Candide Azannaï : le profond malaise ?

Candide Azannaï : le profond malaise ?

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Il ne parle plus. Mais son silence est assourdissant. Et ses absences ne passent pas inaperçues ; comme ce fut le cas mardi dernier, au cours de la sortie gouvernementale sur la polémique autour du décret portant interdiction d’activités qui frappe les associations et mouvements estudiantins. Marie-Odile Attanasso était présente. Joseph Djogbénou était de la partie. Oswald Homéky aussi. Sans compter d’autres figures, et pas des moindres, qui avaient fait le déplacement du Novotel Hôtel ce jour-là, à l’instar de Séraphin Agbahoungbata, Jacques Ayadji, et autres, Urbain Amégbedji, etc.

Nonobstant tout ce beau monde, tout le monde sentait clairement qu’un nom manquait à l’appel : Candide Azannaï ! Bien avant cet épisode qui a définitivement mis la puce à l’oreille, l’homme-du-04-mai-2014 se faisait déjà avare en parole. Sa singulière silhouette a pratiquement disparu du paysage politico-médiatique et même son nom n’est plus évoqué que pour alimenter les rumeurs, parfois folles, parfois risibles, sur les coulisses de la gestion des hommes dans le couvent de l’actuel pouvoir. Que se passe-t-il au juste avec Candide Azannaï ? Eléments de réponse…

Les signes qui ne trompent pas

Depuis qu’en qualité de suppléant il a pris fonction en lieu et place de Candide Azannaï à l’Assemblée nationale, l’honorable *Guy Mitopkè* est devenu, bien malgré lui, le thermomètre par lequel l’opinion est alertée sur la température du désormais ministre délégué en charge de la Défense. Il y a eu la passe d’armes entre le jeune député et son aîné Idji Kolawolé. Il y a eu le passage du même Guy Mitokpè au ‘‘Café média Plus’’ du 26 août à la Maison des Médias. Et tout récemment les échanges via les réseaux sociaux sur la crise à l’université, qui ont mis le benjamin de la 7ème législature en bien mauvaise posture. Chaque fois, certains ont vu derrière les actes du Secrétaire général du parti ‘‘Restaurer l’Espoir’’ (Guy Mitokpè), la main dans l’ombre du président du Parti (Candide Azannaï).

Et les conclusions hâtives ont fusé : le torchon brûle entre Candide Azannaï et ses autres partenaires du Nouveau départ. Bien avant tout ceci, dame rumeur avait déjà fait écho d’une rixe entre le même Candide Azannaï et son collègue, le ministre d’Etat, N°3 du gouvernement. Et comme s’ils n’avaient pas encore assez fait la preuve de la fertilité de leur imagination, les adeptes de la politique-fiction ont alimenté et entretenu pendant un bon moment l’illusion d’une guerre de leadership autour du président Talon entre Candide Azannaï et son colistier aux dernières législatives Joseph Djogbénou. Au-delà de ces bruits de couloir supposés qui relèvent plus de simples vues de l’esprit que de toute autre chose, il faut toutefois reconnaître qu’il y a une ‘‘réalité visible’’ qui prête facilement le flanc à ces folles rumeurs.

Il y a par exemple ce constat, impossible à démentir, qui fait clairement état de ce que Candide Azannaï, le truculent, le tribun, le bouillant voire le bouillonnant, que ce Candide Azannaï-là, tel qu’on l’a toujours connu, n’est plus le même. *Candide Azannaï a été ministre sous Yayi* sans pour autant donner sa langue au chat. Un agitateur de ce calibre-là, ne se terre pas dans un silence aussi bruyant sans raison valable. Les différentes versions servies par dame rumeur pour essayer d’expliquer cet état de chose sont pour certaines assez grotesques. Mais le fait est indéniable qu’il se passe quelque chose avec Candide Azannaï. Mais quoi ?

Candide Azannaï – Patrice Talon : L’impossible divorce

Plus solide qu’une alliance scellée et consignée dans le marbre, encore plus lourde de responsabilité qu’un pacte de sains (aucune allusion), ceux qui sont dans le secret des dieux à la Marina sont nombreux à jurer que la relation entre le président Patrice Talon et son ministre Candide Azannaï est partie pour durer au moins le temps d’un quinquennat. Façon de dire qu’il faut attendre la fin du mandat actuel du président de la république pour espérer une rupture de ban dans la relation de confiance avec son actuel ministre délégué en charge de la Défense nationale. Pour la simple raison que le premier qui demande le divorce se tue politiquement par la même occasion. Après avoir servi les Soglo qu’il a quittés avec fracas, après avoir dîné à la table de *Boni Yayi* devenu son meilleur poil à gratter, *Candide Azannaï* est assez intelligent pour savoir que claquer la porte au nez au régime actuel équivaudrait à signer une lente, douloureuse et irréversible descente aux enfers. De la même manière, le président Talon, même en cas de force majeure, ne peut pas se payer le luxe de désavouer publiquement un Candide Azannaï qui est considéré aujourd’hui comme la caution populaire voire populiste du Nouveau départ. En dépit de la multiplication des signes externes sur l’existence probable d’un malaise interne, le bon sens indique que toutes les parties en conflit potentiel ont d’ores et déjà pris toute la mesure d’un vécu qui impose à tous de toujours laver le linge sale en famille. Comme cela semble être actuellement le cas.

Le temps nous dira

Un homme de la trempe, du vécu, du culot, du tempérament de Candide Azannaï, un tel homme, ça ne se tait pas aussi facilement. Il y a donc des raisons de penser qu’il y a malaise, qu’il est mal à l’aise. Pour quelles raisons ? Si la question lui était posée, cet admirateur de Sénèque se limiterait sans doute à partager avec l’opinion une des maximes du célèbre philosophe Grec : « Chaque fois que tu veux connaître le fond d’une chose, confie-la au temps. » En attendant donc que le temps daigne révéler les secrets de cette recette miracle qui maintient (contraint ?) Azannaï au silence avec tant d’efficacité, dame rumeur continuera d’alimenter l’opinion sur les raisons de cette diète de la parole qu’observe le président de…Restaurer l’Espoir. En attendant, rien n’empêche de penser qu’une telle situation, pour inhabituelle qu’elle soit, peut aussi bien s’expliquer par un choix délibéré de l’intéressé de s’astreindre à une cure de tempérance. Qui sait, à force de lire et de donner à lire Sénèque, Candide Azannaï a peut-être choisi de méditer l’une des maximes du célèbre penseur, celle-ci précisément :  « Celui qui ne sait pas se taire, il ne sait pas non plus parler. »

Le patron de « La grande muette » à l’école de ses administrés ? Et si c’était finalement cela le fin mot de l’histoire ? On l’a dit, le temps nous édifiera !

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10 COMMENTAIRES

  1. ils veulent tous rompre les mauvaises comportement du regime defun et aujoud’hui la rupture nous montre le pire mr Azannaî la patience

  2. ce régime le dépasse , il n’a rien à dire et il ne sait pas quoi dire .s’il ose dire quelque chose ,lui même sera la cible de critiques

  3. c’est peut-être une jalousie , promoteur d’artistes que je suis, je valide.
    S’aurait été en anglais ils vont tous applaudir.
    foutez nous le camp

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