Classé derrière Talon et Zinsou:Ajavon ou la rupture

Classé derrière Talon et Zinsou:Ajavon ou la rupture

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Beaucoup doutent de la bonne foi du candidat Sébastien Ajavon à rester dans la logique de la rupture lors du second tour de l’élection présidentielle. L’homme fort de Djeffa a tout au long de la campagne pour le compte du premier tour démenti qu’il n’était pas le plan B du président Yayi. C’est le moment de le prouver devant le peuple béninois.

Après avoir rejeté toutes les accusations d’être un pion de Yayi Boni pour la présidentielle, Sébastien Ajavon, ironie du sort sera dans la stricte obligation de montrer son vrai visage. Il devra se prononcer en faveur de l’un des deux candidats arrivés, sans doute au second tour du scrutin du dimanche dernier. Entre Patrice Talon et Lionel Zinsou, qui sera le choix du roi de la volaille et de la poissonnerie ? Il n’y a certes pas de logique en politique, mais dans l’ordre normal des choses, c’est Patrice Talon qui semble être plus proche de Sébastien Ajavon. Tous membres de la coalition de la rupture, issus du cercle des opérateurs économiques, ils ont défendu durant la campagne la même cause, mais chacun avec son projet de société. Leur mot d’ordre, c’est la rupture et non la continuité que prône le candidat Lionel Zinsou, celui-ci, porté par la coalition républicaine (Fcbe-Prd-Rb). Ces trois forces réunies avaient promis le Ko au premier tour, mais elles ne peuvent plus atteindre ce but. D’où la nécessité de négocier avec les autres candidats. Le soutien de Sébastien Ajavon sera très précieux pour l’un des deux candidats pour la victoire finale. Patrice Talon qui se présente comme le candidat du peuple devrait faire pencher les choses de son côté s’il mettait dans la balance ses relations personnelles avec les lieutenants de Sébastien Ajavon qui sont d’ailleurs ses amis. Il ne devrait pas avoir des difficultés à former une grande coalition autour de lui en s’appuyant sur un allié naturel qu’est Sébastien Ajavon. Par contre Lionel Zinsou envers et contre qui, les candidats de la rupture ont battu campagne, ne devrait pas sauf, grande trahison, bénéficier du soutien du camp Sébastien Ajavon. Soutenu par la coalition républicaine et l’appareil d’Etat, le premier ministre est pourtant en mauvaise posture pour nouer des alliances pour le second tour.

L’alliance Fcbe déjà saturée

Ce regroupement politique qui s’est effrité à la veille de la présidentielle, est entré en alliance avec le Parti du renouveau démocratique (Prd) et la Renaissance du Bénin (Rb) avant même d’aller solliciter les suffrages des électeurs au premier tour. Le socle Fcbe reste indéboulonnable. A l’occasion de la répartition des postes ministériels, les Fcbe se tailleront la part du lion. Il ne pouvait en être autrement. Ce sont elles qui ont leur candidat. Ensuite, il y a le Prd qui a un accord politique avec le candidat Lionel Zinsou. Un certain nombre de postes ministériels importants sont réservés au Prd en cas de victoire de l’alliance républicaine. Vient enfin la Rb de Léhady Soglo qui devrait aussi se contenter de quelques portefeuilles. Lionel Zinsou lui-même devra se réserver des départements ministériels de son choix. Pour tout calcul fait, tout est saturé au niveau de l’alliance républicaine. Tout nouveau venant aura de la peine à positionner ses cadres. Or, lorsque qu’on a été candidat et qu’on n’a pas démérité, il y a lieu de participer à la gestion du pouvoir en faisant le bon choix. Le sens général du vote du dimanche dernier est celui de la rupture. Sébastien Ajavon gagnerait à rester fidèle à son groupe afin de pouvoir positionner plus facilement les nombreux cadres qui l’ont soutenu. Une option contraire serait suicidaire pour Sébastien Ajavon. Il aurait ravalé ses vomissures en se ralliant à Lionel Zinsou. Or, il n’est même pas exclu, qu’au nom de la sauvegarde de la démocratie et surtout de la préservation de la paix, le président Adrien Houngbédji retire son logo de l’alliance républicaine et le mette au service de Patrice Talon. La mayonnaise n’ayant pas pris suffisamment à Porto-Novo au profit de Lionel Zinsou. Alors, Sébastien Ajavon sait qu’il gagnerait à aller dans le même sens que l’électorat qui souhaite la rupture avec la gestion des dix ans du président Yayi Boni.

Jean-Claude Kouagou

Actu Bénin

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