Bénin/présidentielle : portraits des cinq favoris

Bénin/présidentielle : portraits des cinq favoris

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COTONOU — Plus de 4,7 millions d’électeurs béninois, dont quelque 43.800 vivant à l’étranger, seront concoqués ce dimanche aux urnes pour le premier tour de l’élection présidentielle, pour élire le successeur de l’actuel chef d’Etat du Bénin, Boni Yayi, dont le dernier mandat constitutionnel sera achevé le 6 avril 2016.

Parmi les 33 candidats au scrutin présidentiel du 6 mars prochain, cinq sont considérés comme les favoris:

Abdoulaye Bio Tchané

Agé de 64 ans, Abdoulaye Bio Tchané est un homme politique, économiste, banquier et financier de profession. Il a été assistant du gouverneur de la Banque Centrale des Etats de l’Afrique de l’Ouest (BCEAO), ministre des Finances au Bénin, Directeur Afrique du Fonds monétaire international (FMI) et président de la Banque ouest-africaine de développement (BOAD).

Lors du premier tour de la présidentielle de mars 2011, il a occupé la troisième place avec 182.484 voix, derrière Adrien Hougbédji (1.059.396 voix ) et Boni Yayi (1.579.550 voix).

« La vision que je nourrie pour mon pays, le Bénin, est l’amélioration des conditions de vie de chaque béninoise et béninois, à travers entre autres, la réduction du taux de chômage des jeunes ; d’assurer la sécurité de l’emploi ; d’améliorer le revenu des femmes ; d’œuvrer au rayonnement de l’agriculture et favoriser le bon climat des affaires et encourager les investissements nationaux et étrangers », a-t-il affirmé.

Il bénéficie du soutien des Béninois des quatre départements administratifs du Nord du Bénin, des militants de « La Dynamique du changement pour un Bénin debout » au sud du pays.

Patrice Talon

Agé de 58 ans, Patrice Talon est un homme d’affaires béninois qui a fait fortune dans la filière d’intrants agricoles dans les années 1980 puis de l’égrenage du coton au Bénin au cours des années 1990 et 20001.

Soutien principal à l’élection du président béninois sortant Boni Yayi en 2006, il entre progressivement en disgrâce avec ce dernier à partir de 2011 pour avoir refusé de cautionner le projet de révision de la Constitution béninoise du 11 décembre 1990.

Il a été ensuite tour à tour accusé par les autorités de tentative d’empoisonnement sur Boni Yayi avec des pilules radioactives, acquisition de drones pour attaquer l’avion présidentiel et recrutement de commandos, vol dans les caisses des douanes pour un montant de 12 milliards de F CFA. Mais aucune de ces accusations n’a entraîné une condamnation.

Gracié en mai 2014 par Boni Yayi, M. Talon est rentré en début d’octobre 2015 au pays après un exil de trois ans en vue de prendre part à l’élection présidentielle de mars 2016.

« Je me sens le mieux placé pour rassembler la classe politique et les acteurs de la société civile en vue de convenir des réformes indispensables à mettre en œuvre pour sortir le Bénin de la honte et de la misère », a-t-il dit, précisant que le mandat présidentiel 2016-2021 devra être un mandat de rupture, de transition, de relance économique et de réformes, notamment politique afin d’impulser une nouvelle dynamique dans le pays.

Il bénéficie du soutien de plusieurs formations politiques, notamment Restaurer l’Espoir, Alternative Citoyenne, d’une bonne majorité des militants de la Renaissance du Bénin, du Parti pour le Renouveau démocratique, des Forces Cauris pour un Bénin Emergent, de la société civile béninoise et même des têtes couronnées du pays.

Sébastien Germain Ajavon

Agé de 51 ans, l’opérateur économique Sébastien Germain Ajavon, spécialisé dans la commercialisation des produits alimentaires (volaille en l’occurrence, mais aussi des produits de la mer), est depuis 2005, élu président du Conseil national du patronat du Bénin

Candidat indépendant, Sébastien Germain Ajavon veut unir toutes les forces, y compris celles du plus grand nombre de partis politiques, autour d’ambitions partagés, afin d’impulser un véritable souffle au développement du Bénin

Il envisage au cours de son quinquennat une gouvernance débarrassée de toute forme de régionalisme et de népotisme ; une gouvernance où seuls les plus compétents seront promus ; une gouvernance qui fait de la lutte contre le chômage des jeunes sa priorité ; une gouvernance où toute forme d’entreprenariat national des jeunes sera encouragée et promue.

Il est soutenu par plusieurs partis et mouvements politiques satellites du pays, notamment d’une branche de l’Alliance nationale pour la démocratie, du Rassemblement des démocrates libéraux , d’une bonne parti des militants des Forces Cauris pour un Bénin émergent et de la Renaissance du Bénin.

Makandjou Pascal Irénée Koupaki

Agé de 65 ans, Makandjou Pascal Irénée Koupaki, a été nommé ministre du Développement, de l’Économie et des Finances en avril 2006, avant de devenir ministre d’État chargé de la Prospective, du Développement, de l’Évaluation des politiques publiques et de la Coordination de l’action gouvernementale en juin 2007.

En mai 2011, il a été nommé Premier ministre chargé de la Coordination de l’action gouvernementale, de l’Évaluation des Politiques publiques, du Programme de dénationalisation et du Dialogue social. Il occupe cette fonction jusqu’en août 2013.

Il a pris une série d’engagements pour mieux gouverner le pays au cours de son mandat. Il s’agit, notamment des engagements relatifs à la gouvernance éthique et de qualité totale, de la modernisation de l’administration publique, du développement d’un capital humain et social attractif pour les emplois et les créateurs de richesse et enfin de la promotion du développement durable et d’un Bénin propre et vert.

Makandjou Pascal Irénée Koupaki est soutenu par une bonne dizaine d’anciens ministres, des enseignants de tous les ordres d’enseignements du pays, de la société civile, mais aussi de la diaspora béninoise en Côte d’Ivoire et surtout du soutien « indéfectible » du président Alassane Ouattara, pour avoir été son ancien directeur de cabinet lorsque celui-ci occupa le portefeuille de Premier ministre de la Côte d’Ivoire.

Lionel Zinsou

A 62 ans, Lionel Zinsou, a été désigné comme Dauphin du président béninois Boni Yayi.

Normalien, diplômé de Sciences Po et de la LSE, ancien Professeur à l’Ecole Normale Supérieure et à l’Ecole Nationale d’Administration notamment, Lionel Zinsou a dirigé depuis 2009 PAI Partners, le plus important fond d’investissement français.

Ce Franco-Béninois, ancien conseiller du Premier ministre français Laurent Fabius, est un financier qui a aussi été associé gérant de la banque d’affaires Rothschild, avant d’être nommé en juin 2015 au poste du Premier ministre, chargé du développement économique, de l’évaluation des politiques publiques et de la promotion de la bonne gouvernance

La candidature de Lionel Zinsou, pour le compte des Forces Cauris pour un Bénin Emergent (FCBE, au pouvoir), a soulevé un débat au sein des acteurs politiques et de la société civile béninoise.

Au sein des FCBE, les ténors de cette famille politique du président Boni Yayi, estiment que Lionel Zinsou n’a jamais milité au sein des FCBE.

Cependant, après des négociations avec les leaders de deux grandes formations politiques de l’opposition, notamment du Parti pour le Renouveau démocratique (PRD) et de la Renaissance du Bénin, il a obtenu le soutien de quelques militants de ces deux partis politiques.

aCotonou

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