Communiqué-réplique de l’ancien Sgg:Les hommes de Yayi dans un mauvais rôle

Communiqué-réplique de l’ancien Sgg:Les hommes de Yayi dans un mauvais rôle

0
PARTAGER

Courant le week-end dernier, AlassaniTigri, ancien secrétaire général du Gouvernement a rendu public un communiqué qui a tendance à répondre à des actes posés par le Gouvernement du président Patrice Talon. Cet ancien collaborateur, oubliant qu’il n’est plus en fonction et ignorant les risques juridiques qu’il court, a même osé dire que les anciens ministres sont prêts à monter au créneau. Un acte très grave à décourager avant qu’il ne soit tard…

AlassaniTigri a eu deux fois tort ! D’abord, il n’avait aucun droit de répondre à des décisions prises en conseil des ministres ; surtout qu’aucune desdites décisions ne le provoque. Ensuite, il ne pouvait en aucun cas, tenter de remettre en doute des constats faits par le Gouvernement actuel. Les actes et décisions pris en conseil des ministres ne sont en rien des querelles politiques et ne doivent faire l’objet d’une telle réponse. Si lui, AlassaniTigri, avait été cité ou accusé dans l’une des décisions du Gouvernement, il aurait le plein droit de se défendre. Ce qui n’est heureusement pas le cas. Le titre de Secrétaire général du Gouvernement sortant n’existe pas au Bénin et celui qui a signé ce communiqué très grave doit pouvoir en répondre. Pendant les dix années que le régime Yayi est resté au pouvoir, aucun ancien collaborateur du feu Mathieu Kérékou n’est monté au créneau pour répondre à qui que ce soit, malgré tout ce qui se disait et se faisait. On se rappelle qu’à ses débuts, le régime Yayi avait déclaré avoir retrouvé une somme de 200millions de FCfa dans les caisses de l’Etat. Kérékou était bel et bien vivant et bien portant. Mais ni lui, ni ses ministres n’avaient tenté de répondre à une telle affirmation. Yayi avait remis en cause « défi emploi jeunes » dans ce pays au début de son mandat. Yayi avait repris des décrets pris par son prédécesseur en 2006 (Décrets portant bourses et secours des étudiants de l’Uac, par exemple). Et pourtant il n’y avait pas eu de réactions. Pourquoi les compagnons de Yayi Boni tiennent à répondre au régime en place ?

Patrice Talon peut même annuler tous les Décrets pris par Yayi depuis 2006 jusqu’au 5 avril. C’est son droit, pourvu que cela aille dans le sens de l’intérêt supérieur de la Nation. Aucune autre Institution, fut-il Gouvernement défunt, n’a le droit de réagir. Seuls les partis politiques, la société civile et autres organisations similaires sont en mesure d’apporter des critiques et non répondre. L’acte de AlassaniTigri est plus qu’un défi au Gouvernement en place. C’est d’ailleurs une menace pour la stabilité politique du Bénin. C’est à croire qu’après le 5 avril 2016, Yayi Boni et son équipe ont gardé intact leur gouvernement et fonctionnent à part dans le pays. La réponse de Tigri laisse croire que le régime sortant a formé un clan ailleurs. C’est contraire aux textes de la République. La coalition Fcbe peut parler et répondre à des attaques ou accusations politiques. Elle peut même critiquer des décisions du Gouvernement. Mais, jamais, un quelconque gouvernement ne peut exister et agir comme l’a fait Tigri.

Le Procureur de la République doit s’autosaisir

En de pareilles circonstances, le Chef de l’Etat ou même le Gouvernement n’ont pas besoin de passer une quelconque consigne avant que la sanction ne tombe. Le ministre de la Défense nationale devrait prendre les dispositions nécessaires pour s’assurer qu’il n’y a pas des menaces sur la paix et la stabilité dans le pays. Il devrait rechercher et savoir si en dehors du Gouvernement du président élu constitutionnellement, il y en a d’autres qui se concertent encore sur le territoire national. Si oui, les mesures qui conviennent devraient être prises immédiatement pour défendre l’Etat béninois. Pendant ce temps, le Procureur de la République devrait aussi s’autosaisir pour ouvrir une enquête pour situer les responsabilités. A quelle occasion, les anciens ministres sectoriels de Yayi ont-ils dit qu’ils sont prêts à apporter des clarifications par rapport aux décisions prises en leur temps ? Un autre gouvernement se réunit-il encore et quelque part dans le pays ? Quelles impressions laisse l’acte de Tigri et quelles peuvent en être les conséquences pour la paix dans le pays ? La justice devrait pouvoir faire son travail.
Le Bénin ne doit pas avoir deux gouvernements (sortant ou entrant). En fin de régime, les gouvernements sont comme la nuit et le jour. Ils n’ont rien de commun et rien n’a ciré ensemble. Ils ne se voient pas et ne dirigent pas au même moment. Pendant que l’un entre, l’autre sort. Mais à nous faire lire un communiqué signé d’un certain Secrétaire général sortant est une anomalie qui, si rien n’est fait, pourrait porter entorse à la bonne marche de la démocratie. Ce communiqué vient s’ajouter à une tournée entreprise par l’ancien président au nord du Bénin. Des gens ont été jusqu’à entendre des déclarations jugées insalubres. Si Yayi Boni parcourt encore le nord du pays juste après l’échec de son candidat et que son ancien collaborateur se permet de rédiger des communiqués au nom d’un Gouvernement qui n’existe plus, il y a lieu de réagir.

Félicien Fangnon


 

Actu Bénin

Commentaires

commentaires

Commentaires

commentaires

LAISSER UN COMMENTAIRE