Bénin / Municipalité : EFOB met en garde les maires contre leur...

Bénin / Municipalité : EFOB met en garde les maires contre leur l’instrumentalisation par le pouvoir central

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4 Juin 2016
04/06/2016

EFOB

Déclaration de l’association des Elu(e)s Français(e)s

D’Origine Béninoise (EFOB)

Hommage au peuple béninois, libre, adulte et digne.

Réuni(e)s ce jour 28 mai 2016 en Conseil d’Administration, nous, Élu(e)s Français(es) d’Origine Béninoise (EFOB), saluons les hommes et les femmes, nos compatriotes du Bénin, pour leur exemplaire maîtrise à l’occasion des dernières élections présidentielles.

La grande maturité démocratique dont a fait preuve notre pays est, pour nous, source de fierté et de bonheur, notamment dans un processus électoral où la norme pour l’Afrique, serait à la violence, aux massacres et aux troubles. Ce faisant, notre pays a contrarié le plaisir et le cynisme d’une certaine presse internationale, mue par le catastrophisme et avide de sensationnel, comme si l’Afrique était éternellement condamnée à la violence ! Pour preuve dans les médias européens, la sérénité et la discipline du peuple béninois lors des deux tours ont été ou bien passées sous silence, ou traitées par le mépris par ceux dont les stratégies morbides et porteuses de violence ont échoué. Et d’aucuns[1] n’ont eu de cesse, dès la fin du premier tour, de déverser leur haine sur Patrice Talon en évoquant perfidement des affaires dans lesquelles la justice, y compris française, l’a innocenté. Mais le peuple béninois a tenu bon et refusé de se faire dicter un choix qui n’était pas sien, faisant de Patrice Talon le nouveau Président de la République.

Nous condamnons ce mépris de notre démocratie et du peuple Béninois dont le choix souverain doit être respecté, quelles que soient les amertumes de tel ou tel État qui aurait souhaité que les choses se passent autrement, notamment dans le trouble et la déstabilisation. « Vox Populi, vox Dei ». Le Bénin est un peuple mûr et libre, chacun doit le savoir à l’avenir.

EFOB, une organisation non partisane engagée dans le respect des droits de tous.

Notre association a trois ans. Elle est composée de femmes et d’hommes qui exercent au quotidien et en France des missions publiques au bénéfice de leurs concitoyen(ne)s. Elle se veut transversale à tous les courants politiques pour agir pour le Bénin et tous les Béninois. C’est ce qui a guidé nos actions et nos prises de positions ces mois derniers. Il n’est pas inutile de rappeler, entre autres, notre soutien aux maires des communes du Bénin et notre appel à la résistance face à la tentation de l’État central de les instrumentaliser et de les mettre au service de causes illégales voire illégitimes. Ainsi, dans l’affaire dite de la souche d’état civil, nous avons plaidé pour le respect de la franchise communale qui doit protéger l’enceinte de la mairie contre toute intrusion policière. Ce principe fondateur de la commune, « ville affranchie », impose au maire de protéger l’intégrité de tout document qu’il a en dépôt, propriété de chaque citoyen, tels les états civils.

Notre condamnation a été de même force dans l’histoire de la page de passeport arrachée, et du visa refusé à l’une de nos compatriotes…

Avec la même détermination, nous avons condamné les atteintes aux droits de nos concitoyens et concitoyennes de la diaspora contre tous les excès de pouvoir, pour la seule coquetterie du pouvoir central.

Nous avons de même dénoncé les comportements de notre représentation diplomatique à Paris plus encline à violer le droit international (déchirer un passeport non béninois), à mettre en danger la liberté de circuler d’un compatriote, prompte à entraver la liberté d’une concitoyenne de se rendre au Bénin alors même qu’aucune décision judiciaire ne s’opposait à ce retour, plutôt que de veiller aux droits et la sérénité de ses compatriotes en France.

Nous avons fermement soutenu le Consul Général du Bénin à Paris, Monsieur Adamou BA BAGNAN injustement sanctionné, pour n’avoir pas prêté son ardeur à l’injustice contre certains de nos compatriotes. Nous espérons que justice lui sera rendue.

En tout état de cause, EFOB demande que notre Consulat général à Paris soit très prochainement doté d’un Consul général de plein droit et de plein exercice.

Pour les élections présidentielles, l’organisation du débat contradictoire entre les candidats fut l’œuvre d’EFOB comme cheville ouvrière. Résistant avec fermeté à toutes les entraves et sollicitations partisanes, nous avons réussi une première qui, espérons-le, ne sera pas sans lendemain. La présence d’un candidat et de 6 représentants des principaux candidats à Fontenay-sous-Bois le dimanche 7 février 2016 a marqué à la fois notre indépendance et notre souci d’égal traitement de tous les Béninois, une exigence qui est au cœur de toute prétention démocratique.

Ces actions marquent notre indépendance et signent notre identité.

Notre neutralité est, pour nous, un gage de liberté de parole et d’action. Il nous prémunit contre les conflits partisans et nombrilistes qui ruinent tant d’occasions de constructions communes dans l’intérêt du Bénin. Les membres d’EFOB sont d’obédiences politiques diverses ; c’est le choix de chacun et de chacune et cela fait notre richesse. Mais la ligne d’EFOB est claire : les appartenances partisanes ne doivent en rien hypothéquer la co -construction de nos actions pour le Bénin, et le respect des choix individuels est une règle absolue.

Diaspora et droit de vote

Acteurs et actrices averti(e)s des choses communales, départementales et nationales par nos actions quotidiennes d’élu(e)s, nous, membres d’EFOB, nous interrogeons sur la pertinence de l’actuelle LEPI dont on peut constater qu’il est très régulièrement objet de contestations dès que se profilent les élections. Ces contestations cycliques sont autant d’indicateurs que la LEPI n’est ni un instrument de paix sociale, ni un outil de transparence pour une vie démocratique apaisée au Bénin.

Au surplus il conviendrait de revoir la mission de la CENA, contestée pour les mêmes risques de non transparence que la LEPI, parce que son utilisation jugée opaque faciliterait la fraude électorale.

Car, si ces deux organes ont pour mission de gérer les questions électorales, le constat est fait que leur efficacité n’est pas démontrée lorsque que l’on constate, que parmi les trois millions (3.000.000) de Béninois et Béninoises de la diaspora susceptibles de voter, à peine 5% ont pu être enrôlé(e)s pour les dernières présidentielles et moins de 3% ont pu effectivement exercer leur droit de vote, ce, malgré le dispositif hâtivement bricolé mis en place et les sommes colossales dépensées. Le médiocre résultat atteint mérite que la pertinence de ces deux organes soit très sérieusement questionnée.

Des citoyens recensés au fil des jours.

Notre pays, le Bénin dispose à présent de communes compétentes pour tenir les registres d’état civil. A l’extérieur de ses frontières, des services d’état civil existent dans toutes ses représentations diplomatiques et recensent tous les jours les événements de la vie de nos compatriotes. Pourquoi les agents en charge de l’état civil ne seraient-ils pas compétents pour l’inscription sur les listes électorales de tout Béninois et toute Béninoise en âge de voter ?

Nous, femmes et hommes de la Diaspora béninoise et élu(e)s français(es) d’origine béninoise, pensons qu’il y a là une piste sérieuse pour la paix sociale et une démocratie apaisée et sereine de notre pays. Et nous sommes prêts à y apporter notre concours.

« Un nouveau départ ».

Tel est le slogan que le candidat Patrice Talon avait choisi pour la campagne électorale. Pour le Président de la République du Bénin Patrice Talon, ce nouveau départ se veut, entre autres, responsabilité, pragmatisme, efficacité, compétence, résultats et évaluation, changement des pratiques administratives et institutionnelles, simplification et respect du citoyen et des ressources publiques dédiées au développement…, autant de valeurs auxquelles les membres d’EFOB adhèrent pour que notre pays connaisse véritablement un nouveau départ dans la justice pour tous, la chance pour tous, le développement pour tous, la reconnaissance des droits civils pour tous…

Pour ce faire, EFOB se met à disposition, pour apporter les compétences de ses membres, dans les domaines où ils excellent en tant qu’élus, en tant acteurs de la vie publique de leur pays d’accueil, en tant que créateurs de richesses dans leurs activités professionnelles.

Construire des ponts entre nous

Pour l’EFOB, l’année 2016 se structure autour de nombreux projets qui ont fait l’objet de notre session de ce jour, dont certains ont trait à la vie des communes, d’autres à l’évolution législative, d’autres encore à l’économie réelle et au développement. Agissant au sein de structures de coopérations décentralisées, nous sommes des constructeurs de ponts là où d’autres s’emploient à dresser des murs.

Nous sommes Béninois et Béninoises par notre naissance, et notre terre béninoise est pétrie de nos placentas respectifs. Le sang qui coule dans nos veines porte la dignité de nos aïeux, dont la résistance historique du passé continue de faire son œuvre. Ce Bénin-là, nous voulons être de son nouveau départ et nos mains se joignent à toutes les autres pour que l’eau de la jarre profite à toutes et tous.

Serris le 28 mai 2016

Le Président

Hubert ZOUTU

Benin web TV

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