on peut voir quelqu’un accidenté et ne pas pouvoir l’amener aux soins parce qu’on n’a pas les moyens pour payer. Voilà pourquoi, c’est important pour nous de faire en sorte que tout établissement hospitalier installé en République du Bénin soit dans l’obligation de donner les premiers soins; c’est indispensable. Moi qui ai dormi dans un garage-moto pendant 6 mois, supposons que je sois en ce moment, victime d’un accident, qui est-ce que j’avais? Je n’avais même pas de téléphone sur moi. Qui est-ce qui pourrait venir à mon secours?

Monsieur Edah, parlez-nous un peu de la gouvernance du Fonds d’aide à la culture

Je voudrais dire à tous les artistes de mon pays, je voudrais dire à tous les acteurs culturels que, Daniel Edah qui parle de la culture, n’en parle pas à la manière politicienne. Ancien directeur de l’Ensemble artistique et culturel des étudiants de l’Université nationale du Bénin, je vous en prie, j’ai eu en tant que directeur à bénéficier de 300 000 F Cfa de subvention du Fonds d’aide à la culture. Mais jusqu’à présent, les 300 000 francs n’ont pas été versés à l’Eace. Donc, je sais de quoi je parle quand je dis que le Fonds d’aide à la culture est mal gouverné et a besoin d’être réformé. La culture chez nous est confiée pour la plupart à des apprentis et souvent à des politiciens qui sont à la recherche de popularité. Nous devons faire de nos cultures des moyens de rayonnement de notre diplomatie. Et quand vous voyez créer des centres culturels de tel ou tel autre pays chez nous, ils viennent nous coloniser, ils viennent nous prendre par la tête. Or, quand on est dessouché, quand on est plus en phase avec sa culture, on ne peut pas dire qu’on veut contribuer valablement au développement de son pays, du moins on a formaté  un développement au profit des autres et jamais au profit des Béninois.

Daniel Edah, un mot sur l’environnement, notamment les changements climatiques parce que qui parle agriculture, parle également de changement climatique aujourd’hui!

Mais le changement climatique, quand on en parle, il faut une éducation environnementale de nos compatriotes. C’est très important, parce que les plus érudits, les lettrés en parlent entre eux. Mais qu’est-ce que cela ça pour mes parents de Gohomè, ou de Godohoué dans le petit hameau là-bas? Qu’est-ce que ça signifie quand on parle de changement climatique? Mais c’est vrai que quand les oiseaux doivent sortir à un moment donné pour annoncer la saison et que ces oiseaux apparaissent à contre temps, il y a des interprétations qui sont faites.  L’Etat béninois doit, en renfort de ce qui se fait par la communauté internationale, engager un programme d’éducation citoyenne axé sur l’environnement pour permettre que chacun des Béninois s’approprie cette problématique et agisse dans son action au quotidien.

 


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