Campagne pour la présidentielle : Décidément, ces dernières recrues de ABT !

Campagne pour la présidentielle : Décidément, ces dernières recrues de ABT !

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Si ce n’est pas Jacques Ayadji, c’est Célestine Zanou. Décidément, les dernières recrues de l’alliance Avenir pour un Bénin Triomphant (ABT) bouleversent les donnes au sein de ce regroupement politique.

C’est désormais une alliance ABT métamorphosée, new look, que nous avons depuis que Jacques Ayadji, qui s’est tapé le titre de porte-parole, et Célestine Zanou nommée directrice nationale de campagne, ont fait leur entrée dans l’écurie. En tout cas, tout Béninois pourrait constater la « dynamique du Changement » apportée par les deux recrues. En effet, d’une alliance ABT modérée avec son président connu pour son calme olympien même dans les dénonciations, on peut constater désormais une alliance alerteur, émotive… bref, qui tente de répondre à tout. Et finalement, les ouvriers de la 25ème heure, ont ravi la vedette aux anciens « ABTistes » et bâtisseurs de l’alliance comme l’ancien député Assane Séïbou ; le praticien du Droit, Me Raymond Dossa. …

Qu’il vous souvienne cette alerte de Jacques Ayadji sur l’atterrissage manqué du candidat à la présidentielle, Abdoulaye Bio Tchané (ABT), leader charismatique de l’alliance ABT à Parakou ; une alerte qui a fait le tour des réseaux sociaux et des médias, mais démentie après par le gouvernement à la suite d’une enquête commanditée.

L’autre fait majeur, c’est la sortie médiatique, le week-end dernier, de la directrice nationale de campagne du candidat. L’objectif de sa conférence de presse, dénoncer et condamner des propos qu’aurait tenus le chef de l’Etat le 25 février 2016 à Ouaké, dans la partie septentrionale du Bénin. Fort de cela, Célestine Zanou a affirmé que « la destitution de Boni Yayi est devenue un impératif » voire une urgence. Et pour finir son speech, la présidente du mouvement Dynamique du changement pour un Bénin débout déclare : « Je sors pour saisir la Cour Constitutionnelle, afin de l’entendre par les sept Sages que les propos de Ouaké amplifiés devant les artistes hier à la Présidence de la République par Thomas Boni Yayi sont synonymes de parjure et passible d’une procédure de destitution. » .

ça cloche…

Attardons nous sur cette sortie de l’ancienne directrice de cabinet de président Mathieu Kérékou. Une citoyenne de sa trempe, condamner les propos d’un président de la République à partir d’un élément audio (qui n’est qu’un début de preuve), tirer la conclusion du parjure et saisir la Cour constitutionnelle, rien contre. Certes, pour les cas de parjure, la Constitution n’a pas spécifié un moment précis du mandat pour procéder à la destitution. Mais lorsque Célestine Zanou pense que la destitution d’un chef de l’Etat, qui est à quelques heures de la fin de ses deux mandats de 5 ans, est plus urgente dans un contexte où beaucoup sont préoccupés par la bonne organisation du scrutin du 6 mars, on peut se poser des questions. Supposons, comme le souhaite la Directrice nationale de campagne de Bio Tchané, qu’on enclenche la procédure de destitution du chef de l’Etat ou sa traduction devant la Haute Cour de Justice. L’actualité va d’abord changer de camp. Et l’élection pourrait ne plus avoir lieu tant la procédure serait complexe. La configuration actuelle du Parlement lui est même plus favorable. Bref, ça n’est pas une mince affaire, à en croire plusieurs observateurs.

L’autre pan de l’intervention de la conférencière, qui pourrait également susciter de commentaires, c’est lorsqu’elle s’interroge et allègue : « Qui est le candidat du Nord ? et Qui est le candidat du Sud ? Quels sont les critères sur lesquels se fondent Boni YAYI pour dire que tel ou tel candidat à la présidentielle de 2016 est candidat du Sud ou candidat du Nord ? Est-il dans ses prérogatives de s’arroger le droit de nous montrer, comme il l’a fait, qui est qui et qui est d’où dans la République et au sein de la Nation ? Si l’on s’en tient au candidat sur qui Boni YAYI prétend ainsi miser aujourd’hui, on peut bien s’accorder. En effet, si ce qu’il dit est vrai, et supposant même qu’il parle du candidat Lionel ZINSOU, le raisonnement est le suivant : • Lionel ZINSOU est Administrateur à la Fondation Afrique-France et il y est nommé par le gouvernement français ; il est également Administrateur au Fonds PAI. Et c’est comme tel – et sachant bien que tel est son profil – qu’il est nommé Premier Ministre au Bénin et Candidat à la Présidentielle de 2016, en violation de tous les textes de la République. Il a donc une double allégeance à notre pays et à la France. Se pose donc la question de savoir dans combien de sociétés le candidat Lionel ZINSOU, si c’est de lui que parle Boni YAYI, est encore Administrateur ? En tout état de cause, les deux premiers critères le disqualifient déjà pour être Premier Ministre d’un Etat souverain autre que la France ? A moins que, comme cela fait objet de supputations, le Président Boni YAYI ait sous cape son candidat du Sud qui ne serait pas alors notre compatriote Lionel ZINSOU. Et même dans ce cas de figure, cela ne dispense pas Boni YAYI d’une destitution qui doit être constatée par les instances compétentes. »

Célestine Zanou en organisant sa conférence de presse, l’a-t-elle fait en prenant la défense de son candidat ? Sinon, comment comprendre qu’elle n’a pas la réponse à ses interrogations adressées au chef de l’Etat, mais à partir d’un « raisonnement » cite nommément Lionel Zinsou en « supposant que… ». Mieux, en faisant croire à l’opinion que Yayi Boni a « son candidat du sud qui ne serait pas….Lionel Zinsou ». A partir de ces éléments, on peut se demander si la directrice de campagne de Bio Tchané n’est pas prise dans son propre piège en étiquetant tel ou tel candidat comme étant du sud.

Worou BORO

Matin Libre

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