Boni Yayi détient un droit de véto

Boni Yayi détient un droit de véto

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L’Assemblée nationale est le premier passage obligé du Président Patrice Talon dans l’aboutissement des réformes politiques et institutionnelles. Malgré quelques défections en leur sein, les Forces cauris pour un Bénin émergent (Fcbe) dont le leader charismatique est l’ancien Président de la République, Boni Yayi, sont en position de force.

Après le départ du Président Boni Yayi du Pouvoir, le 06 avril 2016, on avait imaginé la décadence des Forces cauris pour un Bénin émergent (Fcbe). Contrairement à ce que d’aucuns imaginent, l’ancien Chef d’Etat béninois a toujours la mainmise sur plusieurs d’entre eux. Seuls les députés-Fcbe (Forces cauris pour un Bénin émergent) sont au nombre de 33 et 08 d’entre eux ont boudé le choix de Lionel Zinsou à la dernière élection présidentielle. L’ex-mouvance présidentielle a déjà clairement affiché sa position contre le mandat unique. Elle est capable de dicter sa loi au Gouvernement du Président Patrice Talon et bloquer ses réformes politiques et institutionnelles, puisqu’il suffit que 22 députés-Fcbe votent contre les réformes politiques et institutionnelles du régime en place pour que la messe soit dite.

Et pour cause ! Le Parlement est le passage obligé du régime de la Rupture au regard des dispositions de la Constitution actuelle. L’article 154 de la loi fondamentale stipule ceci : « L’initiative de la révision de la Constitution appartient concurremment au Président de la République, après décision prise en conseil des ministres et aux membres de l’Assemblée nationale. Pour être pris en considération, le projet ou la proposition de révision doit être voté à la majorité des trois quarts des membres composant l’Assemblée nationale…. ». Cela suppose que, contrairement à ce que d’aucuns pensent, le référendum n’est pas possible sans l’Assemblée nationale. C’est à ce niveau que l’ancien Président de la République, Boni Yayi pourrait remobiliser sa troupe pour bloquer ou faire passer lesdites réformes au Palais des gouverneurs à Porto-Novo. Telle que la situation évolue actuellement au plan politique, la probabilité est forte pour que cette minorité de blocage se constitue, puisque l’ex-mouvance présidentielle a déjà clairement affiché sa position contre le mandat unique.

Dans certains milieux, il est souvent aisé d’entendre dire que le Président est un fin négociateur. Cette fois-ci, il discutera avec son prédécesseur et son groupe politique. Ce serait peut-être le moment pour les deux hommes de faire la paix des braves.

Jonathan Hounkpè

aCotonou

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