Bénin : les détenus de la prison civile d’Abomey exigent le respect...

Bénin : les détenus de la prison civile d’Abomey exigent le respect de leurs droits constitutionnels.

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Les détenus de la prison civile d’Abomey observent depuis la semaine dernière des mouvements d’humeur. A l’origine de leur mécontentement, les conditions dégradantes de détention couplées à l’inexistence depuis plusieurs jours de la source de vie qu’est l’eau.

En effet, depuis plusieurs jours, les détenus de la prison civile d’Abomey n’ont plus eu accès à cette source précieuse de vie ni pour étancher leur soif ou pour satisfaire d’autres besoin comme par exemple prendre leur bain. Cela a suffi pour susciter leur indignation qu’ils ont manifestée par une grève de la faim qui a duré plusieurs jours. A la clé de leur exigence, la présence du ministre de la justice, Me Joseph Djogbénou pour venir constater de visu la situation qui est la leur.

Pour se faire une idée de la situation de la maison carcérale d’Abomey, nous allons exploiter un extrait du document produit par le magistrat Joseph Gnonlonfoun (ancien ministre de la justice) en 2010 sur les conditions de détention au Bénin.

Selon ce document, la Maison d’Arrêt d’Abomey est bien vétuste. Elle est la plus insalubre de nos maisons d’arrêt et se trouve dans un état de délabrement avancé. La prison civile d’Abomey est construite en banco en 1950. N’étant pas clôturée entièrement, elle ne présente aucune garantie de sécurité. Sa partie sud fait directement limite avec la rue. La prison est située sur une côte, ce qui fait qu’il y a pénurie d’eau de novembre à mars quand la SONEB n’assure plus l’approvisionnement.

L’effectif est de 1203 pensionnaires à la date du 8 juin 2010 dont :
– Condamnés : 119 dont 9 femmes ;
– Inculpés : 707 dont 84 femmes ;
– Prévenus : 345 dont 14 femmes ;
– Mineurs 32 dont 3 filles dorment dans les mêmes dortoirs que les femmes.
Tous les bâtiments coulent malgré les replâtrages. La prison dispose de 12 dortoirs dont deux pour les femmes et un pour mineurs. La prison devrait contenir 150 à 200 personnes au maximum. L’exiguïté actuelle des locaux fait que, aussi bien chez les femmes, que chez les hommes et chez les mineurs ils passent leurs journées dans une totale oisiveté dans leurs cours respectives dans une promiscuité à nulle autre pareil.

Selon les informations recueillies par Joseph Gnonlonfoun, actuel médiateur de la république, il s’y développe l’homosexualité ; il semble que des femmes aient été violées durant leur détention.

Les 8 gendarmes dont le régisseur qui assurent la sécurité des hommes et des biens sont secondés par 16 militaires, un greffier et une infirmière. Comme l’ont fait remarquer certains responsables de la prison, ici l’espèce humaine n’est pas bien traitée. En réalité la Prison civile d’Abomey devrait être rasée car l’assainissement ne règlerait pas le problème. Mais la bonne nouvelle, c’est qu’un établissement serait actuellement en cour de construction pour décongestionner cette prison.

Aux dernières nouvelles, la visite du garde des sceaux, le ministre de la justice, Me Joseph Djogbénou, est prévue pour les jours à venir ; ce qui a calmé un temps soit peu la colère de ces détenus qui auraient suspendus leur grève de faim.

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