Commission Djogbénou : 500 millions pour des phrases

Commission Djogbénou : 500 millions pour des phrases

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On nous a annoncé la rupture, on nous a parlé d’austérité. Les droits acquis sont supprimés sous prétexte qu’on veut assainir les finances publiques. Et brutalement le gouvernement vandalise des millions pour un travail qui a été par deux fois et mieux fait de surcroît.
Talon connait-il vraiment le Bénin comme il a prétendu pendant la campagne électorale face à Lionel Zinsou ? S’il connait le Bénin, il ne connait pas les problèmes des Béninois. En commençant son mandat par des reformes politiques dans un pays où des dizaines d’enfants meurent à Nikki faute d’oxygène, où les hôpitaux de référence manquent de tout, où la majorité des jeunes est au chômage, on se demande si ce gouvernement a un plan de match pour gérer ce pays. Les reformes politiques étaient-elles vraiment une priorité pour le pays ? Que sera la plus-value de ces réformes pour des citoyens lambda ? S’il avait une urgence dans ce pays, c’était de dresser un tableau de bord de comment il prétend sortir les femmes de la précarité, les jeunes du chômage, les enfants de la misère et le pays du délestage. S’il avait une commission à installer, cela devrait la commission économie et développement.
Le grand défaut de Yayi Boni était de penser que son élection lui donne droit de faire tout ce qu’il veut comme il le veut, quand il le veut et comment et il le veut. Et Talon ne dérobe à la règle. Ramener la république à son ego personnel. Confondre ses problèmes personnels avec la justice avec les problèmes de la République. Oublier qu’il est au service du peuple et non le peuple à son service. Talon a oublié que la campagne est terminée et le transport de l’argent liquide dans les vons et les quartiers doit s’arrêter. Et chaque dépense doit être justifiée et surtout laisser des traces dans les caisses.
A part les républiques bananières et les États voyous, il est connu dans les pays sérieux que les perdiems ou les indemnités pour un surplus de travail demandé aux cadres déjà payés par les mêmes contribuables ; ces indemnités ne doivent dépasser leur salaire de base. Pour un travail fait à temps partiel, payer dix millions pour la pure littérature qui ne servira à rien, pour un travail qui a été fait par deux fois ; payer par deux fois et qui n’a servi à rien par deux fois.
Aujourd’hui, comme le gouvernement a été si irresponsable par cette sale gabegie, il revient aux bénéficiaires par compassion au peuple béninois de reverser une partie de leur manne pour des œuvres sociales. La recrudescence des vols est aussi une réponse à la gabegie qui s’installe. Lorsque l’Etat ordonne officiellement le gaspillage des deniers publics, certains citoyens qui en ont les moyens, vont chercher leur part de gré ou de force. Ainsi va la prospérité partagée. Talon peut courir derrière son mandat unique. Encore faut-il qu’il ne condamne pas le peuple à la perpétuité.
Jean-Pierre Dedewanou, le courrier du matin

aCotonou

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4 COMMENTAIRES

  1. Cet article excusez moi est mal inspiré. il y a des priorités certes mais tout ne peut pas se faire par un coup baguette magique. Aucun président ne peut regler le probleme d’un pays d’un seul trait. Cette commisssion travaille sur des questions qui engagent la vie du pays de manière structurelle. Et ça peut sembler nous retarder mais jugeons l’arbre a ses fruits. Wait and see. Pour finir, si les braquages sont la réponse aux inegalités sociales, le regime actuel n’en est qu’un misereux héritier…Calmons nous un peu chers amis..

  2. Que voulez vous au juste vous aurez parl de marginalisation si on le fesais sans consensus et maintenant on parle de gaspillage !! Faudrais qu’on se demande finally si on veut aller de l’avant!!!

  3. . A mon avis, la cause fondamentale de l’arriération des pays de l’Afrique issus de la colonisation française réside dans la constitution dont ils ont hérité. En effet la constitution de ces pays est plus adaptée à des Etats- nations qu’à des pays rongés de l’intérieur par des luttes interethniques et des rancunes ancestrales. Il est évident que dans ces conditions, la constitution doit être plus adaptée et tenir compte des réalités sociologiques, culturelles, historiques et religieuses des peuples de ces pays. Ce n’est malheureusement pas le cas.
    Le feu Président Senghor a déclaré dans un numéro jeune Afrique de Décembre 1975 ceci : « En Europe la nation a précédé l’Etat mais en Afrique l’Etat va précéder la nation et va lui donner naissance ». C’est croire de bonne fois qu’en imposant aux pays d’Afrique un model d’Etat- nation, ils parviendraient en quelques décennies à réaliser ce que les pays d’Europe ont mis des siècles à réaliser. Mais après plus de cinquante ans il est temps de se rendre à l’évidence et opérer la rupture.
    Une réforme constitutionnelle à l’heure de la rupture et du nouveau départ doit être plus audacieuse et plus profonde. On doit arrêter de faire des copies collées et réfléchir à élaborer une constitution qui tiennent compte de nos réalités. Ce n’est pas en forçant les peuples à s’accepter qu’on pourra réaliser l’unité nationale. Une nation ne se décrète pas mais elle se constate.
    Le sentiment ethnique au Bénin est plus fort que le sentiment d’être béninois. Il n’est pas surprenant de rencontrer à Cotonou, des associations de savalois des Idacha ou des Etudiants Mahi.
    Avant la colonisation, les peuples du Bénin étaient répartis dans dès royaumes rivaux et hostiles les uns aux autres. Il en a qui ont perdu des guerres et sont devenus des Vallès d’autres royaumes et c’est dans ces conditions que la colonisation intervient pour obliger ces peuples à cohabiter. La seule chose qui pouvait les unir et forger une unité nationale était la lutte contre l’ennemi commun : le colonisateur. Plus cette lutte aurais duré, plus elle aurait permit de les raprocher et de dégager des Leaders dont la légitimité nationale ne pouvais plus être contestée dans aucune circonstance. Mais le colonisateur avait une longueur d’avance. Il a compris la gravité de la situation et, au lieu de laisser des résistances s’organiser au risque de se faire expulser, il a décidé d’accorder l’indépendance à toutes ces colonies en allant jusqu’à leur choisir des Présidents de la république acquis à sa cause.
    Une Indépendance ne se donne pas mais elle s’arrache. Dans notre cas le discours d’indépendance est prononcé devant le colonisateur. Le Président Hubert Maga décrivait le Dahomey comme un bébé qui apprenaient à marcher et qui avait besoin de tenir les mains de sa chère maman : la France.
    Désormais tous les autres peuples, du Sud, du centre, de l’est et de l’ouest se retrouvent sous l’autorité d’un ressortissant du nord. Le sentiment de frustration et de complexe que cela a engendré est source de toutes les instabilités et des tensions qui minent tous les pays africains jusqu’à nos jours.
    Ainsi à l’heure de la rupture et du nouveau départ, avant d’aborder toute réforme constitutionnelle, il faut se poser deux questions fondamentales
    1- Quel Etat pour le Bénin ?
    2- L’Etat actuel : un moteur de développement ou un facteur de régression ?
    La réponse à ces questions permettrons de mieux orienter la rédaction de la nouvelle constitution.
    Nous avons des propositions à faire dans ce sens. Mais elles ne serviraient à rien si la prise de conscience n’est pas effective et collective

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