Bénin. Présidentielle : le bal des mousquetaires

Bénin. Présidentielle : le bal des mousquetaires

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Pour la septième fois depuis l’avènement démocratique en 1990, les Béninois se rendent aux urnes pour choisir leur président de la République. Et le scrutin n’a jamais été aussi ouvert.

Trente-trois mousquetaires pour un fauteuil, ainsi peut-on dire de la présidentielle au pays de Mathieu Kérékou. En effet, 33, c’est le nombre de candidats à la conquête du fauteuil présidentiel dans ce pays. Les Béninois devront choisir qui de ces prétendants les aura séduits le plus avec son projet de société. Le moins que l’on puisse dire, c’est qu’il y a du nouveau dans l’establishment politique béninois avec l’arrivée en force d’un nouveau personnel politique. Cette présidentielle est ouverte dans la mesure où le président sortant, Boni Yayi, entre-temps soupçonné de vouloir s’accrocher au pouvoir, n’est finalement pas candidat à sa propre succession. Certes, il soutient son Premier ministre, Lionel Zinsou, candidat du camp présidentiel à ce scrutin. Mais le simple fait qu’il ne soit pas lui-même candidat, laisse plus de place au suspense.

Son poulain, Lionel Zinsou, est l’un des favoris, même si sa candidature ne fait pas l’unanimité au sein de la majorité présidentielle. En effet, certains le considèrent comme un candidat parachuté, un candidat de la France [il est franco béninois]. Mais le camp présidentiel a choisi de miser sur lui. Pour Boni Yayi et ses partisans, c’est assurément l’homme de la situation. Yayi soutient cette candidature parce qu’il craint peut-être une éventuelle revanche de l’homme d’affaires Patrice Talon, autre candidat sérieux à ce scrutin. En effet, on sait que Patrice Talon a eu maille à partir avec le régime de Boni Yayi et a dû prendre la route de l’exil pour échapper à la fureur du pouvoir en place. Les choses se sont certes calmées depuis lors, mais il n’est pas exclu que Boni Yayi craigne le retour du bâton si d’aventure Talon accède au pouvoir à la faveur de cette présidentielle.

Front anti-Zinsou

Pour Patrice Talon en particulier et, pour les opposants, en général, il est temps de tourner définitivement la page Boni Yayi. Ce qui ne saurait se faire, selon eux, avec l’accession au pouvoir du protégé de Boni Yayi qu’est Lionel Zinsou. C’est dire que cette élection ne manque pas d’enjeux. Les ténors de chaque camp y jouent au minimum la garantie de leur quiétude. Mais, l’essentiel est qu’il n’y ait pas de coups en dessous de la ceinture. Il faut qu’il y ait de la responsabilité et de la hauteur d’esprit. Il ne doit y avoir aucune place à la vengeance ni à la persécution, quel que soit le vainqueur du scrutin de dimanche prochain. A un tour ou à deux, pourvu que le choix des Béninois soit respecté. Cela dit, on peut déplorer la pléthore de candidats et les dysfonctionnements dans la distribution des cartes d’électeurs. Cette profusion de candidatures est signe de la vitalité de la démocratie béninoise, certes. Mais on a envie de se demander s’il peut y avoir autant de projets de société crédibles et différents que de candidats.

aCotonou

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