Conseil des ministres sur indemnités et salaires:Yayi sort par la petite porte

Conseil des ministres sur indemnités et salaires:Yayi sort par la petite porte

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A moins de dix de jours de son départ du pouvoir, Yayi Boni vient de démontrer, comme si besoin était, qu’il n’a aucun respect ni d’estime pour un peuple qu’il a « malmené » pendant dix ans. Sinon, le dernier conseil ne peut prétendre qu’il n’a en rien profité des deniers de ce pays.

Le dernier Conseil des ministres est l’un des ratés politiques, qui resteront longtemps dans l’esprit des Béninois. Par l’une des ces nombreuses élucubrations et incongruités dont il a le secret, Yayi Boni vient de confirmer tout le mal qu’on pensait de lui. Car, prétendre, comme il vient de le faire, qu’il n’a, en rien, bénéficier des avantages énormes et incontrôlables liés à sa fonction pendant les dix années brouillonnes de son règne, est une insulte grave au peuple. C’est un manquement à l’éthique et à la morale que de vouloir s’absoudre ainsi et partir la conscience tranquille. Après la claque du 20 mars dernier, ce conseil des ministres est maladroit et politiquement inapproprié. La « Refondation et les Fcbe » devraient, du moins pour un certain temps, faire profil bas, et ne pas s’illustrer dans la distraction abjecte. Malheureusement, le chef de l’Etat et sa bande prétendent que de 2006 à ce jour, Yayi Boni n’a encaissé aucun franc comme indemnités de santé, de logement, de résidence ni primes et tout autre avantage afférents à la fonction présidentielle. Plus grave est qu’« il ne disposerait que de deux villas construites au cours des deux mandats passés à la tête du pays. L’une à Parakou et l’autre à Djougou ». Donc, à l’extérieur, il ne possèderait aucun bien immobilier. Par ailleurs, il n’aurait acheté que trois véhicules 4 × 4 sur fonds privés. Son avoir bancaire logé à l’Ecobank Bénin n’aura été crédité depuis 2006 que d’environ 230millions de CFA représentant ses indemnités de retraite dans les institutions internationales. Soit. Mais, pourquoi ce besoin de faire étalage de ces « paroles d’évangiles » en qui personne ne croit, et aggravent le cas « Yayi » et toutes ces dérives. La noblesse de la fonction de premier magistrat exige beaucoup plus de hauteur et de dignité. Car, à moins de prendre des gens comme des « naïfs », lui-même sait qu’aucun Béninois ne croit plus à des âneries pareilles. Certes, le mensonge est souvent un moyen pour parvenir à ses fins en politique. Tout le monde le sait. Mais, la ruse triviale et grotesque pour s’en sortir et couvrir ses arrières est une bêtise absolue. Si le chef de l’Etat sortant se reproche des choses, ce n’est une raison d’ennuyer plus ses compatriotes par des actes grotesques.

« Yayi » est « vraiment » fini

Plus de 150 ministres en dix années de gestion, des remaniements multiples et inefficaces, des scandales et des concours frauduleux, la tension politique , la caporalisation des médias de services publics pour assouvir de vils desseins, sont des marques de fabrique de la gestion passée. Mais, démocrates dans l’âme, comme ils viennent à nouveau de le démontrer à la face du monde, les Béninois savent comment sanctionner leurs dirigeants politiques. En la matière, les dernières législatives, et la présidentielle, sont une sorte de « gifle » administrée à qui de droit. Maître de son destin, le peuple ne s’est pas laissé aller à la colère facile, mais a attendu le moment opportun pour répondre dans les urnes. Mais, apparemment obnubilé par une retraite paisible, après une gestion catastrophique, le futur ex-chef de l’Etat, ne veut toujours pas se rendre à l’évidence : tel on fait son lit, on s’y couche. Le régime de la Refondation, est désormais du passé. Mais, celui qui a été aux manettes, n’a rien fait pour que son peuple le prenne plus au sérieux. Le communiqué inique est une preuve que c’est depuis 2006 que les Béninois s’étaient fourvoyés.

Abdourhamane Touré


 

Actu Bénin

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