Bénin / Projet « dix millions d’âmes, dix millions d’arbres »: Que retenir ?

Bénin / Projet « dix millions d’âmes, dix millions d’arbres »: Que retenir ?

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e Bénin célèbre ce mercredi 1er Juin 2016, la 32ème édition de la journée nationale de l’arbre. Instituée par l’ancien président de la République, le général défunt, Mathieu KEREKOU, cette journée permet aux citoyens du pays de mettre sous terre, au moins, une plante afin de contribuer à la politique de reboisement du gouvernement. Trois décennies après, que peut-on retenir ?

Avoir un Bénin vert, c’est l’ambition qui animait le premier citoyen Béninois le 1er Juin 1985 en instituant cette journée nationale de l’arbre. Pour donc y parvenir, il faudrait intéresser les uns et les autres et surtout faire toucher du doigt les dégâts et les risques de la déforestation. A partir donc de cette année, les Béninois, toute couche confondue, s’adonnent à cette tâche devenue annuelle. Du règne de Mathieu KEREKOU à celui de Patrice TALON aujourd’hui en passant par ceux du Président Nicéphore Dieudonné SOGLO et de Thomas Boni YAYI, des milliers de plantes sont mises sous terre. Selon Charles HOUNSOU, agent forestier, l’un des acteurs clés de cette chaîne de reboisement, « Le Bénin a déjà planté, depuis la première édition, plus de 150 millions d’arbres ». Un chiffre qui devrait réconforter et projeter l’image d’un pays vert surtout avec la superficie du Bénin, mais hélas, c’est à une impression vraiment mitigée qu’on assiste sur le terrain.
Si pour des régimes précédents, la journée n’avait pas fait autant de boucan médiatique, celui de Thomas Boni YAYI aurait marqué d’un sceau spécial ces journées célébrées pendant dix ans sous sa gouvernance. A grand renfort médiatique, l’ancien Chef de l’Etat Béninois, se rendait sur les lieux retenus pour sacrifier à cette tâche qui serait devenue une tradition annuelle. Aujourd’hui, entre la volonté de faire, ce qui est déjà fait et ce qu’on constate sur le terrain, on note un très grand fossé. Un tour sur les différents sites retenus et reboisés par l’Etat montre que la vie de ces plantes, une fois mis sous terre, est vraiment pitoyable. Le site de Sèmè-Podji en est une illustration parfaite.  Le constat général fait état d’un site complètement délaissé et abandonné, y compris les arbres plantés. Ces derniers sont confondus aux broussailles s’exposant ainsi aux dégâts naturels.
« Aucun entretient n’est encore envisagé après les cérémonies officielles qui se déroulent souvent devant caméras et micros. Après ce show ou folklore, c’est fini, tout s’arrêt », c’est par ce cri de désespoir que le Chef du village de Podji, dans la commune de Sèmè-Podji se confie à nous avec un visage vraiment déprimé. Tout comme ce sexagénaire, nombreux sont ces béninois qui, voyant les différents sites et leur devenir, se retrouvent dans de pareils états. Les sites de Savalou, de Pahou, d’Avrankou et bien d’autres n’en font aucunement pas l’exception. Dans un passé récent, c’est avec grande consternation que le Chef de l’Etat d’alors avait aussi fait cette remarque et par de ce fait, initié l’opération « Dix millions d’âme, dix millions d’arbres ». L’opération, si on peut se targuer de l’affirmer, n’a été effective que sur papier car les actions annoncées, entreprises n’ont jamais données des résultats escomptés. In fine, le constat est resté le même. L’opération, en plus de l’abandon total des sites, avait occasionné une forte incidence financière. Mais malheureusement, le détournement qui régnait en maître sous le régime d’alors n’avait pas permis de mener les vraies actions au bon moment. Vivement que la journée, sous le régime de la rupture, prenne un nouveau départ pour l’atteinte véritable des objectifs fixés pour cette politique de reboisement national.

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