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Crise au sein des conseils communaux du Zou : La tempête secoue Abomey et Agbangnizoun

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A Abomey, la capitale historique de Bénin, le maire Blaise Ahanhanzo-Glèlè est dans de beaux draps. Ça murmure autour de lui. L’ambiance délétère qui règne actuellement, aussi bien au niveau du Conseil communal qu’au sein du personnel administratif, illustre que la gestion politique et administrative de la commune d’Abomey est en train d’échapper progressivement au locataire de l’hôtel de ville. Et pour cause.

Depuis sa prise de fonction, Blaise Ahanhanzo-Glèlè n’a pas la mainmise sur le Conseil communal encore moins sur les agents de la mairie. Mais pour ceux-ci, c’est sans inquiétude. Il devra faire face à une crise de confiance qui gagne les conseillers. Les choses ont commencé par se gâter depuis l’élection présidentielle au cours de laquelle, le Conseil communal s’est scindé en trois camps politiques. Il y avait le maire qui était du côté du candidat Lionel Zinsou, le second groupe avait soutenu le candidat Sébastien Ajavon et le troisième était resté avec le candidat Patrice Talon.

Dans cette bataille, chaque camp a pu rallier une partie du personnel de la maire à sa cause. Une véritable confusion est née depuis lors au sein de la mairie avec trois clans politiques. Entraînés dans ce bourbier, les agents de la mairie, à la solde des élus communaux, n’ont pas su faire la différence entre la politique et la mission professionnelle pour laquelle ils ont été engagés. Chaque clan formé obéit de ce fait à son mentor politique. L’autorité qu’incarne le maire est alors bafouée et l’exécution de la plupart de ses décisions souffre d’insuffisance à cause de la manipulation du personnel par les conseillers communaux. Dans cet environnement vicié, les relations professionnelles et la bonne collaboration qui devraient exister ont pris un sérieux coup.

Certains agents nouvellement recrutés qui se croient proches de l’autorité communale narguent ceux qui se disent « les anciens de la maison ». Pour remettre les pendules à l’heure, Blaise Ahanhanzo-Glèlè a pris un certain nombre de décisions pour, soit redéployer le personnel et avoir une équipe plus dynamique, soit pour retirer à ses adjoints, ses délégations de pouvoirs et faire des réaménagements au niveau des commissions techniques, afin de mieux contrôler les choses. Malgré ces actes visant à maîtriser la situation et imposer la cohésion et l’harmonie au sein de l’administration communale, le locataire de l’hôtel de ville d’Abomey n’est toujours pas en odeur de sainteté le conseil communal et les agents de la mairie.

Des arrêtés controversés

Certains des actes administratifs pris par le maire, Blaise Ahanhanzo-Glèlè ont ravivé la tension et suscité moult réactions au sein des conseillers communaux et dans le rang des agents qui posent des conditions dont la non-satisfaction pourrait coûter cher au maire. L’ordre du jour de la dernière session extraordinaire du conseil communal tenue vendredi, est la preuve de ce que Blaise Ahanhanzo-Glèlè est actuellement sur la sellette. Au cours de cette réunion, l’étude et l’adoption du rapport d’activités du maire ; le mode de fonctionnement du maire et l’ambiance au sein du Conseil sont entre autres les points saillants qui ont été débattus.

C’était en présence de 18 conseillers sur les 19, d’une forte représentativité de la population et des cadres de la mairie. Après le vote du rapport, le second point a été l’occasion pour les élus communaux de lever un coin de voile sur les différents maux qui minent le fonctionnement du Conseil. A l’issue des débats, les conseillers, dans leur majorité, ont exigé la relecture des arrêtés pris par le maire en vue de les parfaire. Reprochant au maire son attitude solitaire dans la prise de ces arrêtés, le débat a révélé une profonde fracture au sein du Conseil.

Du côté des agents, ils réclament le renvoi des nouvelles recrues parce qu’elles ont été engagées dans des conditions qui posent problème. N’ayant donc pas un statut, ces recrues ne sont pas considérées comme des agents de la mairie. Par conséquent depuis un an, ces nouveaux agents ne perçoivent pas de salaire. Le maire Blaise Ahanhanzo-Glèlè est alors entre le marteau et l’enclume. Pendant qu’il est encore temps, il a intérêt à se réconcilier avec son Conseil et son personnel en instituant un climat de confiance au risque d’en faire les frais.

Des prémices à Agbangnizoun

A Agbangnizoun, même si la crise de leadership n’a pas encore atteint son point culminant comme c’est le cas ailleurs, elle est tout de même perceptible. Avant d’impliquer le grand nombre des conseillers, elle est actuellement comme une mèche qui n’attend qu’une bûchette d’allumette pour brûler. En effet la tension est vive entre le maire Gaspard Gboli-Honon et son premier adjoint, Aristide Gnansounou. Ce dernier, à qui le maire a délégué un certain nombre de prérogatives est tombé en disgrâce avec son patron. Il a perdu la confiance de l’autorité communale.

Le maire, exaspéré a été obligé de s’exclamer publiquement lors de leur dernier conseil en ces termes : « trop c’est trop ! ». Cela traduit bien les ressentiments de l’autorité qui n’en peut plus. Suite à l’analyse des comportements et agissements de son premier adjoint, il a estimé qu’il faut lui arracher la hache sinon, il risque de couper l’iroko. Ainsi, par des actes administratifs, il l’a déchargé des pouvoirs les plus sensibles. Cette décision de Gaspard Gboli-Honon est de l’huile jetée sur le feu. Au sein du Conseil et de la population, elle est diversement appréciée. Le mis en cause, l’a accueillie comme un coup de massue sur la tête. Les relations entre les deux hommes sont alors brouillées et cela pourrait constituer un prétexte pour lui compliquer la gestion.

Zéphirin Toasségnitché
(Br Zou-Collines)

aCotonou

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