Accueil Politique

Cyprien Koboudé : « nous continuerons à militer au PSD ou ailleurs ! »

0
PARTAGER

Cyprien Koboudé, Secrétaire à la communication du Parti Social-Démocrate (PSD) est en première ligne pour défendre la légitimité d’Emmanuel Golou à la présidence du parti. Nous l’avons retrouvé cet après-midi au siège de son agence de communication sis à Cotonou. Entre deux réunions professionnelles, il s’exprime, dans cette interview, sur la crise que traverse le PSD. Sans langue de bois.

Monsieur Koboudé, quel est l’état de la crise qui secoue le PSD ?

Je vous remercie pour l’occasion que vous m’offrez de me prononcer sur la crise que connaît notre parti. J’aurais bien voulu garder le silence. Garder le silence parce que nous sommes dans l’attente de la décision du tribunal.

Quel est l’objet de cette décision de justice attendue ?

Normalement, le congrès du parti était prévu pour le week-end dernier, mais suite à une décision de justice nous interdisant jusqu’à nouvel ordre l’organisation du congrès extraordinaire du PSD, nous avons décidé de suspendre toutes les activités liées à cette manifestation. C’est une mesure prise par le président Emmanuel Golou.

Le Tribunal de première instance de Cotonou a pris cette décision parce qu’il a été saisi par un groupe de militants.

Nos avocats travaillent actuellement sur le dossier, pour prouver, sur la base des pièces à conviction, que Monsieur Emmanuel Golou est bien le président légitime du Parti Social-Démocrate du Bénin. Nous restons dans l’attente du verdict du Tribunal. Légalistes, nous sommes ; légalistes, nous resterons. Le mauvais vent ne nous fera pas changer de ligne de conduite.

Que répondez-vous à Bruno Amoussou qui conduit une tournée d’explication dans le Couffo et qui est très amer vis-à-vis d’Emmanuel Golou ?

Vous savez, entre le Président Amoussou et moi, il y a près d’un demi-siècle d’âge. Alors, quand je me réfère à nos us et traditions, il est impossible que je lui apporte une réplique. Mon éducation me l’interdit.

J’ai eu des militants proches de moi qui ont assisté à ces réunions publiques dans le Couffo. Je n’ose pas répéter des propos tenus par certains responsables politiques. La sagesse me recommande le silence. Tout simplement. L’opinion saura de quel côté se trouvent la courtoisie et la bonne éducation.

Mais pourquoi Emmanuel Golou garde-t-il un silence qu’on pourrait qualifier de « suspect » sur la crise ?

Le dossier est devant la justice, et le président Emmanuel Golou recommande une attitude de réserve pour laisser travailler la justice sereinement. Il y a le temps de la justice et le temps de la politique. C’est la conception du président Golou. Vous y trouvez un inconvénient ?

Non, mais on a l’impression qu’il est vraiment à la base de tous les malheurs du parti puisqu’il ne réfute pas les propos malveillants de Bruno Amoussou…

Je vais vous faire une confidence : le président Golou n’est pas l’homme des petites phrases ou des anecdotes malveillantes. Au bruit, il préfère des discussions fructueuses et positives entre frères d’un même parti. Golou n’est pas un homme de faillite ; c’est un constructeur. Il est pour le renouvellement du personnel politique et le prouve au sein du PSD. Bref, si je m’engage à défendre sa vision politique, c’est qu’il croit à la jeunesse. Il n’est pas l’homme du passé. Il est conscient que l’avenir se construit avec une jeunesse engagée et déterminée.

On dit que vous êtes faites partie du bouclier anti-Golou…

Sourire… C’est me prêter trop de pouvoirs ! Le président Golou est un homme digne qui n’a point besoin de bouclier. Je sais qu’il dirige le parti dans une transparence acceptable. S’il y a des militants qui sont mécontents, les textes prévoient les conditions de règlement de tous les conflits internes. Et c’est ce que je dis à tous les frères militants : Oui, vous avez le droit d’exprimer votre mécontentement, mais venez et nous discuterons. Toutes les communautés d’hommes et de femmes connaissent des périodes difficiles et seul le dialogue permet d’aplanir les divergences. Si certains ont opté pour une entreprise de dénigrement, vous imaginez bien leur objectif final.

Alors, que feriez-vous si le Tribunal donne raison à l’aile Amoussou ?

Je vais être franc avec vous : ma réponse à cette question est personnelle et n’annonce pas celle du président Golou. Moi, je suis venu en politique pour m’épanouir et contribuer au progrès dans la cité. Dieu, merci, j’ai une entreprise. Je suis employeur. Je ne vis pas de la politique. Je ne compte même y faire carrière après l’âge légal de départ à la retraite au Bénin. J’apprends beaucoup dans les milieux politiques et je crois fermement au renouvellement des acteurs politiques.

Donc si la justice donne raison à l’ail Amoussou, nous continuerons à militer au sein du PSD, ou nous  irons dans un autre cadre plus propice au renouvellement du personnel politique au Bénin. Je suis peiné tout de même devant ce spectacle, parce que c’est quand nous nous apprêtions à lancer une œuvre de remobilisation de nouveaux membres pour le parti qu’est survenu ce mauvais vent.

J’ai encore en tête une phrase d’une militante de Porto-Novo que j’ai eue au téléphone cette semaine. Elle m’a dit : « à forcer de tirer le pagne PSD, vous finirez par le déchirer ». Je ne veux pas voir le PSD en lambeaux… Je le préférerais entier, même si je devrais continuer mon expérience militante ailleurs.

Cyprien Koboudé : « nous continuerons à militer au PSD ou ailleurs ! »


Source : Beninwebtv

LAISSER UN COMMENTAIRE

Please enter your comment!
Please enter your name here