Bénin : les enjeux de l’élection présidentielle

Bénin : les enjeux de l’élection présidentielle

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Dans quel contexte s’est déroulé le premier tour de l’élection présidentielle au Bénin et quels sont les enjeux ? Les premières tendances indiquent une participation de 64% et un second tour qui opposerait Lionel Zinsou à Patrice Talon. Comment analysez-vous ces résultats ? L’élection présidentielle s’est déroulée dans de bonnes conditions malgré quelques défaillances au niveau des cartes électorales. Il faut noter que nous ne sommes pas dans la configuration d’un président à vie qui s’emploie à des modifications constitutionnelles du fait que Thomas Boni Yagi s’est retiré à l’issue de ses deux mandats. Cette élection comportait 33 candidats pour 200 partis politiques, ce qui est considérable. Cela illustre une forme d’ouverture mais indique en même temps qu’il n’y a pas tellement d’enjeux au niveau programmatique puisque les partis sont davantage liés aux personnalités de ceux qui les dirigent. La campagne a mobilisé des fonds importants et a parmi les leaders et ceux qui se trouvent au second tour plutôt mobilisé des technocrates et des économistes. Deux grandes personnalités se sont dégagées : Pierre Talon, homme d’affaire qui a obtenu un peu moins de 25% des voix, et Lionel Zinsou, financier franco-béninois qui a fait sa carrière en France et qui a des attaches au Bénin dans la mesure où son oncle a été chef de l’Etat. Le jeu a été ouvert et il s’agit d’un exemple de bonnes élections sans dérives, même s’il peut y avoir à la marge quelques failles techniques. Les enjeux de cette élection résident dans le choix entre la continuité de Boni Yagi incarnée par Lionel Zinsou, et la volonté d’une rupture, plutôt représentée par la candidature de Pierre Talon. Par ailleurs, il existe un enjeu relatif au mode d’intégration du Bénin, avec la question de savoir si le pays doit davantage se situer dans l’espace de l’Union économique et monétaire ouest-africaine (UEMOA) composée des pays de la zone francophone qui entretiennent des liens privilégiés avec la France, ou au contraire s’il doit davantage s’intégrer au sein de la Communauté économique des Etats de l’Afrique de l’Ouest (CEDEAO), c’est-à-dire avec l’économie dominante de la région qu’est le Nigéria. L’issue du second tour, qui aura lieu le 20 mars, dépend de ce que seront les reports de voix des 200 partis et des 31 candidats. Le jeu est ouvert.

aCotonou

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